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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 22:13

 

 

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L'Est Républicain du 10 novembre 2013

 

Nota : Le livre de Gabriel Ladaique  "Chopin, sa filiation française" est distribué par les Editions Chopena.

 

 

 

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 20:51

 

"Je vais vous faire voir quelque chose que vous n'avez jamais vu, et quelqu'un que vous n'oublierez pas ." Nous montons au second étage d'un petit hôtel meublé, et je me trouve vis-à-vis d'un jeune homme pâle, triste, élégant, ayant un léger accent étranger, des yeux bruns d'une douceur limpide incomparable, des cheveux châtains, presque aussi longs que ceux de Berlioz et retombant aussi en gerbe sur son front.

         C'était Chopin, arrivé depuis quelques jours à Paris. Son premier aspect m'avait ému, sa musique me troubla comme quelque chose d'inconnu. Je ne puis mieux définir Chopin, qu'en disant que c'était une trinité charmante. Il y avait entre sa personne, son jeu et ses ouvrages, un tel accord, qu'on ne peut pas plus les séparer, ce semble, que les divers traits d'un même visage. Le son si particulier qu'il tirait du piano ressemblait au regard qu'il tirait de ses yeux ; la délicatesse un peu maladive de sa figure s'alliait à la poétique mélancolie de ses nocturnes ; el le soin et la recherche de sa toilette faisaient comprendre l'élégance toute mondaine d'une certaine partie de ses oeuvres ; il me faisait l'effet d'un fils naturel de Weber et d'une duchesse ; ce que j'appelais ses trois lui n'en faisaient qu'un.

Son génie ne s'éveillait guère qu'à une heure du matin. Jusque-là, il n'était qu'un pianiste charmant. La nuit venue, il entrait dans le groupe des esprits aériens, des êtres ailés,  de tout ce qui vole et brille au sein des demi-ténèbres d'une nuit d'été. Il lui fallait alors un auditoire très restreint et très choisi.

 

         La moindre figure un peu déplaisante suffisait pour le déconcerter. Je l'entends encore, un jour où son jeu me semblait un peu agacé, me dire tout bas en me désignant du regard une dame assise en face de lui : "C'est la plume de cette dame ! Si cette plume-là ne s'en va pas, je ne pourrai pas continuer !"  Une fois au piano, il jouait jusqu'à épuisement. Atteint d'une maladie qui ne pardonne pas, ses yeux se cerclaient de noir, ses regards s'animaient d'un éclat fébrile, ses lèvres s'empourpraient d'un rouge sanglant, son souffle devenait plus court ! Il sentait, nous sentions que quelque chose de sa vie s'écoulait avec les sons, et il ne voulait pas s'arrêter, et nous n'avions pas la force de l'arrêter ! La fièvre qui le brûlait nous envahissait tous !

 

 

Ernest Legouvé (1807-1903)  Soixante ans de souvenirs          

 

 

 

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 19:07

 

 

La musique est une loi morale, elle donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l'imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose. Elle est l'essence du temps et s'élève à tout ce qui est de forme invisible, mais cependant éblouissant et passionnément éternelle….

 

Platon (vers 424 av.JC - 348 av.JC)


Voir également l'excellent article de Dominique Collin

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 20:41

 

 

C'est tellement beau...

 

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Published by Carmen Desor - dans Divers
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:21

 

Cet article fait suite au précédent sur le sujet.

 

A Prague, Chopin réside rue Celetna, au n° 24 à l'hôtel du Cheval Noir. Y étaient déjà descendus Paganini, Glinka, Moniuszko et Wagner.

 

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l'ancien hôtel du Cheval Noir (U Modre Hvezdy) 

 

 

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La rue Celetna va de la Place de la Vieille-Ville à la Tour Poudrière. C'était la voie royale menant au château. C'est aujourd'hui la rue piétonne la plus élangante du quartier, bordée de superbes porches et fenêtres baroques. Elle garde les traces de la présence de la famille Kafka (aux n° 2, 3 et 12).

 

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A l'entrée de la rue Celetna se trouvait, au n° 588, l'hôtel Beim goldenen Engel (la maison à l'ange d'or). La diligence de Chopin s'y arrêta à son arrivée à Prague. Mozart y séjourna en 1787, ainsi que les parents de Chopin en route vers Karsbad.

 

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La Tour poudrière , vue de la rue Celetna.

C'est l'un des derniers vestiges des remparts de la vieille ville. Elle fut édifiée à la fin du 14ème siècle. Lorsque, au 18ème siècle, elle perdit sont caractère défensif, elle abrita un dépôt de munitions, d'où son nom. Sa forme néo-gothique actuelle date de la seconde moitié du 19ème siècle.

 

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                                                                                                                                                                à suivre

 

 

  Photos par Carmen Desor

 

 

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 19:34

 

 

  

Nohant, 1846 - Chopin s'affaiblit. Il évite la fatigue des promenades dans la campagne berrichonne et préfère rester seul avec son piano et le petit chien Marquis qui le fait rire. Il a du mal à se déplacer, il ne marche presque plus, ne peut plus monter les escaliers sans suffoquer. Il se heurte à Maurice, autoritaire, ombrageux et jaloux. Les scènes entre Solange et sa mère George Sand se multiplient et lui sont de plus en plus difficiles à supporter.

Le mariage annoncé de Solange avec le sculpteur Clésinger est l'élément déclencheur et stigmatisant. Chopin le désapprouve, il le dit, s'interpose, il estime que Solange ne pourra être heureuse avec cet homme brutal, alcoolique et couvert de dettes ("pourtant, j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que ce mariage ne soit pas conclu" -lettre de Chopin à sa famille à Varsovie, Noël 1847 - 6 janvier 1848). Mais il respectera cependant ce choix :

 

"Je n'ai pas à Vous parler de Mr. Cl[ésinger]. Ma pensée ne s'est familiarisée avec le nom même de Mr. Cl[ésinger], que du momment ou [sic] Vous lui avez donné votre fille."  (lettre de Chopin à Sand, Paris le 24 juillet 1847)

 

  

Il n'y eut pas de scènes de rupture. Celle-ci se fit peu à peu, "à distance", par lettres interposées. Chopin quitta Nohant à la fin de l'été 1846, avec, sans doute, le projet d'y revenir le printemps suivant, comme tous les ans depuis 1839  -1840 excepté.

 

  

Il y eut encore des échanges de lettres aimables et attentionnées entre Chopin et Sand en cette fin d'année 1846 -lui à Paris, elle à Nohant- et durant la première moitié de 1847. Et des lettres entre Solange et Chopin, car le compositeur garde des liens étroits et presque paternels avec elle. Mais George Sand ne veut plus voir sa fille, et en exige autant de Chopin. Dans une lettre de Sand à Chopin, lettre qui a disparu, "mais dont Delacroix a parlé dans son Journal où, à la date du 20 juillet 1847, on peut lire ce qui suit : "Chopin venu le matin comme je déjeunais après être rentré du Musée où j'avais reçu la commande de la copie du Corps de garde. Il m'a parlé de la lettre qu'il a reçue ; mais il me l'a lue presque toute entière depuis mon retour. Il faut convenir qu'elle est atroce. Les cruelles passions, l'impatience longtemps comprimée s'y font jour ; et,  par un contraste qui serait plaisant s'il ne s'agissait d'un si triste sujet, l'auteur prend de temps en temps la place de la femme et se répand en tirades qui semblent empruntées à un roman ou à une homélie philosophique". " (note de Bronilas Sydow, dans la Correspondance de Frédéric Chopin)

  

Dans cette lettre, "George Sand déclare qu'elle ne tolérera le retour de Chopin à Nohant que s'il s'engage à n'y pas prononcer le nom de Solange. En somme, ce que Sand voulait éviter c'était d'avoir à reconnaître qu'elle avait eu tort de favoriser le mariage de Solange avec Clésinger en dépit des renseignements déplorables qu'on lui avait donnés sur ce dernier. Elle a préféré rompre avec Chopin plutôt que devoir lui faire cet aveu." (note de Bronilas Sydow dans la Correspondance de Frédéric Chopin)

 

 

Chopin répond à cette lettre le 24 juillet 1847 :

 

"[...] Quant à celle-ci [Solange] - elle ne peut m'être indifférente. Vous vous rappellerez que j'intercédais auprès de Vous en faveur de Vos enfants sans préférence, chaque fois que l'occasion s'en présentait, certain, que Vous êtes destinée à les aimer toujours - car ce sont les seules affections qu'on ne change pas. Le malheur peut les voiler mais non dénaturer.

Il faut que ce malheur soit bien puissant aujourd'hui pour qu'il deffende [sic] à Votre coeur d'entendre parler de Votre fille, au début de sa carrière définitive, à l'époque où son état physique exige plus que jamais des soins maternels. [...]

Votre tout dévoué

Ch."

 

 

Sand répondra à son tour à Chopin. Ce sera la dernière lettre connue de Sand au compositeur.

 

"[...]

C'est bien, mon ami, faites ce que votre coeur vous dicte maintenant et prenez son instinct pour le langage de votre conscience. Je comprends parfaitement.

Quant à ma fille, sa maladie n'est pas plus inquiétante que celle de l'année dernière, et jamais son zèle, ni mes soins, ni mes ordres, ni mes prières n'ont pu la décider à ne pas se gouverner comme quelqu'un qui aime à se rendre malade.

Elle aurait mauvaise grâce à dire qu'elle a besoin de l'amour d'une mère qu'elle déteste et calomnie, dont elle souille les plus saintes actions et la maison par des propos atroces. Il vous plaît d'écouter tout cela et peut-être d'y croire. Je n'engagerai pas un combat de cette nature ; il me fait horreur. J'aime mieux vous voir passer à l'ennemi que de me défendre d'un ennemi sorti de mon sein et nourri de mon lait.

Soignez-la puisque c'est à elle que vous croyez devoir vous consacrer. [...]

Adieu, mon ami, que vous guérissiez vite de tous maux, et je l'espère maintenant (j'ai mes raisons pour cela) ; et je remercierai Dieu de ce bizarre dénouement à neuf années d'amitié exclusive. Donnez-moi quelquefois de vos nouvelles.

Il est inutile de jamais revenir sur le reste."

 

 

 

 

Chopin reverra George Sand par hasard, le 4 mars 1848, et en fait part à Solange le lendemain :

 

"Je suis allé hier chez Madame Marliani et en sortant je me suis trouvé dans la porte de l'antichambre avec Mme votre mère, qui entrait avec Lambert. J'ai dit un bon jour à Mme votre mère et ma seconde parole était s'il y avait longtemps qu'elle a reçu de vos nouvelles. "Il y a une semaine m'a-t-elle répondu - Vous n'en aviez pas hier, avant-hier ? - Non - Alors je vous apprends que vous êtes grand-mère, Solange a une fillette - et je suis bien aise de pouvoir vous donner cette nouvelle le premier. J'ai salué et je suis descendu l'escalier. [...]"

 

Sous le coup de l'émotion, Chopin, qui pourtant ne circulait plus à pied dans Paris, se retrouva chez lui au Square d'Orléans  après avoir marché sans même sans rendre compte.

 

 

 

 

Chopin et Solange continueront à s'écrire et à se voir. Elle se tiendra à son chevet lorsqu'il mourra.

Sand, elle, n'assistera pas aux funérailles de celui qu'elle avait tant encensé...

 

 

 

 

  

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 21:04

 

Mort de Chopin

 

          Après une longue et terrible agonie, Chopin vient de mourir. Nous n'emploierons pas à son sujet la formule ordinaire en disant que sa mort est une perte pour l'art. Hélas ! Chopin était perdu pour la musique depuis assez longtemps. Sa faiblesse et ses douleurs étaient devenues telles, qu'il ne pouvait plus ni se faire entendre sur le piano, ni composer ; la moindre conversation même le fatiguait d'une manière alarmante. Il cherchait en général à se faire comprendre autant que possible par signes. De là l'espèce d'isolement dans lequel il a voulu passer les derniers mois de sa vie, isolement que beaucoup de gens ont mal interprété et attribué, les uns à une fierté dédaigneuse, les autres à une humeur noire, aussi loin l'une que l'autre du caractère de ce charmant et excellent artiste. Loin d'être morose, Chopin, aux temps où ses souffrances étaient encore tolérables, se montrait d'une bonhomie malicieuse qui donnait un irrésistible attrait aux relations que ses amis avaient avec lui. Il apportait dans la conversation cette [sic] humour qui fit le charme principal et le caractère essentiel de son rare talent.

          Ses compositions pour le piano ont fait école. La grâce la plus originale, l'imprévu du tour mélodique, la hardiesse des harmonies et l'indépendance  de l'accent rythmique qui s'y trouvent réunis à un système entier d'ornementation dont il fut l'inventeur et qui est resté inimitable. Ses études pour le piano sont des chefs-d'oeuvre où se retrouvent concentrées les qualités éminentes de sa manière et ses plus rayonnantes inspirations. Nous les placerons même au-dessus de ses célèbres mazurkas qui, dès leur apparition, valurent à Chopin un succès passionné auprès des femmes surtout, et le rendirent le favori de tous les salons aristocratiques de l'Europe. Ce luxe de mélodies exquises, leur allure à la fois fière et souriante, leur dédain de tout entourage vulgaire, leur passion contenue ou concentrée, leurs divines chatteries, leur retentissement pompeux, ont en effet une sorte d'affinité avec les moeurs du monde élégant pour lequel elles semblent faites. Aussi Chopin, malgré son magnifique talent d'exécution, n'était-il pas l'homme de la foule, le virtuose des grandes salles et des grands concerts. Il avait renoncé à ces tumultes depuis longtemps. Un petit cercle d'auditeurs choisis, chez lesquels il pouvait croire à un désir réel de l'entendre, pouvait seul le déterminer à s'approcher du piano. Que d'émotions alors il savait faire naître ! En quelles ardentes et mélancoliques rêveries il aimait à répandre son âme ! C'était vers minuit d'ordinaire qu'il se livrait avec le plus grand abandon ; quand les gros papillons du salon étaient partis, quand la question politique à l'ordre du jour avait été longuement traitée,quand tous les médisants étaient à bout de leurs anecdotes, quand tous les pièges étaient tendus, toutes les perfidies consommées, quand on était bien las de la prose, alors obéissant à la prière muette de quelques beaux yeux intelligents, il devenait poète, et chantait les amours ossianiques des héros de ses rêves, leurs joies chevaleresques, et les douleurs de la patrie absente, sa chère Pologne toujours prête à vaincre et toujours abattue. Mais hors de ces conditions, que tout artiste doit lui savoir gré d'avoir exigées pour se produire, il était inutile de le solliciter. La curiosité excitée par sa renommée semblait même l'irriter, et il se dérobait le plus possible à un monde non sympathique quand le hasard l'y avait fait s'égarer. Je me rappelle un mot sanglant qu'il décocha un soir au maître d'une maison où il avait dîné. A peine avait-on pris le café, l'amphitryon, s'approchant de Chopin, vint lui dire que ses convives, qui ne l'avaient jamais entendu, espéraient qu'il voudrait bien se mettre au piano et jouer quelque petite chose. Chopin s'en défendit dès l'abord de manière à ne pas laisser le moindre doute sur ses dispositions. Mais l'autre insistant d'une façon presque blessante, en homme qui sait la valeur et le but du dîner qu'il vient de donner, l'artiste coupa court à la discussion en lui disant de sa voix faible et interrompue par un accès de toux : "Ah ! Monsieur... j'ai... si peu mangé !..."

          Malgré le produit considérable de ses oeuvres et des leçons qu'il donnait, Chopin ne laisse pas de fortune ; les malheureux Polonais que l'exil a tant de fois amenés à sa porte savent où cette fortune a passé. Au dernier instant, la constante admiration de Chopin pour Mozart lui a fait désirer que l'immortel Requiem fût exécuté à ses funérailles. Son digne élève, M. Gutmann, a recueilli ce voeu avec son dernier soupir. Aussitôt toutes les démarches nécessaires ont été faites ; grâce à l'intervention active de M. l'abbé Daguerry, M. l'archevêque a levé l'interdiction qui rendait impossible l'exécution du Requiem de Mozart ; les choristes femmes pourront en conséquence figurer dans cette cérémonie, qui aura lieu dans l'église de la Madeleine mardi prochain.

 

 

                                                                                                                                       H. Berlioz

 

 

Article d'Hector Berlioz, "Journal des Débats" du 27 octobre 1849

 

 

 

 

 

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 19:59

 

 

"Encore une gloire musicale qui vient de s'éteindre. Chopin, que la maladie avait brisé depuis quelques années, au point de rendre méconnaissables la figure et le corps de cet artiste ; Chopin est mort le 17 de ce mois. C'est une perte, une grande perte pour les arts. Les pianistes regretteront ce compositeur d'élite, dont le coeur débordait de poésie, et les salons pleureront cet esprit distingué, qui avait trouvé dans les classes élevées de la société les relations les plus honorables. Pauvre Chopin !  Il faisait peur à voir dans les derniers temps ; triste, affaissé, pâle, amaigri, les yeux accablés. La mort, la cruelle mort opérait ses ravages dans le sang de l'artiste ; et un beau jour, tout s'est glacé, et de cet aimable poété, de ce musicien tant aimé, il n'est resté que le souvenir de son talent et de son esprit.

 

Ceux qui ont vu Chopin dans l'intimité et qui ont pu apprécier les qualités de son âme généreuse, ceux qui lui ont entendu jouer avec l'expression la plus touchante de l'amour ou de la douleur ses plaintives mélodies, ah ! ceux-là seuls savent ce que valait ce noble caractère, et ce que renfermaient sa tête et son coeur, d'inspiration, de tendresse, de suave passion. Rêve féerique que celui de ce musicien, qui a traversé la vie au milieu des fleurs et des battements de mains, et qui vient de partir pour le pays des divines harmonies, suivi des prières et des larmes de ses amis et de ses admirateurs. Tenez, il me semble le voir encore, faible, le souffle lui manquant, tendre ses mains vers le piano, et là, soupirer avec son sang les rêveries amoureuses, les plaintes de la vie, les joies célestes. On était ému, on se sentait aller à la tristesse ; on suivait avec avidité l'aimable pianiste qui rendait avec une si surprenant vérité l'effet des passions. Oh ! oui, nous le pleurons, parce que nous l'avons aimé et que nous avions pour lui une affection de frère, et nous aurons toujours présente à la pensée la figure mélancolique de cet ami infortuné qui laisse derrière lui une renommée inattaquable."

 

"Gazette de la France Musicale" du 21 octobre 1849

 

 

 

 

"M. Frédéric Chopin, le célèbre pianiste, est mort le 17 de ce mois, à deux heures du matin, entre les bras d'un de ses élèves et de ses amis ; il a succombé à la maladie de poitrine dont il était affecté depuis longtemps. M. Chopin n'était âgé que de trente-neuf ans. C'est une perte immense pour l'art musical, qu'il cultivait avec religion et dont il était un des plus dignes soutiens. Le public associera ses regrets à ceux de ses nombreux amis, de ses illustres compatriotes, et de sa noble soeur accourue du fond de la Pologne pour lui fermer les yeux. Le jour de ses obsèques n'est pas encore fixé."

 

"L'Opinion Publique" du 21 octobre 1849

 

 

 

 

"Il a cessé de vivre, le 17 de ce mois, à deux heures du matin, entre les bras d'un de ses élèves et de ses amis, cet artiste éminent, qui, dès son entrée dans la carrière, s'était placé au premier rang parmi les célèbrités contemporaines, et s'y distinguait par une physionomie de talent plus individuelle que toute autre.

[...]

Jamais peut-être aucun artiste n'eut plus que lui le physique de son talent. Autant il était frêle de corps, autant il était délicat de style ; un peu plus, il s'évaporait en impalpable et en imperceptible. Sa manière de toucher le piano ne ressemblait à celle de personne : elle perdait nécessairement dans une vaste salle ; à la portée d'une confidence, c'était quelque chose de délicieux. On surnommait Chopin l'Ariel du piano. Si la reine Mab eût voulu se donner un pianiste,  c'est à coup sûr Chopin qu'elle aurait choisi, et la plume divine qui a décrit le fantastique attelage de la Fée aux songes, pourrait seule analyser les enchevêtrements compliqués, infinis, de cette phrase chargée de notes, et pourtant légère comme la dentelle, dans les plis de laquelle le compositeur enveloppait toujours son idée.

Chopin était aristocratique, comme homme et comme artiste. Il subissait la loi de son tempérament. Retiré dans une existence intime et mystérieuse, il composait peu, donnait peu de leçons et ne jouait presque jamais en public. Un concert donné par lui à un prix élevé, devant un auditoire épuré soigneusement, était regardé comme une faveur extraordinaire. C'était le virtuose et le compositeur de la solitude rêveuse, ou tout au plus du tête-à-tête.  Ses partisans, ses élèves l'admiraient jusqu'au fanatisme.

L'organisation de Chopin faisait penser à celle de ces êtres dont parle Pope, et dont la sensibilité surhumaine ferait ici-bas le tourment, pour qui le moindre contact serait une blessure, le moindre bruit un éclat de tonnerre, la moindre senteur de rose un poison. En le voyant si chétif, si maigre et si pâle, on l'avait longtemps cru près de mourir, et puis on s'était habitué à l'idée qu'il pouvait vivre toujours ainsi. Pourtant, il devait nous quitter avant l'âge, puisqu'il n'avait que trente-neuf ans lorsque sa dernière heure a sonné. Sa soeur était accourue du fond de la Pologne pour assister à ses derniers moments, pour les retarder par ses soins, par ses prières.

Les restes mortels du grand artiste seront embaumés. Il avait toujours exprimé le voeu que le Requiem de Mozart fût exécuté pour ses obséques, qui doivent avoir lieu à l'église de la Madeleine. [...]

 

"Revue et Gazette Musicale de Paris" du 21 octobre 1849

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 21:04

 

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Sylvie Giono présente son livre Jean Giono à Manosque (Ed. Belin) sur les Salons littéraires. Elle y livre un portrait intime de son père.

 

Elle y fait également connaître l'Association des amis de Jean Giono

 

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... ici, à Neuville-en-Ferrain dans le Nord en septembre 2013

  

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Association des Amis de Jean Giono

Montée des Vraies Richesses

04100 Manosque

Tél-fax : 04.92.87.73.03

Courriel  : amisjeangiono@orange.fr

www.jeangiono.org

 

 

Depuis sa création, (en 1972), l'Association rassemble des lecteurs fervents et fidèles qui partagent une connaissance de l'oeuvre de Giono, mais plus encore un plaisir et une jubilation à la lire. Elle souhaite accueillir tous ceux qui s'intéressent à cette oeuvre et mettre son action au service de sa diffusion auprès du plus large public.

Elle encourage et favorise la recherche universitaire, inventorie et conserve les archives de Giono, soutient et organise différentes manifestations (colloques, journées d'études, expositions, spectacles conférences, débats, cafés littéraires, concerts...

 

 

 

Photos par Carmen Desor

 

 

 

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 20:46

 

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Petit reportage photos de ce magnifique week-end littéraire, avec des rencontres très sympathiques et intéressantes !

 

Tous mes remerciements à l'équipe municipale et au Furet du Nord pour leur excellent accueil

 

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Ghislaine Houel, adjointe à la culture, et le maire Gérard Codron, lors de l'inauguration

 

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 Un grand merci à Erik Loose, du Furet du Nord de Villeneuve d'Ascq (à gauche sur la photo)

 

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Mon stand !

 

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Mes voisines de stand : Françoise Näser ("Une vraie vie de Nounou") à gauche, et Audrey Ferraro ("Un amour de Camino") à droite

 

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Ici, avec Denis Westhoff (au milieu), fils de Françoise Sagan, pour son livre "Françoise Sagan, ma mère"

 

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Pour contacter l'Association Françoise Sagan :  asso@francoisesagan.fr

 

 

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                 Mes retrouvailles avec Pierre Bellemare...

 

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 Très intéressante rencontre avec Madame Sylvie Giono, la fille du célèbre écrivain

 

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avec Françoise Laborde

 

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Le Salon était également honoré de la présence du chanteur Leny ESCUDERO

 

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Christian Gossart et Ghislaine Houel

 

 

Tous mes remerciements à toute l'équipe organisatrice (et tout particulièrement à Lydie Lazé) pour ce week-end très réussi !

 

 

 

Photos par Carmen Desor

 

  

 

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