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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 08:09

 

 

"Tels des avares, les artistes serrent leurs pensées rares, leurs sentiments exquis pour leurs seules oeuvres. Dans la vie ordinaire, ils sont des plus ordinaires."

 

 

Claude Schopp (La Grande Sonate)

 

 

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 07:54

 

 

Quelquefois, Chopin lui [Alkan] donne rendez-vous chez Mme Sand, qui, elle, s'est logée tout près, rue Pigalle, au n° 16, dans un petit pavillon isolé du fond du jardin, au-dessus des remises et des écuries de la maison qui donne sur la rue. Ils s'y retrouvent vers sept heures, après que l'un et l'autre, leurs leçons enfin terminées, ont dîné ; le bon Franchomme souvent les y rejoint.

 

Le coeur lui a battu un peu plus fort lorsqu'il a pénétré pour la première fois sous les ormes et tilleuls de ce jardin. Certes, il a été présenté à l'illustre romancière lors des raouts donnés par Liszt et Mme d'Agoult à l'hôtel de France, mais jamais il n'a vraiment eu l'occasion de causer avec celle dont il lit avec exaltation les livres. Il est monté à l'appartement par un escalier de meunier, droit et raide. Dans le vestibule, on est accueilli par un portrait de Grzymala en costume polonais. Chopin l'a reçu dans un salon au meuble vert, décoré de vases chinois superbes, d'une jardinière débordante de fleurs ; il lui a détaillé les curiosités entassées sur un dressoir et l'a laissé longuement admirer les beaux tableaux de Delacroix et le portrait de Mme Sand peint par Calamatta, qui décorent les murs. Puis, il s'est assis devant un magnifique piano, droit et carré, en palissandre, il a attaqué une Etude en fa mineur. Mme Sand a passé la tête, puis s'est retirée. "Elle ne se lève qu'à quatre heures, travaillant jusque tard dans la nuit, dans sa chambre de moine. Elle essaie actuellement d'écrire une pièce de théâtre", lui dira Chopin. Mme Sand, un peu plus tard, a pris le thé en leur compagnie. Même s'il ne se l'avoue pas, il a été un peu déçu, n'entendant rien sortir de sa bouche qui méritât d'être retenu. Tels des avares, les artistes serrent leurs pensées rares, leurs sentiments exquis pour leurs seules oeuvres. Dans la vie ordinaire, ils sont des plus ordinaires."

 

 

(Extrait de la Grande Sonate, de Claude Schopp)

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 21:07

 

 

Les biographes n'ont pas réussi à établir les adresses précises des endroits où Frédéric prenait des cours de langues, mais nous savons qu'il suivait des leçons d'anglais avec Wilhelm Kolberg et Julian Fontana, et des cours privés d'italien avec Tytus Woyciechowski et Karol Weltzem.

 

"En 1829, j'habitais le Krakowskie Przedmiescie [le Faubourg de Cracovie, à Varsovie], dans un immeuble à l'angle de la rue Obozna, Chopin et ses parents habitaient le Palais Krasinski. Il venait chez moi trois fois par semaine le soir pour des leçons d'anglais que nous prenions en commun avec Julian Fontana auprès du professeur Makartney, d'origine irlandaise, qui était alors connu à Varsovie." (extrait des souvenirs de Wilhelm Kolberg)

 

A la Bibliothèque Universitaire, située au palais Kazimierzowski, il se plongeait dans la littérature musicale, tandis que son lieu d'étude autonome était la bibliothèque de la Société Varsovienne des Amis des Sciences au palais Staszic.

 

 

Palais Staszic 04

 

 Palais Staszic 18

Palais Staszic 17 

 

 

 

 

 

 

Le palais Staszic fut construit entre 1820 et 1823, d'après les plans de l'architecte Antonio Corazzi, dans un style classique tardif. Staszic fut l'un des fondateurs de la construction, destinée à devenir le siège de la Société Royale Varsovienne des Amis des Sciences.

 

Palais Staszic 05

 

 

Le bâtiment, transformé à la fin du 19ème siècle en église russe,  retrouva son style classique après un nouveau remaniement en 1924-1926.

Détruit pendant la seconde guerre mondiale, il fut reconstruit selon son aspect originel.

 

Palais Staszic 14

 

 

 

Dans le palais Staszic sont situées l'Académie des Sciences Polonaise et la Société des Sciences de Varsovie.

 

 

Palais Staszic 16

 

 

Devant le palais se dresse la statue de Nicolas Copernic par Thordvaldsen, inaugurée le 11 mai 1830, six mois avant le départ de Chopin de Varsovie. Emportée par les Allemands pendant la guerre, elle fut retrouvée et réinstallée en 1945.

 

Près du palais Staszic se trouve le palais Zamoyski (à droite sur la photo).

 

 

Palais Staszic Zamoyski 01

 

 

Source : Sur les Pas de Chopin, Bosz

Photos : Carmen Desor

 

 

 

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 20:21

 

 

"Il [Alkan] ne se détache pas de ses véritables amitiés qu'on ne saurait renier puisque, avec le temps, elles sont devenues part essentielle du coeur. Il attend avec impatience le retour à Paris du délicat, de l'exquis Frédéric Chopin, submergé longtemps, là-bas à Majorque, par la pluie de l'hiver et la mélancolie, puis, en longue convalescence à Marseille, d'abord, chez Mme Sand, dans le Berry, ensuite. Le musicien est revenu de Majorque, affreusement amaigri, d'une pâleur cadavérique, à ce que lui dit Julian Fontana, "mais les bagages chargés de pièces nouvelles, des préludes". Il reçoit une lettre de Nohant, en août. Chopin a beaucoup joué Le Clavier bien tempéré de Bach, et a échenillé l'édition parisienne de ses fautes. Il compose une sonate en si bémol mineur. "Je serai de retour à Paris en octobre. Je ne sais pas où j'irai nicher, mais j'espère que ce ne sera pas trop loin de chez vous, car nos petites conversations me sont nécessaires", a-t-il ajouté en post-scriptum.

 

Chopin s'est installé pas très loin, rue Tronchet, derrière la Madeleine - il n'y a que la rue d'Anjou à remonter - dans un appartement joliment arrangé, où tout sent le neuf, papiers peints, rideaux, parement des sièges. Comme dans toute véritable amitié, le dialogue reprend naturellement, après une année d'absence et de silence, sans évoquer, ou incidemment, les événements survenus entre-temps. "Je n'ai rien fait, avoue-t-il à son ami. Des besoins d'argent m'ont contraint à multiplier les leçons. Des soucis ne m'ont pas laissé l'esprit libre." Chopin ne demande pas d'approfondissement. Il s'assoit au piano, ou y fait asseoir son élève, A. Gutmann, pour jouer ses oeuvres nouvelles le Scherzo en ut dièse mineur ou la Sonate en si bémol mineur. D'autres amis ou connaissances de Chopn assistent quelquefois à ces moments musicaux improvisés, Fontana, Grzymala.

 

Un soir, c'est le grand Ignaz Moscheles qui, dans son journal, note qu'il a enfin réussi à voir Chopin, lequel, à peine débarqué de la campagne, accepte, sur sa demande, de jouer. Moscheles a l'impression, enfin, de comprendre sa musique et de pouvoir s'expliquer la mélancolie qu'il suscite chez les dames. Son jeu ad libitum qui, chez d'autres interprètes, dégénère en manque de tact, chez lui n'est qu'une agréable originalité de jeu ; ses modulations d'une vigueur de dilettante que le pianiste a du mal à avaler quand il les joue, ne le choquent plus, car les doigts délicats de Chopin glissent à travers avec la légèreté des elfes. C'est un spécimen unique dans le monde du piano, écrit-il.

 

 

(Extrait de la Grande Sonate, de Claude Schopp)

 

 

 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 21:29

 

Frédéric Chopin fréquentait volontiers quelques cafés de Varsovie dont la plupart sont aujourd'hui disparus. Un seul fait exception et fonctionne jusqu'à ce jour au 14 de la rue Miodowa : le café Honoratka, ouvert en 1826, et devenu restaurant.

 

 

Honoratka 01

 

 

Au temps de Frédéric, le local était tenu par Honorata Zimermanowa dans une aile du vieux palais Zadzikowski (Chodkiewicz).  Ce café était également fréquenté par l'historien et homme politique Joachim Lelewel, le colonel Piotr Wysocki et l'homme de lettres Maurycy Mochnacki.

 

 

Honoratka 02

 

Honoratka 03

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Dans le restaurant actuel, des peintures rappellent aux clients que Chopin venait fréquemment ici...

 

Honoratka 09

 

Honoratka 12

 

Honoratka 06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Honoratka 11

 

 

 

DSCF0536

 

 

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On peut également voir l'immeuble qui abritait le café légendaire Pani Brzezinska, au coin de la rue Kozia et de Krakowskie Przedmiescie, aujourd'hui café Telimena, près de l'ancienne poste Saska (aujourd'hui tribunal). Pani Brzezinska était l'un des établissements les plus fréquentés de Varsovie. Chopin s'y rendait presque tous les jours.

 

  

Telimena Wessel 02

 

 Telimena 01

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chopin fréquentait également d'autres lieux aujourd'hui disparus : le café Pod Kopciuszkieum (Cendrillon) au palais Tepper dans la rue Miodowa, face au magasin de musique Brzezina. C'était une sorte de café-théâtre à l'intérieur meublé avec goût. S'y retrouvait la vieille génération d'artistes et de musiciens dont Ludwik Osinski et Karol Kurpinski. 

A l'entresol de ce même palais se trouvait le Dziurka (le Trou).  Sa clientèle était constituée de jeunes gens, principalement des Romantiques fascinés par Goethe, Schiller et Mickiewicz. Chopin y retrouvait l'homme de lettres Maurycy Mochnacki ou les poètes Bohdan Zaleski et Antoni Edward Odyniec.

 

 

 Photos par Carmen Desor

 

 

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 20:39

 

 

Une amitié étroite lia Alkan à Frédéric Chopin, non seulement parce que celui-ci vivait ordinairement à Paris, tandis que Liszt (avec qui Alkan entretenait de bonnes relations)  n'y faisait que des apparitions passagères entre ses voyages triomphaux dans les différentes capitales de l'Europe, mais parce qu'Alkan se sentait subjugué par le génie du grand compositeur franco-polonais, au souvenir duquel il voua un véritable culte, jusqu'à son dernier jour.

 

 

"Chopin et lui, c'est l'alliance de deux profondes solitudes, qui exècrent la moiteur des expansions sentimentales. Au dernier concert, donné au bénéfice d'Alkan, le 3 mars 1838, dans les salons de Pape, Chopin, qui répugne aux exécutions publiques, a bien voulu tenir l'une des parties dans l'allegretto et le finale de la Septième Symphonie de Beethoven qu'Alkan a transcrits pour deux pianos et huit mains, les autres parties étant assurées par lui-même, par Zimmermann, et par Adolphe Gutmann, l'élève favori de Chopin. Ce soir-là, son ami est troublé : il a reconnu dans l'assistance le vilain visage de Pl... qui lui est profondèment antipathique. Un ancien prétendant de Mme Sand, gros garçon d'une trentaine d'années, toujours taché, toujours crotté, le cheveu maigre au vent, le nez barbouillé de tabac, qui tutoie tous ceux qu'il a croisés une fois. "Si mon regard ne peut l'éviter, il le recherchera obstinément. Tournez le piano, je vous en prie, sinon je serais incapable de jouer la moindre note, supplie-t-il. Encore un peu. Là, c'est bien, je ne le vois plus." Et il joue admirablement, suscitant, comme l'écrit Berlioz, ces frémissements électriques, ces murmures d'extase et d'étonnement qui sont les bravos de l'âme."

 

 

 

(Extrait de La grande sonate, de Claude Schopp)

 

 

 

 

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 17:21

 

 

Un petit vent de fraîcheur, avec Noah Gray-Cabey (alias Franklin dans la série américaine "Ma famille d'abord"), petit génie à l'écran comme à ville.

 

 

                                                                                                                Noah Gray-Cabey

                                                  noah

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Américain, né en novembre 1995, Noah a commencé à jouer du piano à 18 mois et donné ses premiers concerts à 4 ans. N'ayant pas appris à lire la musique, il jouait à l'oreille, de mémoire, en reproduisant les doigtés exécutés par son père. A 4 ans, il joue pour la première fois avec orchestre (le New England Symphonic Ensemble) et donne sa première tournée. A l'âge de 5 ans, il est le plus jeune soliste à avoir joué avec un orchestre à l'Opéra de Sydney.

 

 

 

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=QnmJjZwKvzA

 

 

A six ans, il débute une carrière d'acteur très prometteuse, apparaissant dans des séries télévisées telles que Ma famille d'abord, Heroes, Les Experts, etc.

 

Noah est actuellement âgé de 14 ans et demi.

 

 

 

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 14:27

 

 

Constance ne répondait pas à son amour de jeune homme.

La main de Maria lui fut refusée.

Alors, Chopin est devenu une proie pour Sand... 

Rencontre fatidique et fatale, liaison difficilement compréhensible entre deux êtres aussi différents.  Encore aujourd'hui, la question reste posée : quelles auraient été la vie et l'oeuvre de Frédéric Chopin si celui-ci n'avait pas connu George Sand ?

 

 

Quelques avis de ses contemporains les plus proches...

 

 

"Cette femme est un cimetière"

(Jules Sandeau, à propos de George Sand)

 

(l'un des "successeurs" de Chopin auprès de Sand, le graveur Manceau,  fut écarté par elle de Paris où il aurait pu faire carrière, pour devenir son secrétaire - amant et esclave. Robuste au début de leur liaison, Manceau finit par mourir phtisique après une vie humiliante et humiliée - cf. B.E. Sydow)

 

 

"Ce n'était pas la peine que j'empêche Frédéric d'aller se faire tuer dans l'insurrection de Varsovie pour qu'il tombe dans les griffes de George Sand."

(Titus Woyciechowski - témoignage rapporté par Mlle Ada-Hedwige Giuntini-Grzymala, arrière-petite-fille d'Albert Grzymala)

 

 

"J'ai eu avant-hier ici [à Saint Gratien] quelque chose qui m'a fait bien plaisir et bien mal. [...] J'avais engagé MM. de Fagel, Chaix-d'Est-Ange, Bouteiller le bon musicien et notre Chopin... Celui-ci part pour Valence, en Espagne, c'est à dire pour l'autre monde.  Vous n'avez pas d'idée de ce que Mme Sand a trouvé le moyen d'en faire en un été ! La consomption s'est emparée de cette figure et en a fait une âme sans corps [...]  Le malheureux ne voit pas que cette femme a l'amour d'un vampire ! "    (Astolphe de Custine, le 22 octobre 1838, lettre à Sophie Gay)

 

 

"Et dans ces moments [l'agonie de Chopin] ma pensée a été brisée par cette conviction que s'il n'avait pas eu le malheur de connaître G.S. [George Sand] qui a empoisonnée [sic] toute son existance [sic] il aurait pu vivre l'âge de Cherubini."

(lettre d'Albert Grzymala à Auguste Léo, de Paris, entre la mort et les funérailles de Chopin)

 

 

 

Et votre propre avis ? Laissez vos commentaires...

 

 

 

 

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 19:42

 

 

Fin 1836... Liszt et sa maîtresse la Comtesse Marie d'Agoult sont revenus de Suisse. Ils se sont installés à l'hôtel de France, au 23 rue Lafitte et bientôt, chez eux, se croisent les plus grands de la musique et de la littérature : Rossini, Meyerbeer, Chopin, Sainte-Beuve, Heine, Balzac, Hugo, Dumas...

 

                                                                           Marie d'Agoult par Henri Lehmann 1843

          liszt-01

 

                          Franz Liszt                                                                          Marie Catherine Sophie de Flavigny,

                                                                                                            Comtesse d'Agoult (par Henri Lehmann, 1843   

 

 

 

"Un soir, Chopin parvient à le [Alkan] décider à l'accompagner à l'hôtel de France. On monte au troisième au-dessus de l'entresol, on tire la vieille ceinture qui sert de cordon de sonnette. Une servante rousse, à l'accent picard, les introduit dans une cohue indescriptible. Cependant, la belle comtesse a repéré les nouveaux venus, elle accourt, habillée à l'espagnole, un voile de dentelle couvrant ses soyeux cheveux blonds. Elle a des bas à jours et des souliers roses. Elle a un mot charmant ("Franz admire et aime votre talent !" murmure-t-elle), offre une cigarette que l'on refuse, fraie un chemin jusqu'à Liszt. A peine a-t-on eu, après avoir salué vingt inconnus que l'on a heurtés de l'épaule, le temps de serrer la main de celui-ci qu'entre guerrièrement un étrange être androgyne, à l'oeil et aux sourcils andalous, vêtu d'un large pantalon de basin et d'une redingote feuille morte, chaussé de babouches en cuir bouilli, que la comtesse presse, avec ostentation, sur son coeur avant que, assis sans façon sur une ottomane, il ne devienne le centre d'un cercle d'admirateurs qu'il plonge dans la fumée de son cigare et étourdit par les paradoxes de ses propos : "Je cherche le système du monde", dit-il. C'est la fameuse George Sand. Autour d'elle, on parle de tout réformer, la poésie, le théâtre, la musique, la société. Chopin la considère d'un oeil rond. Enfin, Puzzi ouvre le piano, Liszt s'assied, écarte le rideau de cheveux qui dissimule à demi son visage, son regard s'illumine.

Hiller et Alkan reconduisent Chopin jusqu'au n° 38 de la rue du Mont-Blanc, où il loge désormais. On reparle de la soirée, du talent prodigieux de Liszt, et aussi de Mme Sand. "Quelle femme antipathique ! Est-ce vraiment une femme ? Je suis tout prêt à en douter !" glisse Chopin. Avant qu'ils ne se séparent, il les invite à la soirée musicale qu'il donnera chez lui le 13 décembre."

 

Claude Schopp (La grande sonate)

 

                                                                                                    Charles-Valentin Alkan

Ferdinand Hiller 02

 

                      Ferdinand Hiller                                                                                          Charles-Valentin Alkan

 

 

 

"J'ai fait la connaissance d'une grande célébrité : Madame Dudevant, connue sous le nom de George Sand ; mais son visage ne m'est pas sympathique et ne m'a pas plu du tout. Il y a même en elle quelque chose qui m'éloigne."

 

(Extrait d'une lettre de Chopin à sa famille à Varsovie, Paris, sans date 1836 - traduit du polonais)

 

 

Cette lettre a été détruite mais sa trace subsiste grâce à l'ouvrage de Karasowski. Les propos de Chopin sont corroborés par un message de Hiller à Liszt : "Un soir, tu réunis chez toi l'élite de la littérature française. Certes, George Sand ne pouvait y manquer. En me reconduisant chez moi, Chopin me dit : "Quelle femme antipathique cette Sand ! Est-ce vraiment bien une femme ? Je suis prêt à en douter".

 

    George Sand par Auguste Charpentier 1835

 

  George Sand par Auguste Charpentier, 1835

 

 

Le fim "Impromptu" avec Judy Davis (George Sand), Hugh Grant (Chopin) et Julian Sands (Liszt) traite du début de la liaison de Chopin avec Sand. Il illustre bien l'atmosphère des salons de l'époque et le Paris de cette première moitié du 19ème siècle.

 

 

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 20:50

 

 

"Le plus beau sentiment qu'on puisse éprouver, c'est le sens du mystère. C'est la source de tout art véritable, de toute vraie science. Celui qui n'a jamais connu cette émotion, qui ne possède pas le don d'émerveillement, ni de ravissement, autant vaudrait qu'il fût mort : ses yeux sont fermés."

 

 

Albert Einstein

 

 

 

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