Par Ame Chopinienne
-
Publié dans : Le Piano-Feu - Salons du livre
2
-
Recommander
"Il se jouait des défis de l'art les plus audacieux avec une mystérieuse facilité. Il pouvait ramasser les fleurs des
champs sans en déranger la rosée, ni le pollen le plus léger. Et il savait les transformer, à travers l'idéal artistique, en étoiles, en météores, comme des comètes illuminant le ciel d'Europe.
Dans le cristal de ses harmonies, il recueillait les larmes du peuple polonais parsemées dans les champs et les plaçait comme un diamant de beauté sur le diadème de l'humanité."
Cyprian Norwid dans Dziennik Polski, Poznan, le 25 octobre 1849
Par Ame Chopinienne
-
Publié dans : Chopin et ses contemporains
2
-
Recommander
On ne sait pas qui décida de l'exécution du Requiem de Mozart aux funérailles de Chopin. Toujours est-il que cela
retarda considérablement les obsèques du compositeur. L'archevêché de Paris s'opposa tout d'abord à l'engagement des chanteurs. L'intervention de l'abbé Deguerry, vicaire à la Madeleine, ami et
admirateur de Chopin, le fera finalement céder. En attendant, le corps de Chopin repose dans la crypte de l'église.
A onze heures du matin, le 30 octobre 1849, trois mille personnes emplissent l'église de la Madeleine à Paris, toute drapée de noir.
Pendant la montée du cercueil de la crypte, un orchestre joua la Marche funèbre de Chopin dans un arrangement de Napoléon Reber. Puis, l'organiste Louis Lefébure-Wély exécuta les Préludes en mi
mineur et en si mineur. A l'issue de la cérémonie retentit le Requiem de Mozart, exécuté par l'orchestre et les choeurs de la Société de concerts du Conservatoire, sous la direction de Narcisse
Girard, avec les solistes Pauline Viardot et Luigi Lablache.
Le cortège funèbre quitta la Madeleine pour le Père-Lachaise, conduit par le Prince Adam Czartoryski et Meyerbeer.
Aleksander Czartoryski -le mari de Marcelina, Franchomme, Delacroix et Pleyel tenaient les cordons du poêle. Derrière marchaient Ludwika -la soeur de Chopin, avec sa fille et Jane Stirling,
suivies d'une foule d'amis plus ou moins proches, des connaissances, des admirateurs et des compatriotes de l'artiste.
Aucun discours sur la tombe. On jeta simplement sur le cercueil la poignée de terre polonaise que Chopin avait reçue de Witwicki à son départ de Varsovie en 1830, et qu'il avait conservée
dans une coupe d'argent.
Après l'enterrement, Ludwika repartit pour Varsovie en emportant avec elle les effets personnels de son frère, ses manuscrits et ses souvenirs, ainsi que son coeur, dans un bain de formol.
Agée de quinze ans en 1849, la nièce de Chopin, Ludka, fille de sa soeur Ludwika, et qui deviendra Mme Ciechomska, sera la détentrice de la plupart des souvenirs, objets, lettres et
manuscrits de son oncle.