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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:10

 

 

"Le génie de Chopin est une preuve éclatante que tout art véritablement grand puise aux sources populaires."

 

 

 

                                     Boleslaw Bierut (homme politique polonais - 1892-1956)

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 21:12

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Le site internet de L'Institut National Fryderyk Chopin est une mine de renseignements sur le compositeur et tout ce qui gravite autour de lui : l'Institut, le Festival, le Concours, le Musée...

 

 

Le site est accessible en deux langues : polonais et anglais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://en.chopin.nifc.pl/institute/

 

 

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L’Institut Fryderyk Chopin couvre les domaines suivants :

 

-         Recherche et vulgarisation de la vie et de l’œuvre de Chopin

-         Publications

-         Organisation de concerts et de conférences

-         Coopération avec les institutions et organisations dédiées à la

       protection de l’héritage de Chopin

-         Rassemblement d’archives et d’objets relatifs à Chopin

-         Surveillance sur l’utilisation à but non commercial du nom et de

       l’image de Chopin

-         Centre d’information Chopin (site internet)

 

  

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : divers
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 21:02

 

Solange Clésinger, fille de George Sand, adresse le 19 janvier 1896 une lettre-souvenirs à Samuel Rocheblave. La phrase conclusive de cette lettre était la suivante : "L'an passé, j'ai écrit (pour une demande) une vingtaine de pages sur lui [Chopin]. Elles ont été trouvées trop dures (vous devinez pour qui [Aurore Sand en ce qui concerne sa grand-mère George Sand] et travaillées." Roger de Garate (ancien secrétaire de la Société des Amis de George Sand) précise : "Ce qui est coupé, c'est Aurore Sand qui l'a coupé devant moi. " Des ciseaux vigilants ont en effet découpés en maints endroits du manuscrit, des phrases, fragments de phrases, voire des paragraphes entiers. Ces coupures sont précisément pratiquées dans des contextes qui ont trait de près à G. Sand et qui ont été jugés "trop durs" par la petite-fille de la romancière.

 

Pour situer ces souvenirs dans leur juste éclairage, il convient de rappeler les sentiments d'hostilité qui ont fortement marqué les rapports de la mère et de la fille, en qui le ressentiment ne s'était pas éteint, même après la mort de G.Sand.

Solange ayant vécu plus de dix ans dans l'entourage immédiat de Chopin, son témoignage revêt un caractère assez privilégié, à condition d'être replacé dans la perspective affective -et chronologique- dans laquelle il a été écrit. Il renferme notamment des notations précieuses sur le caractère de Chopin, sur ses goûts artistiques et sur ses derniers moments -objet de récits controversés.

 

L'autographe du texte de S.Clésinger est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris.

 

(Extraits des notes de Jean-Jacques Eigeldinger, dans le n° 5 de la Revue Musicale de Suisse Romande - 1978)

 

 

Solange Sand enfant        

 

Solange enfant, telle que l'a connue Chopin au début de sa liaison avec G. Sand

 

  Solange Clésinger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chopin ! âme d'élite, esprit charmant, enjoué aux heures où la torture physique lui laissait quelque répit. Distinction innée, manières exquises. Sublime et mélancolique génie ! La droiture, l'honnêteté la plus pure, la délicatesse la plus fine. La modestie de bon goût, le désintéressement, la générosité, le dévouement immuable.

 

Une âme d'ange, jetée sur la terre en un corps martyrisé pour y accomplir une rédemption mystérieuse. Est-ce parce que sa vie fut une agonie de trente-neuf ans que sa musique est si élevée, si suave, si sublime ? On a mis une lenteur injuste et sotte à reconnaître en lui un grand Maître. Si l'on a trouvé à ses oeuvres le tort de ne pouvoir être interprétées par le premier industriel venu en doubles croches, et comprises par le vulgaire, c'est qu'elles étaient distinguées, originales, géniales (selon un mot moderne). Ce blâme est un éloge. Qui ne l'a entendu, lui, ou à défaut, une de ses élèves préférées : Madame la princesse Marcelline Czartoryska, Melle O'Meara, Melle de Rozières, ne connaît même pas le genre de sa musique.

[...] Les femmes, les enfants (le jeune Filtsch mort si tôt !) apportaient un sens plus fin que les talents masculins à la traduction de cette musique céleste, même lorsque leurs doigts n'égalaient pas l'agilité et la force d'une main plus exercée et plus solide. Car il ne s'agissait pas de taper fort, de cavatiner avec hardiesse et dextérité. Liszt rendait mal ces mélodies adorables. Il les sabrait. Il fallait, sans cogner, sans frapper, sans casser, tirer d'un instrument ingrat le son terrible et vibrant de la colère, de la détresse, de la victoire ou de la défaite. Sous les doigts souples et nerveux de la petite main pâle et frêle de Chopin, le piano devenait une voix d'archange, un orchestre, une armée, un océan en furie, une création de l'univers, une fin du monde. [...]  George Sand avait donné un titre à chacun des préludes admirables de Chopin. Ils ont été conservés sur un exemplaire donné par lui. [...]

C'est un génie à part, totalement individuel et précieux. C'est une âme qui s'exprime. Et qui s'exprime aussi bien avec la séduction délicate que par la force magistrale.

 

Son caractère était celui d'un malade. Gai, cordial, animé quand il ne souffrait pas trop. Mélancolique et découragé lorsque le mal le terrassait. Comme sa musique, il était tendre et passionné. Il laissait voir des singularités, des partis pris nés d'un rien, des aversions voilées mais opiniâtres, puis des engouements de toute la vie. Car il ne se reprenait pas, une fois qu'il s'était donné. Chopin goûtait peu l'entourage de George Sand. Avec un tact, une intuition divinatoire, il savait démêler les vrais et rares amis sérieux des intéressés et des pleutres. [...] On lui plaisait, on lui était antipathique à première vue et à tout jamais. Il faut avouer que sa perspicacité ne se montrait guère en défaut. S'il était bon et compatissant, très secourable à la peine réelle, il était difficile de le tromper par rouerie ou pleurnicherie. Très poli, il avait une quinte de toux pour s'esquiver lorsqu'une personne peu à son gré pénétrait dans le salon où il se trouvait. Il lui arrivait parfois d'aimer un artiste dont le talent le laissait indifférent ou hostile. Ainsi Eugène Delacroix. Le contraire avec Henri Heine dont le cynisme judaïque lui répugnait, mais dont les poësies délicieuses le charmaient, dont l'esprit endiablé l'amusait. Par impulsion naturelle et non-raisonnée, il s'avouait Ingriste et Schefferiste. Il admirait Raphaël, le Pérugin, Angelico, Sassoferrato. Il ne comprenait ni Rubens ni Michel-Ange. Du premier, il disait : "C'est un peintre de grosses fesses." Du second : "Ses modèles ont des tranchées. Ils se tortillent sous des douleurs atroces." Ainsi que pour celui de Delacroix, il ne s'enflammait pas pour le génie de George Sand. Les doctrines socialistes, les théories glorieuses de l'adultère, les idées égalitaires l'ennuyaient à mourir, même au plus fort de sa passion pour la dame de Nohant. Il souriait en disant : "Il faut bien que la Maman s'amuse !"

[...]

Les femmes, ô singularité ! dont on avait beaucoup parlé lui étaient désagréables. Etincelante d'esprit, d'originalité, de hardiesse et de trivialité, Mme Dorval ne lui plaisait nullement. Il ne goûtait même pas son talent. [...]

 

.................................................................................  (passage supprimé par Aurore Sand)

 

En retenant la main de Solange dans les siennes et en ajoutant : "Reviens ! ne me laisse pas seul !" Par seul, il entendait : sans rien d'elle ! [G.Sand]. Car ses amis ne l'abandonnaient pas. En 1848, il avait passé en Angleterre. [...] Il revint très délabré et s'installa rue de Chaillot [...] Les soirées passées près de lui étaient pourtant à fendre l'âme la plus dure. Sa respiration haletante n'était plus que cris entrecoupés et lamentables, que sanglots atroces. Il commença à enfler. On l'emporta Place Vendôme plus mort que vivant. Par momens, il se faisait illusion sur son état et communiquait ses projets d'art et d'aménagement de son logis pour des concerts de chambre. [...]

 

 

La fille de George Sand était une enfant difficile. Pour la réduire, sa mère l'avait mise en pension à Paris. Mais l'insubordonnée s'insurgeait éternellement contre la règle, la communauté, le travail quotidien. La pension était pour elle une geôle, un enfer. Les vacances, c'était la délivrance. Quand il fallait rentrer, le désespoir la saisissait. Elle comptait avec effroi les jours, les heures, les minutes finales de sa liberté !  Un dernier soir, elle dînait en famille chez Madame Marliani. Après le repas, elle reçut l'ordre d'aller dormir afin d'arriver de bonne heure le lendemain à la pension. L'enfant partit dans une sombre consternation. Elle avait rêvé l'attendrissement de la dernière heure pour la soustraire au supplice. Elle regagna par les jardins le gîte maternel. Le salon était ouvert. Elle pénétra dans l'obscurité et, se jetant sur un coussin, elle éclata en sanglots. Tout à coup, une musique céleste charme son oreille. Elle écoute, cesse de pleurer, se calme. C'est Chopin ! Chopin qui l'a devinée, suivie, et qui, ne pouvant rien dire pour la consoler, ne trouvant peut-être pas les paroles, se sert du langage des anges pour engourdir sa douleur. Il joua longtems. Qu'improvisa-t-il dans ce salon obscur ?  Sans doute un chef d'oeuvre de tendresse et de charitable amour. Car la petite se rapprocha,  se blottit à ses pieds et l'écouta avec ravissement.  Quand il fut assuré qu'elle ne pleurait plus, il lui prit la tête entre ses mains, posa un baiser sur ses cheveux. Une larme glissa sur le front de la fillette. O larme sacrée d'un génie compatissant, larme chrétienne, larme divine !

[...]

 

(Extraits de la lettre-souvenirs de Solange Clésinger)

 

 

NB : les archaïsmes de l'auteur Solange Clésinger ont été respectés.

 

 

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                                    Solange Clésinger (1828-1899)

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 12:30

 

Brochów (prononcez "bror-rouf"), est une petite paroisse près de Sochaczew et de Zelazowa Wola, dans les archives de laquelle sont conservés tous les actes de la famille Chopin. C'est là, dans l'Eglise paroissiale St Roch (actuellement Eglise St Jean-Baptiste), que fut baptisé Frédéric le dimanche de Pâques 23 avril 1810. C'est ausi là que s'étaient mariés ses parents le 2 juin 1806 et que se mariera sa soeur Ludwika en 1832.

 

L'acte de baptême précise que l'enfant a déjà été ondoyé ("baptisatum ex aqua") peu après sa naissance, c'est à dire qu'il reçut un premier baptême d'urgence, en raison sans doute de sa grande fragilité. Cet ondoiement eut lieu à Zelazowa Wola en présence de la Comtesse Ludwika Skarbek.

 

La route directe qui mène de Zelazowa Wola à Brochów est longue de 10 km. Il est très probable que la famille Chopin combina chaque séjour à Zelazowa Wola avec des visites à Brochów.

 

 

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L'église de Brochów, située sur les rives de la Bzura, est un bâtiment unique, qui possède un caractère à la fois sacral et défensif, un style à la fois gothique et renaissance, à l'aspect militaire (trois tours cylindriques, une galerie en tunnel avec des meurtrières). La construction d'une église de briques commença en 1351, et cette église fut reconstruite deux siècles plus tard, entre 1551 et 1596 et subit des travaux de conservation qui s'achevèrent en 1665. Au 17ème siècle, elle fut entourée de murs et d'un fossé.

 

 

 

Brochow extérieur de l'église

 

 

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Brochow extérieur de l'église

 

 

Brochów fut souvent envahie et endommagée (invasion suédoise de 1655, guerres napoléoniennes, en 1915 durant la première guerre mondiale). Pendant la bataille de la Bzura en septembre 1939, un poste d'observation polonais fut installé dans l'une des tours.

 

 

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La basilique à trois nefs, dont la voûte en berceaux est peinte de fresques, a une acoustique parfaite. On y donne des concerts Chopin, on y fait entendre des oeuvres de Chopin jouées sur les orgues. Depuis 2006, des récitals Chopin sont donnés dans l'église chaque dimanche de juillet et d'août.

 

En 1993, fut apposée une plaque commémorative à l'intérieur de l'église, sur le côté gauche de la nef. Une autre plaque, située sur l'un des piliers de l'église, relate l'histoire de la paroisse et de ses liens avec la famille Chopin.

 

 

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Brochow intérieur de l'église

 

 

Brochow affichage actes Chopin

 

 

 

 

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St Roch, le premier patron de la paroisse

 

 

A quelques dizaines de mètres de l'église, un monument commémoratif a été inauguré à la mémoire de Frédéric Chopin.

 

 

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Photos et vidéos par Carmen Desor

 

 

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 19:47

 

 

La Société Historique et Littéraire Polonaise (SHLP) propose l’exposition « Chopin et ses contemporains » qui se tient actuellement (depuis le 03 mars 2010) et jusqu’au 15 décembre à la Bibliothèque Polonaise de Paris.

 

A travers ses propres collections, et des documents issus de collections privées, l’exposition évoque l’atmosphère d’un salon musical à Paris dans les années 30-40 au 19ème siècle.

 

Trois instruments historiques enrichissent l’exposition, dont un Pleyel de 1845.

 

Salon expo bib polonaise 1

 

 

Heures d’ouverture

 

mardi, mercredi, jeudi, vendredi à 14h, 15h, 16h et 17h

samedi à 10h, 11h, 12h, 14h, 15h et 16h

 

 

 

Société Historique et Littéraire Polonaise - Bibliothèque Polonaise de Paris
6,  Quai d’Orléans
75004 PARIS
Tél.  01 55 42 83 83 
Fax  :  01 46 33 36 31

 

 

La Société Historique et Littéraire Polonaise favorise le développement des études de l'histoire, de la littérature, de l'art polonais. Elle a aussi pour objet le dialogue entre les cultures française et polonaise et plus généralement entre celle des pays de l'Europe centrale et de l'Est d'une part et de l'Ouest d'autre part.

 

La SHLP est une association  (établissement) reconnue d'utilité publique par l'empereur Napoléon III par décret du 10 juin 1866.

 

Parmi ses membres (400 au total), la SHLP a compté et compte d'éminentes personnalités françaises et polonaises telles que le général Jean-Marie de La FAYETTE, Charles de MONTALEMBERT, Frédéric CHOPÏN, Adam MICKIEWICZ, Henri MAZEAUD, Pierre MAZEAUD, Czeslaw MILOSZ, Andrzej WAJDA. Citons aussi Paul CAZIN, André GIDE, Henri de MONFORT et Marie SKLODOWSKA-CURIE.

 

Son siège social situé au coeur de Paris abrite la Bibliothèque Polonaise de Paris avec ses riches collections scientifiques et artistiques. La direction en est assuré par C. Pierre Zaleski - Président, Danuta Dubois - Directeur.

 

 

Frédéric Chopin fut l’un des premiers membres de la Société Littéraire, ancêtre de la SHLP. Cette dernière est aujourd’hui gardienne d’un très riche héritage concernant le compositeur : Salon Chopin (seule exposition permanente consacrée en France au compositeur), archives relatives à la vie de l’Émigration polonaise et de la société intellectuelle et artistique de Paris au XIXe siècle, manuscrits, correspondance, éditions originales de ses œuvres, objets personnels…

 

 

Merci de vous reporter au site http://www.bibliotheque-polonaise-paris-shlp.fr/index.php?id_page=20461 d'où sont puisés les renseignements ci-dessus

 

 

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 22:18

 

 

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Niché dans la muraille de la Barbacane, ce monument a été érigé selon le projet de J.Januszkiewicz pour glorifier la mémoire des scouts qui avaient participé à l'insurrection de Varsovie en 1944.  Il a été construit grâce aux dons des scouts polonais. Son inauguration a eu lieu le 1er octobre 1983.

 

 

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L'honneur de le dévoiler a été confié à Jerzy Swiderski, ancien scout et à présent, docteur en cardiologie, qui au temps de l'insurrection, avait été un agent de liaison au pseudonyme de "Lubicz".

 

 

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Agé de 14 ans à peine, il avait été un soldat régulier du bataillon "Gustaw" de l'Armée Nationale (AK).

  

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Photos par Carmen Desor

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 20:46

 

Chopin annonce à Alkan à la fin de juillet 1842 que George Sand et lui ont cherché de nouveaux domiciles (ils habitaient jusque là rue Pigalle), et qu'ils ont enfin trouvé.  

 

"Devinez où ?" Square d'Orléans, elle au n° 5, lui au n° 9 : "Tout près de vous ! Nous pourrons presque échanger nos élèves. Ou jouer pour les passants des morceaux à quatre mains sans quitter nos appartements. Rien qu'en ouvrant nos fenêtres."

 

 

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Le 9 Square d'Orléans est situé 80 rue Taitbout dans le 9ème arrondissement de Paris

 

 

 "Le square d'Orléans est devenu une Thélème d'artistes - une nouvelle Athènes : Mme Sand et Chopin, bien sûr, mais encore au n° 2, ce monstre de vanité qu'est Kalkbrenner, qu'il ne faudrait pas beaucoup pousser pour lui faire avouer que Napoléon, Chateaubriand et lui résument tout le siècle, et la charmante danseuse, l'aérienne Sylphide, Mlle Taglioni ; au n° 4, le pâle Marmontel qui se fraie, à coups de médiocrité, un chemin serpentant vers les honneurs, et la gracieuse Clara Loveday, pianiste et cantatrice d'origine anglaise, à laquelle il [Alkan] dédiera sa Bourrée d'Auvergne ; au n° 5 bis, l'aimable Joseph d'Ortigue à qui il doit l'un des meilleurs articles qui lui ont été consacrés ; au n° 7, les Zimmermann et le peintre Claude Dubufe dont le fils, Guillaume, qui a débuté au Salon de 1839 avec une Annonciation, vient d'épouser l'aînée des filles de Zimmermann. Toujours au n° 7, la bonne Charlotte Marliani, laquelle tient table ouverte pour Mme Sand et son amant ; au n° 9, dont l'entrée se trouve sous l'arcade d'accès au square, dans le même corps de bâtiment que Chopin, Dantan jeune, le sculpteur, qui, pour son musée Dantan, modèle des caricatures amusantes des célébrités du jour (ô son Rossini !).

 

 

Square d'Orléans 05

 

(on voit sur la gauche l'entrée n° 9 qui mène à l'appartement de Chopin)

 

Appartement Square d'Orléans

 

  

"Chaque fois qu'il  [Alkan] prononcera ces mots "square d'Orléans", une émotion invincible le submergera, jusqu'aux larmes parfois, quand c'est le visage de Frédéric Chopin qui lui apparaît." (Extraits de La Grande Sonate, de Claude Schopp)

 

"A présent, tout est calfeutré et réchaufé ; l'appartement est très commode et j'en suis contente. Nous avons un billard dans le salon comme à Nohant et nous menons ici une vie de campagne." (G. Sand à Hippolyte Chatiron, le 12 novembre 1842)

 

"Ce qui nous donne un air de campagne, aussi, c'est que je demeure dans le même square que la famille Marliani, Chopin dans le pavillon suivant, de sorte que sans sortir de cette grande cour d'Orléans, bien  éclairée et bien sablée, nous courons le soir les uns chez les autres." (G.Sand à Charles Duvernet, le 12 novembre 1842)

 

 

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    Square d'Orléans 02

 

 

 


 

  

"Le printemps [1849] était revenu sans apporter d'amélioration à l'état de Chopin, et son appartement du Square d'Orléans - appartement humide et mal exposé - lui convenait de moins en moins. C'est alors que la princesse Obreskoff l'incita vivement à passer l'été à la campagne. Elle lui trouva sur la colline de Chaillot, un agréable appartement situé au premier étage d'une maison appartenant à Mme Lasserve. Comme le loyer était élevé (400 francs), Mme Obreskoff qui connaissait la situation financière de Chopin, lui fit croire que ce loyer n'était que de deux cents francs, et elle en acquitta l'autre moitié." (note de Bronislas Edouard Sydow).

 

 

 

Photos et vidéo Carmen Desor

 

 

 

 

 

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 19:58

 

Côté polonais, la descendance (indirecte par sa soeur Ludwika) de Frédéric consiste en arrière-arrière petits-neveux. A l'heure actuelle, il ne resterait que deux descendants encore en vie.

 

Côté français, c'est toute une ribambelle de cousins, issue des oncles, tantes, frères et soeurs de son père, qui rappelle les origines lorraines de Nicolas Chopin. Les descendants des différentes branches Chopin se répartissent dans plus d'une quarantaine de familles. Des familles de Lorraine, mais aussi de toute l'Europe, de Louisiane, du Québec et même d'Australie.

 

Soeurs Chopin de Xirocourt

 

 

De nombreux Chopin vivent encore à Xirocourt (Lorraine) dont les soeurs Chopin, Yvette épouse Phulpin, et Marie-Claude épouse Lamy. Elles descendent de Dominique Chopin (1741-1819), grand-oncle de Frédéric Chopin et frère de Thérèse Chopin, tante et marraine de Nicolas (le père de Frédéric).

 

Il subsiste beaucoup de tombes de la parenté Chopin dans le cimetière de Xirocourt...

 

Tombe Chopin à Xirocourt

 

 

Le Centre de recherche culturel Chopin (sous la vice-présidence du Professeur Gabriel Ladaique), émanation du Cercle généalogique et historique du Pays de Charmes, continue les recherches sur la généalogie des Chopin et rend hommage au grand compositeur par toutes sortes de festivités.

 

http://www.genealogiecharmes.org/chopin.php

 

http://cghpc.chez.com/chopin/index.htm

 

 

Source : Est Magazine du 28 février 2010

 

 

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 20:45

   

Cela fait 8 ans que Chopin n'a pas joué en public...

Mme Sand annonce gaiement le concert à Pauline Viardot :

 

"Une grande, grandissime nouvelle, c'est que le petit Chip Chip va donner un grrrrrand concert. [...] Il ne veut pas d'affiches, il ne veut pas de programme, il ne veut pas de nombreux public, il ne veut pas qu'on en parle. Il est effrayé de tant de choses que je lui propose de jouer sans chandelles, et sans auditeurs sur un piano muet."

 

(G.Sand à Pauline Viardot, 18 avril 1841)

 

 

De plus, Chopin est contrarié. Ce ne sera pas Legouvé qui fera le compte rendu de la soirée pour la Revue et Gazette musicale. Ce sera Liszt dont Chopin -le rival- se méfie. "J'aurais mieux aimé que ce fût vous" dit-il à Legouvé. "Fiez vous à son admiration pour votre talent. Je vous promets qu'il vous fera un beau royaume", répond celui-ci. "Oui, dit Chopin en souriant, dans son empire."

 

 

Les journaux soulignent le caractère exceptionnel de l'événement à venir :

 

Article France Musicale 25 avril 1841

 

 

 

"Les nombreux admirateurs du talent hors ligne de M. Chopin sont enfin parvenus à décider le célèbre artiste à se faire entendre en public. Ainsi, une occasion solennelle va se présenter où l'on pourra mettre en parallèle le génie, oui, le génie modeste d'un pianiste-compositeur, qui n'a jamais eu recours à des moyens excentriques pour attirer sur lui l'attention du public, avec les prétentions exagérées d'autres pianistes-compositeurs dont tout le talent consiste à se faire encenser dans les journaux par des amis maladroits. Chopin est un de ces artistes qui vivent de rêverie, qui ne recherchent pas le bruit de la foule pour y mêler leurs voix criardes et sans harmonie : Chopin est le poète du coeur, le pianiste inspiré qui vous émeut toujours par une forme d'exécution pleine de grâce et de suavité ; rien en lui n'est tourmenté, n'est exagéré ; c'est l'artiste tel que nous le voulons, tel que nous le comprenons, mélodiste avant tout, simple, naturel, plein de goût, de tendresse, d'élévation, de douceur et de passion tout à la fois !

Mme Damoreau et  Ernst se sont empressés d’assurer leur concours à M. Chopin ; on ne pouvait former une plus brillante trinité d’artistes. C’est dans les élégants salons de M. Pleyel, rue Rochechouart, qu’aura lieu, demain 26, à huit heures du soir, le concert de M. Chopin."

 

(La France musicale n° 17 du  25 avril 1841)

 

 

Le 26 avril 1841, salle Pleyel, où on reconnaît Liszt, Berlioz, Kalkbrenner, Mickiewicz, Heine, Delacroix, Chopin joue 4 de ses Préludes, la Ballade en fa majeur op. 38, le Scherzo op. 39, une Polonaise op. 40, les Nocturnes op.37 et 4 Mazurkas op.41, 3 Etudes, soulevant une ovation qui semble ne pas devoir s'éteindre.

  

Salle Pleyel

 

"L'artiste, le poète plutôt, a cédé enfin ; il s'est montré, on l'a entendu et on l'a applaudi, tant applaudi que depuis près de huit jours, il ne sait plus ce qu'il a fait, ce qu'il a vu, ce qu'il a entendu" (Escudier)

"Ecoutez Chopin et vous comprendrez bien vite qu'il n'a fait aucun sacrifice à la mode, qu'il ne s'est pas prosterné devant les caprices du mauvais goût pour arriver à la fortune et à la renommée." (Escudier)

"On peut dire que Chopin est le créateur d'une école de piano et d'une école de composition." (Escudier)

 

 

Liszt fera un article au premier abord très élogieux, mais en réalité très adroitement et perfidement réducteur, rivalité oblige, comme l'avait craint Chopin...

 

 

 

En plus de la gloire, ce concert rapporta à Chopin plus de 6000 francs.

 

  

 

 

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 20:25

 

"Quant à moi, je ne pense plus qu'à faire mes bagages, et samedi, ou au plus tard mardi, je partirai via Cracovie."

 

Chopin à Tytus Woyciechowski, 12 octobre 1830

 

NB : Comme on le voit dans cette lettre, Chopin avait d'abord projeté de se rendre à Vienne en passant par Cracovie. Mais Tytus Woyciechowski ayant finalement décidé de l'accompagner en Autriche, ils se donnèrent rendez vous à Kalisz. Cette ville marquait alors la frontière entre la Pologne et la Prusse.

 

Il expédie ses bagages puis, le 02 novembre 1830, il part en diligence de la station de la Poste Saska, qui se trouvait dans le palais Wessel sur Krakowskie Przedmiescie, au coin des rues Kozia et Trebacka.

 

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Historique de ce palais :

 

Bâti par le gouverneur Zaluski au 18ème siècle.

En 1761, il est acheté par l'argentier de la couronne Théodore Wessel (d'où son nom de Palais Wessel).

En 1764, Wessel le revend à Antoni Ostrowski, évêque de Kujawy (d'où son nom de Palais Ostrowski).

En 1780, il devient propriété de F. Przebendowski, gouverneur de Poméranie et directeur de la Poste. A partir de ce moment, et jusqu'en 1874, le palais abrita la Poste Saska (d'où son nom).

En 1882, un troisième étage fut ajouté sur les plans de Marconi et Woyda.

A la fin du 19ème, le palais abritait les rédactions du "Courrier Quotidien" et de l'"Hebdomadaire illustré".

Dans l'entre deux-guerres, il abritait un magasin d'antiquités appelé le Palais des Arts.

Le palais est incendié en 1944 et reconstruit après la guerre dans son style rococo d'avant 1882.

Ce palais abrite aujourd'hui la Cour d'Appel.

 

 

 

Palais Wessel (ancienne Poste Saska)

 

Palais Wessel 03

 

 

 

C'est donc ici que Chopin fit ses adieux à sa famille et à ses amis. Cependant, d'autres adieux inattendus se feront à la sortie de la ville à l'auberge de Wola où Jozef Elsner et les étudiants du Conservatoire réservaient une surprise à Frédéric. Ils lui chantèrent, accompagnés à la guitare, la cantate Né dans le pays polonais composée spécialement pour l'occasion par Elsner. Puis, Chopin reprit la diligence en direction de Poznan.

 

Le bâtiment de l'auberge Wola a survécu aux deux guerres mondiales. Situé au 56 Ulica Polczynska, il fut transformé dans l'après-guerre en école de céramique, et les vieux murs démolis jusqu'au niveau des appuis de fenêtre. L'école ferma en 2000. Sur le bâtiment abandonné et livré aux taggers, une plaque commémorative posée le 02 novembre 1999 rappelle que Frédéric Chopin fit en ce lieu ses adieux à ses amis et à son pays.

 

NB : Chopin quitta définitivement le sol polonais le 5 novembre 1830 à Kalisz.

 

 

Polczynska 01

  Polczynska 04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Polczynska 02 

 

 Triste spectacle, tout de même, pour ce lieu qui vit les derniers pas de Chopin sur le sol varsovien...

 

Polczynska 05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Polczynska 08

 

 

Photos : Carmen Desor

 

 

 

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin à Varsovie
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