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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 21:44

 

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Enième visite -incontournable- à la maison natale de Frédéric Chopin, au cours de mon voyage à Varsovie en mai 2014. Depuis quelques années (pour le bicentenaire de la naissance du compositeur), quelques changements ont eu lieu... Des bâtiments modernes se sont élevés à l'entrée et sur le côté du domaine : un auditorium, une boutique, une caféteria... conçus, certes, pour ne pas défigurer le site, mais qui heurtent certains visiteurs (dont moi-même). Un parc de plus en plus beau, embaumé de lilas, parcouru de fougères. Et la maison, vidée de ses meubles d'époque (sans lien personnel avec les Chopin), nue, aux murs blanchis, dont le dénuement voulu peut là aussi désorienter le passant ...

Ici, on vient rechercher l'âme de Chopin, le côtoyer, écouter religieusement sa musique, en toute simplicité. Petit reportage photo...

 

 

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Zelazowa Wola 100 parc

Zelazowa Wola 101 parc

 

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La maison dans son état original, avant la rénovation

 

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Magnifique statue de Chopin, prise dans des conditions difficiles (de loin, à travers une vitre). Mais le résultat n'est pas si mal...


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L'alcôve, où serait né Chopin

 

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Le seul "meuble" autorisé désormais dans la maison

 

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Les carrelages au sol


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Le bronze de Jozef Goslawski


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Les eaux parfois tourmentées de la rivière Utrata qui traverse le parc

 

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La face latérale de la maison ; c'est là que se tient le public lors des concerts (l'interprète joue dans la maison, invisible aux yeux des spectateurs, fenêtres ouvertes mais rideaux tirés)

 

 

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La façade arrière

 

 

A voir : d'autres articles sur Zelazowa Wola  ont été publiés dans cette catégorie "Chopin : domiciles"

 

 

Photos par Carmen Desor


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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 20:47

 

Afin de fuir l'humidité de l'appartement du Square d'Orléans trop néfaste à sa santé, Chopin, avec l'aide de ses amis, déménagea à Chaillot dans un appartement trouvé pour lui par Jane Stirling et la Comtesse Obreskoff, mais dont le loyer était bien trop élevé (400 francs) pour ses ressources financières au plus bas.

 

"On en avoua 200 francs à Chopin et la comtesse Obreskoff en acquitta l'autre part. Quoiqu'il en fût, c'était encore trop onéreux pour le musicien qui n'avait à cette époque plus aucun revenu. Aussi comptait-il regagner le Square d'Orléans à la fin juin [...] Le 10 juillet, il était toujours à la rue de Chaillot, car il espérait la venue de sa soeur, et sans aucun doute, cet appartement-ci était plus commode et spacieux pour l'y recevoir. [...]

 

Le nom de Chaillot, d'origine celtique, désigne un lieu situé en forêt. Cette forêt était alors celle de Rouvray, dont le Bois de Boulogne est un dernier vestige. Au cours des siècles, des défrichements repoussèrent les limites de la forêt, et Chaillot devint un village auquel on arrivait par un chemin montant à-travers champs et vignes. La rue de Chaillot a gardé une partie de ce tracé ; d'abord nommée Grande Rue (c'était la rue principale du village), elle porte déjà la dénomination de rue de Chaillot sur les registres du sommier foncier qui regardent la période de 1800 à 1854 environ.

Mais les grands bouleversements subis par la capitale sous le Second Empire ont changé cette rue calme et provinciale en une artère bruyante et fourmillante. Vers 1854, le percement des avenues Marceau et Georges V a tronçonné cette longue rue qui débouchait avenue de Neuilly, aujourd'hui avenue des Champs-Elysées. Le dernier tronçon porte toujours le nom de rue de Chaillot, tandis qu'en 1919, le premier tronçon fut rebaptisé rue Quentin-Bauchart. L'Almanach du Commerce de Didot Bottin montre que les Nos 1 et 17 de la rue Quentin-Bauchart correspondent respectivement au 59 et au 75 de la rue de Chaillot. Il semble donc que le n° 16 de la rue Quentin-Bauchart ait été l'emplacement du n° 74 de la rue de Chaillot.

 

En 1849, lorsque Chopin vint y résider, on pouvait encore dire que Chaillot se trouvait à la campagne, sur les hauteurs de Passy. Mais la maison qu'il habita pendant quatre mois n'existe plus. Démolie en 1866 pour être remplacée par un hôtel particulier, c'était un ensemble comprenant deux bâtiments, cour et jardin, avec entrée par porte cochère [...].

 

"Cette rue qui montait des Champs-Elysées avait à sa gauche une rangée de maisons dont le premier étage donnait sur les jardins et d'où l'on découvrait la coupole du Panthéon et tout Paris. C'est le seul endroit d'où les perspectives rappellent un peu celles de Rome. L'appartement de Chopin avait cette même vue. Il comportait comme pièce principale un vaste salon à deux fenêtres où se trouvait l'immortel piano" (Cyprien Norwid)

 

"Je suis assis dans le salon d'où j'admire tout le panorama de Paris: les tours, les Tuileries, la Chambre, St Germain-l'Aux[errois], St-Etienne-du-Mont, Notre-Dame, le Panthéon, St-Sulpice, le Val-de-Grâce, les Invalides à travers mes cinq fenêtres ; entre nous, rien que des jardins." (Chopin / Sydow - lettre à sa soeur Ludwika le 25 juin 1849)

 

 

 

Chopin dut certainement composer là sa dernière oeuvre, l'étrange Mazurka en fa mineur Op.68 n° 4. "

 

 

 

 

 

 

Il habita cet appartement de fin mai 1849 à la première moitié de septembre 1849

 

 

 

Source : Chopin à Paris, par André Delapierre/Thomas Schlunke - Ed.L'Harmattan)

 

    

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 11:37

 

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Place et Palais de Saxe, par Karol Beyer

 

 

Au début du 18ème siècle, Auguste II acheta plusieurs manoirs appartenant aux familles Lubomirski, Sapieha et Morsztyn, les fit reconstruire et les joignit ensemble, donnant naissance au splendide édifice connu sous le nom de Palais de Saxe. Après 1797, le bâtiment devint propriété de l'Etat.

Durant les travaux de reconstruction exécutés dans la première moitié du 19ème siècle, une grande colonnade fut ajoutée en partie médiane.

 

 

En septembre 1810, la famille Chopin déménagea pour de bon à Varsovie. Samuel Bogumil Linde offrait au père de Fryderyk le poste de professeur de français au Lycée de Varsovie. Les Chopin habitèrent un appartement du second étage de l'aile droite du Palais de Saxe (ulica Krakowskie Przedmiescie, n° 413). Ce bâtiment abritait le Lycée et les appartements des professeurs.

En 1817, le Grand Duc Constantin s'appropria le palais à des fins militaires, entraînant le déménagement de l'école au Palais Casimir.

      

 

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Vue ancienne, au premier plan : le Palais de Saxe

 

"Lorsqu'en septembre 1810, les Chopin emménagèrent dans une aile du Palais Saxon qui accueillait le lycée, Varsovie était la capitale du Grand-Duché de Varsovie, artificiellement créé par Napoléon avec les territoires repris à la Prusse puis à l'Autriche après Tilsit. Jamais l'histoire de la France et celle de la Pologne n'avaient été plus étroitement liées, chacune y trouvant son compte. En s'engageant dans l'armée française, les patriotes polonais, qui payèrent généreusement de leurs vies, espéraient reconquérir leur indépendance territoriale que les insurrections précédentes n'avaient pu obtenir. Napoléon quant à lui, avait compris l'utilité stratégique de la Pologne qui constituait un avant-poste dans cet Empire russe qu'il convoitait. L'influence politique, idéologique et culturelle de la France favorisa une période de renouveau dont, pendant plus de vingt ans, Varsovie serait la première bénéficiaire. Profondèment marqués par l'esprit des Lumières, les hommes politiques et les savants polonais s'efforcèrent de promouvoir des idéaux de progrès économiques et de réformes libérales, déjà engagés sous les rois saxons : l'introduction du Code Napoléon et l'abolition du servage manifestèrent clairement cette volonté d'ouverture et de modernisation. La francophilie ambiante concurrença un moment les traditions polonaises ancestrales, tant était puissant l'ascendant des idées novatrices venues de France. [...]

 

Pendant quinze ans, de 1815 à 1830, le Royaume du Congrès connut une période de prospérité économique et culturelle avec le rétablissement de la paix. La sympathie du tsar Alexandre 1er pour les Polonais entretint l'illusion d'une quasi-autonomie qui fut favorable à l'essor des initiatives. De grands travaux d'urbanisme furent entrepris dans la capitale qui, en 1816, fut dotée d'une Université, d'une Ecole Polytechnique et d'une Ecole des Mines. La langue officielle, et c'était un privilège par rapport aux autres régions annexées, était le polonais. Cette conjoncture facilita la promotion de Nicolas Chopin. Du statut de lecteur, il passa à celui de professeur titulaire d'une chaire d'enseignement de langue et littérature françaises. Les appointements, modestes, étaient complétés par un logement de fonction, suffisamment vaste pour que le couple songeât à y ouvrir un pensionnat pour les lycéens dont les parents ne résidaient pas à Varsovie. Les fonctions de Nicolas et l'ouverture de ce pensionnat eurent une influence déterminante sur l'éduction de Frédéric et sur la formation de ses goûts. Situés dans le quartier neuf de Varsovie, où les palais baroques et néo-classiques alternaient avec les églises et les jardins, les trois appartements qu'habitèrent les Chopin, dans le Palais de Saxe, de 1810 à 1816, le Palais Casimir, de 1816 à 1827, puis le Palais Krasinski, jusqu'à 1834, offraient un cadre de vie à la fois imposant et élégant qui explique le goût que le compositeur gardera toute sa vie pour les belles demeures."

 

Extrait de "Chopin, l'enchanteur autoritaire" par M.P. Rambeau, Ed. L'Harmattan

 

 

 

Les restes du Palais de Saxe aujourd'hui ...

 

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L'arcade sur la Place Pilsudskiego entourant la tombe du Soldat Inconnu est la seule partie du Palais de Saxe ayant échappé à la destruction de la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

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La Tombe du Soldat Inconnu (Grob Nieznanego Zolnierza) est en place depuis 1925. Initialement, elle était consacrée à la mémoire des Polonais qui avaient péri au combat entre 1914 et 1920. Aujourd'hui, dix-huit plaques commémorent les champs de bataille et le martyre des Polonais, de la bataille de Cedynia à la Deuxième Guerre Mondiale.

 

 

 

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Photos par Carmen Desor

                                                                              

                                                                               

 

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Beyer (1818-1877) fut le précurseur de la photographie de presse professionnelle en Pologne et le meilleur photographe du Royaume de Pologne dans la fin des années 1850 - début 1860. Il fut le premier écrivain et journaliste à insérer des photos aux articles qu'il écrivait pour la Presse. Ses photographies renseignent sur la vie dans la capitale du Royaume de Pologne qui fut établi en 1815 par le Congrès de Vienne et entièrement subordonné à l'empire russe.

 

  

 

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 22:26

 

 

Chopin changea de nombreuses fois de domicile, chaque déménagement étant motivé par les besoins d'une renommée croissante dans Paris qui l'obligeait à "tenir son rang".

 

 

Cité Bergère 04

 

 

 Au printemps 1832, Antoine Orlowski écrit à sa famille : "Le cher Chopin vous embrasse cordialement. Depuis quelques jours il est si triste que, parfois, lorsque je vais le voir, nous n'avons pas le courage d'échanger une parole. C'est là l'effet de la nostalgie. [...] Ici, la situation est mauvaise ; la misère règne chez les artistes. Le choléra fait fuir les riches en province".

 

C'est pendant cette période que Chopin songea à partir pour l'Amérique.  Il en fit part au prince Valentin Radziwill lors d'une rencontre fortuite. Le prince l'emmena alors à une soirée donnée par James de Rothschild. Chopin y remporta un succès qui le rendit célèbre dans la haute société et lui amena des élèves. Son projet de départ pour l'Amérique n'avait plus lieu d'être...

 

Après le cinquième étage du 27 Boulevard Poissonnière, sa situation sociale s'étant améliorée, Chopin désormais célèbre, s’installe, en juin 1832, au 4 cité Bergère, au premier étage d’un beau bâtiment aujourd’hui transformé en hôtel.

 

 

Cité Bergère 02

 

  Cité Bergère 07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Cité Bergère 01

 

 

Cité Bergère 14

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

  

Au printemps 1833, il s'établira au 5, Chaussée d’Antin (*) (là même où Mozart vécut chez Madame d’Epinay)  A l’automne 1836, il déménagera au 38, Chaussée d’Antin, où bientôt il invitera George Sand avec Liszt et Marie d’Agoult et où il donnera de nombreux récitals au cours de réceptions intimes. Ces deux bâtiments ont été détruits lors des grands travaux hausmanniens.

 

 (*) anciennement rue du Mont Blanc

 

 

Photos par Carmen Desor

 

 

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 20:46

 

Chopin annonce à Alkan à la fin de juillet 1842 que George Sand et lui ont cherché de nouveaux domiciles (ils habitaient jusque là rue Pigalle), et qu'ils ont enfin trouvé.  

 

"Devinez où ?" Square d'Orléans, elle au n° 5, lui au n° 9 : "Tout près de vous ! Nous pourrons presque échanger nos élèves. Ou jouer pour les passants des morceaux à quatre mains sans quitter nos appartements. Rien qu'en ouvrant nos fenêtres."

 

 

Square d'Orléans 01

 

Le 9 Square d'Orléans est situé 80 rue Taitbout dans le 9ème arrondissement de Paris

 

 

 "Le square d'Orléans est devenu une Thélème d'artistes - une nouvelle Athènes : Mme Sand et Chopin, bien sûr, mais encore au n° 2, ce monstre de vanité qu'est Kalkbrenner, qu'il ne faudrait pas beaucoup pousser pour lui faire avouer que Napoléon, Chateaubriand et lui résument tout le siècle, et la charmante danseuse, l'aérienne Sylphide, Mlle Taglioni ; au n° 4, le pâle Marmontel qui se fraie, à coups de médiocrité, un chemin serpentant vers les honneurs, et la gracieuse Clara Loveday, pianiste et cantatrice d'origine anglaise, à laquelle il [Alkan] dédiera sa Bourrée d'Auvergne ; au n° 5 bis, l'aimable Joseph d'Ortigue à qui il doit l'un des meilleurs articles qui lui ont été consacrés ; au n° 7, les Zimmermann et le peintre Claude Dubufe dont le fils, Guillaume, qui a débuté au Salon de 1839 avec une Annonciation, vient d'épouser l'aînée des filles de Zimmermann. Toujours au n° 7, la bonne Charlotte Marliani, laquelle tient table ouverte pour Mme Sand et son amant ; au n° 9, dont l'entrée se trouve sous l'arcade d'accès au square, dans le même corps de bâtiment que Chopin, Dantan jeune, le sculpteur, qui, pour son musée Dantan, modèle des caricatures amusantes des célébrités du jour (ô son Rossini !).

 

 

Square d'Orléans 05

 

(on voit sur la gauche l'entrée n° 9 qui mène à l'appartement de Chopin)

 

Appartement Square d'Orléans

 

  

"Chaque fois qu'il  [Alkan] prononcera ces mots "square d'Orléans", une émotion invincible le submergera, jusqu'aux larmes parfois, quand c'est le visage de Frédéric Chopin qui lui apparaît." (Extraits de La Grande Sonate, de Claude Schopp)

 

"A présent, tout est calfeutré et réchaufé ; l'appartement est très commode et j'en suis contente. Nous avons un billard dans le salon comme à Nohant et nous menons ici une vie de campagne." (G. Sand à Hippolyte Chatiron, le 12 novembre 1842)

 

"Ce qui nous donne un air de campagne, aussi, c'est que je demeure dans le même square que la famille Marliani, Chopin dans le pavillon suivant, de sorte que sans sortir de cette grande cour d'Orléans, bien  éclairée et bien sablée, nous courons le soir les uns chez les autres." (G.Sand à Charles Duvernet, le 12 novembre 1842)

 

 

Square d'Orléans 13 

 Square d'Orléans 07

 

    Square d'Orléans 02

 

 

 


 

  

"Le printemps [1849] était revenu sans apporter d'amélioration à l'état de Chopin, et son appartement du Square d'Orléans - appartement humide et mal exposé - lui convenait de moins en moins. C'est alors que la princesse Obreskoff l'incita vivement à passer l'été à la campagne. Elle lui trouva sur la colline de Chaillot, un agréable appartement situé au premier étage d'une maison appartenant à Mme Lasserve. Comme le loyer était élevé (400 francs), Mme Obreskoff qui connaissait la situation financière de Chopin, lui fit croire que ce loyer n'était que de deux cents francs, et elle en acquitta l'autre moitié." (note de Bronislas Edouard Sydow).

 

 

 

Photos et vidéo Carmen Desor

 

 

 

 

 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 21:13

 

 

A quoi ressemblait Zelazowa Wola lorsque s'y élevait encore le manoir des Skarbek ?  Il y régnait la plus grande animation. La cour et le jardin étaient toujours pleins de monde. Il y avait une ferme, des chevaux, des granges et des meules de foin. Rien ne subsiste de cette animation. Rien, si ce n'est la petite maison qui se dresse à l'écart de la route. Mais nulle part mieux qu'ici, dans cette humble campagne mazovienne, on ne comprend à quel point la musique de Chopin est indissolublement liée au paysage polonais.

 

 

Zelazowa Wola 102 entrée. 

 

 Zelazowa Wola 103 plaque entrée

 

En mai, le parc embaumait le lilas...  

 

 Zelazowa Wola 97 parc

 Zelazowa Wola 55 buste

 

Les chants d'oiseaux emplissaient l'espace...

 

 

 

Blanche et humble, en partie dissimulée par les arbres, la maison de Frédéric apparut au bout du chemin...

 

 

  

 

C'est ma troisième visite. Un retour aux sources dont je ne me lasse pas. Un appel. Un rendez-vous. Je me sens un peu chez moi. Je me sens bien. L'intérieur de la maison a été rénové à l'occasion du bicentenaire. Tous les murs sont blancs. Les documents sont rares, bien choisis. Les meubles ont été retirés. Même s'ils étaient d'époque, ils n'étaient pas d'origine. Seuls deux pianos subsistent. Une nudité intérieure qui surprend tout d'abord. Cela me plaît. Il faut préserver l'espace pour qu'il puisse être rempli de Sa présence...

 

 

 

Les poêles en faïence sont authentiques, ainsi que les poutres du plafond peintes de motifs végétaux. Cela me suffit. L'imagination fera le reste.

 

 

Zelazowa Wola 37 intérieur-copie-1

Zelazowa Wola 33 intérieur

                      Zelazowa Wola 40 intérieur

       Zelazowa Wola 39 intérieur

 Zelazowa Wola 52 intérieur

Zelazowa Wola 49 intérieur 

 

 


 

 

 

Au gauche de l'entrée, des photographies présentent la maison avant sa reconstruction, et les différentes étapes de celle-ci. Ces documents sont émouvants. Projetée en arrière dans le temps, j'approche un peu plus près la réalité de la maison qu'Il a connue. Qu'Il a touchée. Qu'Il a vue de ses yeux... Ces photos me fascinent.

 

 

 

Dehors, la musique de Chopin se marie au chant des oiseaux.

 

 

 

 

D'autres vidéos sont disponibles sur le site http://www.dailymotion.com/carmen_desor_wanadoo_fr

 

 

Il me faut aller voir la berge de la rivière Utrata. Jeune homme, il venait s'y asseoir, sous les arbres, près d'un petit pont... Là-bas aussi, je peux Le chercher. Le retrouver.

 

 

Zelazowa Wola 61 parc

 

Zelazowa Wola 65 Utrata

 

 

 

Zelazowa Wola 80 buste

 

Bronze par Jozef Goslawski, inauguré en 1969

 

Zelazowa Wola 84 buste

 

Bronze d'après une sculpture de Z. Wolska, offert par le Musée Municipal de Düsseldorf

 

 

 

"Quand je vous écoute, je me crois toujours seul avec vous, et peut-être avec mieux que vous encore, ou du moins avec ce qu'il y a de mieux en vous" (Marquis de Custine)

 

A Zelazowa Wola, on se croit toujours seul avec Chopin...

 

 

 

Photos et vidéos par Carmen Desor

http://www.dailymotion.com/carmen_desor_wanadoo_fr

 

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 22:55

 

Si les touristes du monde entier visitent avec silence et respect une gentilhommière polonaise qui a retrouvé à l'occasion du bicentenaire de Chopin la blancheur de ses murs et la nudité de ses pièces, il faut savoir que la maison natale du compositeur était bien différente : plus simple, plus humble (quoique la simplicité et l'humilité du lieu ont été préservées avec beaucoup de soin)... une petite maison des communs, annexe du manoir des Skarbek, où l'on avait logé dans le temps un professeur de français et sa femme. "On installa le jeune couple dans une des dépendances du château, dans cette petite maison au perron de bois, au toit élevé, dont les tuiles avaient perdu leur couleur" .  "A droite, dans un logement composé de trois pièces, si basses qu'on peut toucher le plafond du doigt, vivait, au commencement du siècle, un homme d'une trentaine d'années, brun, à l'oeil vif, au visage fraîchement rasé. On le trouvait chaque soir penché sur un livre. De temps à autre, le vagissement confus d'un enfant au berceau, arrivant de la pièce voisine, lui faisait interrompre son labeur. Ce nouveau-né était Frédéric Chopin, et cet homme aux traits réfléchis, au regard ferme et intelligent, Nicolas Chopin, son père, fixé depuis une vingtaine d'années en Pologne (Comte Wodzinski - Les trois romans de Frédéric Chopin).

 

 

Zelazowa Wola 125 vue ancienne recadrée

 

 

Zelazowa Wola se situe à 54 km à l'ouest de Varsovie. On peut s'y rendre à pied depuis Sochaczew, par une allée classée. L'appellation du village provient du nom de ses premiers propriétaires au 16ème siècle : Mikolaj et Piotr Zelazo.

Les propriétaires suivants furent la famille Paprocki.

Fin 18ème siècle, le manoir fut construit.

En mai 1798, les Skarbek achètent Zelazowa Wola à Piotr Luszczewski.

En 1801, le Comte Kacper Skarbek s'enfuit en laissant d'énormes dettes. La propriété est reprise par sa femme la Comtesse Ludwika Skarbek.

En 1802, la Comtesse Skarbek engage Nicolas Chopin pour l'éducation de son fils Fryderyk. Au manoir, Nicolas tombe amoureux d'une cousine des Skarbek, intendante au château : Justyna Krzyzanowska.

En 1806, Nicolas et Justyna se marient.

E 1807 naît leur première fille, Louise (Ludwika).

En 1810 (le 1er mars) naît Fryderyk (ainsi nommé en l'honneur de son parrain Fryderyk Skarbek).

Chopin n'avait que six mois lorsqu'il quitta Zelazowa Wola pour Varsovie en 1810, mais il revenait y faire des séjours pour les fêtes ou pour les vacances, et revint y faire ses adieux à la fin de l'été 1830.

Entretemps, le domaine de Zelazowa Wola est repris par les fils de la Comtesse : d'abord Fryderyk, puis en 1825, Michal.

En 1834, Michal Skarbek, endetté, se suicide. Le village, avec les bâtiments du domaine, passe dans des mains étrangères : Franciszek Kwiatkowski, Jozef Wisniewski (jusqu'en 1842), Henryk Peszel (jusqu'en 1856) et Pawel Jaworski.

De 1859 à 1878, le propriétaire de Zelazowa Wola, A. Towianski, fit ajouter un porche d'entrée à la maison des Chopin, qu'il fit entièrement restaurer afin de commémorer le lieu de naissance du génial compositeur. Les premiers projets d'un lieu d'hommage à Chopin commencent à poindre.

En 1879, Aleksander Pawlowski devient propriétaire. Indifférent à Chopin et aux projets d'hommage, il installe dans la maison ... un entrepôt ! L'état de la maison devient lamentable. Les milieux artistiques commencent à se manifester. Le compositeur russe M. Balakirev, admirateur de Chopin, se rend à Zelazowa Wola et aborde publiquement la question de l'état déplorable de la maison.

En 1894, on inaugure à l'initiative de M.Balakirev le premier monument à Chopin : un obélisque.

 

 

Zelazowa Wola 120 vue ancienne recadrée

 

 

Pendant la première guerre mondiale, les bâtiments du château furent incendiés (sauf la maison de Chopin, miraculeusement préservée), et le domaine partagé entre les paysans en 1918. Le parc et la maison de Chopin furent attribués à R. Szymianowski, qui abattit une partie des arbres.

A la fin des années 1920, l'Association des Amis de la Maison de Chopin (créée en 1926) et le Comité Chopin de Sochaczew rassemblent de l'argent et rachètent la maison et le parc. On plante dans le parc arbres et plantes exotiques, et la maison est restaurée et meublée de nombreux objets classés d'époque (dont un piano droit Pleyel).

 

 

Zelazowa Wola 126 vue ancienne travaux recadrée

 

 

La maison, appellée désormais "manoir" et devenue musée, est ouverte au public le 17 octobre 1931 (date anniversaire de la mort de Chopin).

Durant la deuxième guerre mondiale, la maison est pillée, les alentours dévastés. Il fallut tout recommencer à zéro.

De 1950 à 1952, le manoir fut administré par le Musée National.

A partir de 1953, la responsabilité du manoir fut confiée à la Société Frédéric Chopin de Varsovie.

En 2005, l'Institut National Chopin prend le relais, et devient propriétaire des lieux en 2009. Il agrandit et revalorise le parc, installe un pavillon pour des concerts et un nouveau centre d'information.

 

 

Zelazowa Wola 01

 

 

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 10:52

 

Boulevard Poissonnière 02

 

 

A son arrivée en France, Chopin habita au 27 Boulevard Poissonnière à Paris, de septembre 1831 à fin 1832.

 

 

Boulevard Poissonnière 04

 

 

"Du grand balcon de Chopin, dans ce boulevard Poissonnière où chaque jour passe la marée venant des ports du Pas-de-Calais, on voit à la fois Montmartre et le Panthéon. "Tout le monde m'envie la vue, personne la montée des escaliers menant vers mon quatrième. J'ai l'impression de ne recevoir que des courts d'haleine", plaisante-t-il. Tous les Polonais de Paris se donnent rendez-vous chez lui. Antoni Orlowski, Walenty Radziwill, Kondratowicz. Ils pleurent ensemble la chute de Varsovie, à la fin de l'été. L'ennemi est dans la maison dont il a fallu sortir. Les faubourgs ont été détruits, incendiés. Et les amis, que sont-ils devenus ? Wilhem mort sur les remparts. Marceli en captivité. Sowinski aux mains de ces canailles de Russes. Ce chien de Paskievitch qui s'est emparé du palais des premiers monarques de l'Europe ! Et les Français qui n'ont rien fait, ce philistin de Louis-Philippe qui a vendu la liberté de la Pologne contre un plat de lentilles : être reconnu roi des Français par le Moscovite. Ce serait à douter de Dieu ! Quand les malédictions s'apaisent, Chopin s'assoit au piano, et joue merveilleusement".

 

 

Extrait de La grande sonate, de Claude Schopp

 

 

 

 Boulevard Poissonnière 08

 

 

   

Boulevard Poissonnière 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Photos et vidéo par Carmen Desor

 

  

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 18:21


 

 Palais de Saxe, Mineral Water Pavilion, lithographie de F.Bruder




                                                         Palais de Saxe, lithographie de L. Schmidtner


La comtesse Skarbek n'ayant plus besoin de précepteur (l'aîné est parti à Paris, Anna et Michal sont inscrits à Varsovie). Samuel Bogumil Linde, ami de la famille et recteur du Lycée de Varsovie, propose à Nicolas un poste de professeur de français dans les petites classes du lycée, vacant au 1er octobre 1810. Nicolas accepte et toute la famille s'installe à Varsovie en septembre, au Palais de Saxe, belle construction du 18è siècle transformée en lycée qui offre aux professeurs de grands appartements. C’est là que naîtront Isabella et Emilia.  

Les Chopin emménagent dans un appartement au second étage de l'aile droite du Palais. Ils y resteront jusqu'en 1817, époque à laquelle le Grand Duc Constantin s'approprie le Palais à des fins militaires, obligeant le lycée et ses professeurs à se déplacer au Palais Casimir.

Le Palais de Saxe sera détruit pendant la deuxième Guerre mondiale. Ne subsiste qu'une arcade abritant la tombe du Soldat inconnu, sur la Place Pilsudskiego.




Les restes du Palais de Saxe aujourd'hui :


















Près du Palais se trouve le Jardin de Saxe (Ogrod Saski), premier parc public de Varsovie depuis 1727. Du temps de Chopin, il a été redessiné par James Savage dans l'esprit du jardin à l'anglaise. Frédéric s'y est sans doute promené très souvent étant enfant en compagnie de sa mère et de sa soeur Ludwika, puis plus tard avec ses amis et, selon les dires de certains biographes, avec son premier amour Konstancja Gladkowska.
La magnifique fontaine de Henryk Marconi date de 1855. Chopin ne l'aura donc pas connue.

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