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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 10:52

 

Boulevard Poissonnière 02

 

 

A son arrivée en France, Chopin habita au 27 Boulevard Poissonnière à Paris, de septembre 1831 à fin 1832.

 

 

Boulevard Poissonnière 04

 

 

"Du grand balcon de Chopin, dans ce boulevard Poissonnière où chaque jour passe la marée venant des ports du Pas-de-Calais, on voit à la fois Montmartre et le Panthéon. "Tout le monde m'envie la vue, personne la montée des escaliers menant vers mon quatrième. J'ai l'impression de ne recevoir que des courts d'haleine", plaisante-t-il. Tous les Polonais de Paris se donnent rendez-vous chez lui. Antoni Orlowski, Walenty Radziwill, Kondratowicz. Ils pleurent ensemble la chute de Varsovie, à la fin de l'été. L'ennemi est dans la maison dont il a fallu sortir. Les faubourgs ont été détruits, incendiés. Et les amis, que sont-ils devenus ? Wilhem mort sur les remparts. Marceli en captivité. Sowinski aux mains de ces canailles de Russes. Ce chien de Paskievitch qui s'est emparé du palais des premiers monarques de l'Europe ! Et les Français qui n'ont rien fait, ce philistin de Louis-Philippe qui a vendu la liberté de la Pologne contre un plat de lentilles : être reconnu roi des Français par le Moscovite. Ce serait à douter de Dieu ! Quand les malédictions s'apaisent, Chopin s'assoit au piano, et joue merveilleusement".

 

 

Extrait de La grande sonate, de Claude Schopp

 

 

 

 Boulevard Poissonnière 08

 

 

   

Boulevard Poissonnière 11

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Photos et vidéo par Carmen Desor

 

  

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 20:21

 

 

"Le 4 décembre (1831), dans la salle du Conservatoire, à la soirée de Hiller qui a réservé une place à son ami, un jeune homme élégant, à l'allure aristocratique, vient s'asseoir à côté de lui. Il ressemble à une jeune fille timide. C'est quelqu'un qu'on aurait aussitôt le désir de prendre dans ses bras, d'embrasser, de bercer. Hiller interprète une symphonie et un concerto de sa composition. Le jeune homme tient mal en place. "C'est plein de poésie, de feu et d'âme. Comme Beethoven, vous ne trouvez pas ?" glisse-t-il à son voisin, avec un accent slave assez prononcé. Il donne l'impression d'une sincérité touchante, mais aussi d'une certitude absolue comme si la faiblesse apparente dissimulait une volonté de fer. Après avoir exécuté avec Kalkbrenner, qui se prend pour le plus grand pianiste d'Europe, son concerto pour deux pianos, Hiller présente l'un à l'autre Alkan et Chopin. Mais -c'est presque inutile- le nom de Beethoven a déjà scellé l'amitié avec le jeune Polonais qu'il se refusera toujours à appeler Chopinetto, ainsi que le font leurs amis. Comment ne pas aimer Chopin, si gai et si mélancolique, si sûr de son talent qu'il considère sans envie le talent d'autrui ?

 

 

Extrait de La grande Sonate, de Claude Schopp

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 21:40

 

 

Avant de rencontrer Chopin, Alkan fera d’abord la connaissance de Liszt.

 

« Le lendemain, l’adolescent reçoit un billet de Liszt. Il l’a entendu, tandis qu’il se reposait dans un salon contigu, et ce qu’il a entendu lui inspire le désir de rencontrer son cadet qui donne de si belles espérances. Liszt habite au 7 de la rue Montholon, en face de l’église Saint-Vincent-de-Paul qui est en construction. Une forte femme, en deuil, les cheveux retenus dans une ruche en mousseline froissée, vient ouvrir. C’est sa mère elle-même, Anna Liszt.  […] En pénétrant dans une espère de bureau ou de salon, on se heurte à des pianos : il y en a trois qui, s’adossant les uns aux autres, semblent de grands animaux antédiluviens au pacage. Le beau jeune homme pâle est à demi allongé sur un grand sofa de perse. Il fume une chibouque, au tuyau mince et interminable, le regard ailleurs, perdu dans un rêve. Il regarde l’adolescent longuement, fixement, comme s’il avait peine à se souvenir de lui. Enfin, il sourit d’un sourire lumineux, éclatant, et lui fait signe de s’asseoir près de lui.

« Avez-vous déjà aimé ? » demande-t-il.

L’adolescent rougit, il balbutie. Liszt s’excuse de son indiscrétion. Il a aimé, lui, une jeune fille au-dessus de sa condition, à qui il donnait des leçons. Un amour condamné, interdit par le père : « Nous avons beau posséder un certain génie, nous ne sommes pour eux que des valets, à peine au-dessus d’un valet d’écurie ». Il est inconsolable : il fume, il boit, il n’ouvre parfois pas l’un de ses pianos de la journée. […] « Mais qu’importent ces papillons noirs ! Il reste la musique. Venez, dit-il, reconquérant d’un coup toute son énergie, nous allons jouer, pour nous seuls ! […]

 

"J'ai un ami", se répète-t-il, de la rue Montholon à la rue des Blancs-Manteaux.

 

Pourtant, cette belle amitié ne résistera pas au rayonnement de Liszt qui attire dans son orbite tous les talents qui s’en approchent. Urhan, Berlioz, Mansart, Hiller, Armingaud, Franchomme, Kalkbrenner… 

« Je me suis pourtant éloigné, peu à peu, et contre ma volonté. Liszt renaissant n’avait plus besoin de moi. J’ai vécu douloureusement cette lente déchirure […]. Il était la lumière, j’étais son ombre. Il possédait en lui tant d’énergie que je me serais usé à le vouloir suivre. »

 

 

Extrait de La grande sonate, de Claude Schopp

 

 

 

 

 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 20:10

Charles-Henri-Valentin Morhange dit Alkan 

Charles-Valentin Morhange, dit Alkan (1813 - 1888)

 

Charles-Valentin Alkan 

 

Musicien français du 19ème siècle. Virtuose prodige. Compositeur. Génial, souvent, annonciateur d’autres musiques. Romantique, oui, mais dans la révérence des maîtres. Ami et ennemi de Liszt, partageant avec Chopin l’harmonieuse égalité de l’amitié. Inconnu pourtant. Méconnu.

Juif. Ecartelé entre les traditions des origines et la pensée moderne. Misogyne, d’avoir trop rêvé les femmes, peut-être. Misanthrope, d’avoir trop aimé les hommes, sans doute. Terré dans la plus profonde et la plus haute des solitudes.

Ce qu’il reste de sa vie ? Peu de choses. Quelques lettres, des documents officiels, des coupures de presse. Rien d’intime, en somme.   (Claude Schopp, La grande sonate)

     

 

 

 

 

 

 

   http://www.youtube.com/watch?v=JSIvV8OqNgU&feature=related

 

 

Son père dirigeait une école élémentaire réputée pour son enseignement musical (rue des Blancs-Manteaux à Paris). Second de six enfants. Il entre à 6 ans au conservatoire de Paris, où il étudie le piano avec Zimmermann. Il donne ses premiers concerts à 12 ans.

 

"Deux soirées musicales ont eu lieu dimanche et lundi dernier. La première, qui était donnée par le jeune Alkan, a eu lieu dans les salons de M. Pape, l'un de nos premiers fabricants de piano. On y a remarqué particulièrement un rondeau de concerto pour le piano, avec orchestre, composé et exécuté par le jeune bénéficiaire avec une énergie et un fini qui tiennent du prodige, si on considère son âge. Il y a de fort jolies choses dans son rondeau, et l'on ne se douterait nullement que c'est l'ouvrage d'un enfant."

Fétis, dans «La Revue musicale» (II, 2, 49), janvier 1828, p. 592

 

 

Il obtient le premier prix pour le piano en 1824, pour l'harmonie en 1827, pour l'orgue en 1834. De 1829 à 1836 il est répétiteur pour le solfège au Conservatoire.

 

A 24 ans il a la renommée d'être le meilleur pianiste français. Zimmerman l'introduit dans le monde parisien. Il devient l'ami de Victor Hugo, de Chopin, de Delacroix. Liszt l'admire. Son premier nocturne lui vaut le surnom de Berlioz du piano mais il fait aussi découvrir Bach au public parisien. Le tout Paris court ses rares concerts et ses cours privés de piano (il partage les élèves avec Chopin, avec de très hauts tarifs).

 

Au milieu des année 1830, il s'installe au n° 10 du très à la mode Square d'Orléans, non loin de Zimmermann, de Chopin, Marmontel, Joseph d'Ortigue. Le 3 mars 1838, Chopin participe à la création de la 7ème symphonie de Beethoven dans sa transcription à deux pianos à huit mains. 

 

En 1832, il obtient un second prix de Rome derrière Ambroise Thomas.

En 1838, après la publication de ses Trois Grandes Études Op. 76 il se retire de la vie publique (pour traduire la Bible ? qu'il rêvait de mettre intégralement en musique).

 

 

 

 

 http://www.youtube.com/watch?v=hZFAhgfc1Fc

 

 

En 1844 il reprend les concerts. Il espère succéder à Joseph Zimmermann au Conservatoire de Paris, mais c'est Marmontel qui obtient le poste.

 

Quand Chopin trop malade ne peut plus sortir, Alkan est parmi les fidèles qui le veillent. Delacroix, le grand ami de Chopin, note, dans son journal,  à plusieurs reprises sa présence. Chopin avait de la considération pour la pédagodie d'Alkan. D'après Marmontel, après la mort de Chopin, plusieurs de ses élèves prirent leurs leçons avec Alkan.

 

Il quitte de nouveau la vie publique après 1848 et y revient en 1855 avec la publication de ses Douze Études dans les tons mineurs Op. 39.

En 1873, il débute une série de petits concerts consacrés à des compositeurs oubliés ou négligés comme Rameau, Bach, Haydn, et Mozart, Beethoven.

Il serait mort écrasé par sa bibliothèque, et ajoute la légende, en y prenant le Talmud. Officiellement il s'agit d'un accident domestique sans plus de précision.

 

Son fils Eraïm Miriam dit Elie Delaborde (1839-1913) est concertiste et professeur de piano.

 

 

 

Elie-Delaborde-copie-1.jpg 

Elie Delaborde, son fils naturel (1839-1913)

 

 

 

On ne redécouvrira l'oeuvre d'Alkan qu'à la fin des années 1980. Ses compositions ont été longtemps méconnues et restent encore peu enregistrées. Elles sont pourtant extrêmement originales et personnelles et d’une extrême difficulté d’exécution.         

 

 

 http://www.musicologie.org/Biographies/alkan_c_v.html 

 

                           

 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 13:00


A l'occasion de la sortie actuelle du fim "La Rafle" de Rose Bosch, j'aimerais présenter ici le Quartier juif du Cimetière Powazki à Varsovie. La Pologne et sa capitale Varsovie ont payé un très lourd tribut à la folie meurtrière nazie...


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Monument érigé par Jack Eisner (1925-2003) en 1993 à la mémoire du million d'enfants juifs exterminés par les nazis.

Etudiant en musique au Conservatoire de Varsovie, Jack Eisner et sa famille furent enfermés dans le ghetto de Varsovie durant la seconde guerre mondiale. Plus de cent membres de sa famille -dont il fut le seul survivant- furent tués dans l'holocauste. Lui-même fut emprisonné et torturé dans trois camps de concentration. Libéré par les Alliés, il témoigna contre les nazis et aida le gouvernement américain à retrouver les criminels de guerre.



Mémorial de Jack Eisner au cimetière juif de Varsovie


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En 1980, Jack Eisner (né Jacek Zlatka) publia son autobiographie "Le Survivant", qui fut adapté au cinéma.



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                                                                                  Cénotaphe de Janusz Korczak


Janusz Korczak
(1878-1942),
de son vrai nom Henryk Goldszmit, était en Pologne l'une des personnalités scientifiques les plus en vue et les plus respectées dans le domaine de l'enfance. Il s'est laissé déporter au camp d’extermination de Treblinka avec les enfants du ghetto de Varsovie qu’il n’avait pas voulu abandonner (voir le film d'
Andrzej Wajda : Korczak, 1989).




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                                                                                                                                  photos et vidéo par Carmen Desor



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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 21:09



Richard Widmark 3


Je découvre aujourd'hui avec stupeur et beaucoup de tristesse que l'acteur qui m'avait passionnée durant toute ma jeunesse nous avait quittés il y a déjà deux ans (dans la plus grande indifférence des media français ?), le 24 mars 2008, à l'âge de 93 ans. J'avais toujours rêvé de le rencontrer. Il s'appelait Richard Widmark, il était l'un des plus grands acteurs d'Hollywood...

 


 



Il avait joué dans environ 75 films, et notamment  dans Le Carrefour de la mort,  les Forbans de la Nuit, le Port de la Drogue, Le Jardin du diable, l'Homme aux Colts d'or, Alamo, Okinawa, les Cheyennes, Panique dans la rue, la Lance brisée, la Toile d'Araignée, Coup de fouet en retour, Jugement à Nurembert, la Conquête de l'Ouest, les Drakkars, Police sur la ville (Madigan)...


 


Hommage à Richard Widmark


J'ai trouvé cette "music video" par ChesterVoumette très originale et dynamique...






Richard Widmark 2



AU REVOIR, ET........ CHAPEAU, MONSIEUR WIDMARK !




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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 22:04


Je voudrais attirer l'attention des amis des animaux sur le Refuge de Filémon à Amiens. Actif, dynamique, ce refuge ne pratique pas l'euthanasie et sauve énormément d'animaux abandonnés ou promis à une mort certaine dans d'autres refuges ou spa en surnombre.

 

Au cours d'un des nombreux co-voiturages, des chiens en provenance d'autres refuges sont transférés au refuge de Filémon...


DSCF2759

Copie de DSCF2764

























Copie de DSCF2765


Si le refuge de Filémon ne les avait pas acceptés, ces quatre chiens en provenance de Belgique devaient être euthanasiés... A l'arrivée à Amiens, une autre vie les attend, et l'espoir de trouver une famille aimante.

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Chiens (grands et petits - ceux-ci se trouvent dans la maison), chats, mais aussi rongeurs, cochons nains, poney, chèvres, volatiles... s'y côtoient en parfaite harmonie. A Filémon, on respecte  l'animal et ses besoins fondamentaux.

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La particularité de ce refuge : les chiens sont en liberté, et Adeline, la responsable, vit avec eux et sait parfaitement "gérer sa meute". Elle connaît donc précisèment le comportement de ses protégés et peut conseiller judicieusement les futurs adoptants pour des adoptions réussies.

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                                                                   même pas peur...


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                 Anne, bénévole, et Adeline, la responsable du refuge

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De la tendresse, beaucoup... beaucoup !

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Si vous voulez aider le refuge de Filémon, offrez lui un peu de votre temps, votre adhésion, vos dons, de la nourriture, des couvertures... Tout geste et toute bonne volonté seront les bienvenus. 
Et surtout.... Venez les adopter !

http://lerefugedefilemon.e-monsite.com

 

http://lerefugedefilemon.forumactif.com


Refuge de Filémon
Maison Blanche
Route d'Allonville
80080 Amiens

Tél : 06.47.40.92.90 et 03.22.48.60.20

Contact: refugefilemon@orange.fr



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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 22:43

Au 17ème siècle, une église et un convent furent construits pour les nonnes françaises amenées en Pologne par Maria Ludwika Gonzaga. La façade baroque de l'église est ornée de splendides sculptures de Jan Jerzy Plersch, qui créa également plusieurs éléments de la décoration intérieure rococo, dont la chaire en forme de bateau.

502 Varsovie Les Visitandines 31bis

475 Varsovie Les Visitandines 04

485 Varsovie Les Visitandines 14























Nulle part ailleurs mieux qu'ici je n'ai ressenti aussi fortement la présence de Chopin.  Il y joua de l'orgue le dimanche en 1825 et 1826.  "On m'a nommé organiste du Lycée. [...] Ah ! Monseigneur, quel chef je suis devenu ! Le premier personnage après Monsieur le Curé ! Je tiens l'orgue tous les dimanches chez les Visitandines et les autres chantent." (lettre à Jean Bialoblocki, novembre 1825)


501 Varsovie Les Visitandines 31

584 Varsovie Les Visitandines 129

508 Varsovie Les Visitandines 39

                                                  Varsovie : Eglise des Visitandines,intérieur (choeur, voûte)


                                                           Varsovie : Eglise des Visitandines, intérieur (l'orgue)


Préservé jusqu'à ce jour, l'orgue historique sur lequel Chopin jouait...

566 Varsovie Les Visitandines 106
572 Varsovie Les Visitandines 112


                                                                   Varsovie : Eglise des Visitandines, l'orgue


                                                                        Varsovie : Eglise des Visitandines, messe 


                                                                                                                                       Photos et videos par Carmen Desor


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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 21:26



En réponse aux questions de Frania Wisniewska (voir Chopin : Bio01 - commentaires), voici quelques précisions sur l'historique du "parcours" du coeur de Chopin (voir aussi les articles précédents), les deux dates de naissance du compositeur -l'une officielle, l'autre officieuse, et la question toujours posée de la véritable nationalité de ce "citoyen du monde". N'hésitez pas à apporter des précisions supplémentaires...


En ce qui concerne le cœur de Chopin :

L’urne qui le contenait fut emporté par Ludwika lorsqu’elle quitta Paris avec sa fille le 02 janvier 1850, ainsi que la cassette qui contenait les lettres de George Sand. Pour passer la douane russe à Mislowicz, Ludwika dissimula l’urne sous sa robe. A son retour à Varsovie, le cœur resta un certain temps dans la maison familiale, car son dépôt dans les Catacombes présentait certaines difficultés. Grâce à l’intervention de l’évêque Deckert –ancien pensionnaire de Nicolas Chopin, et la protection particulière de presque tous les représentants du clergé,  le cœur put enfin être déposé dans les Catacombes. L’urne fut placée dans un beau coffre d’ébène sur lequel était peint un cœur en argent avec une inscription appropriée. Puis, ce coffre hermétiquement fermé fut placé dans un coffre plus grand en chêne qui fut alors scellé et déposé dans les Catacombes.

Après des années de démarches, en 1878, Antoni Jedrzejewicz, fils de Ludwika et neveu de Chopin, obtint que le cœur du compositeur fut transféré de la crypte de l’église à la nef, à condition qu’il n’y ait pas de cérémonie officielle (autorités russes obligent… Chopin représentait toujours une force subversive !). « Effectivement, cela se passa le soir, dans le silence, en présence de quelques personnes à peine (…). Quand l’ouverture du pilier où avait été déposée l’urne fut murée, une pensée s’imposa à la famille, il faudrait élever un monument à cet endroit. Cela se concrétisa par un très beau monument composé par Marconi, exécuté par Andrzej Pruszynski ».

 

Ludwika, décédée en 1855, ne put donc pas assister au dépôt du cœur de son frère dans le pilier.

 

Le cœur fut ensuite provisoirement déplacé en août 44 pour échapper aux bombardements, remis à l’archevêque de Varsovie, transféré à Zelazowa Wola puis enfin, replacé dans la nef de l’église Ste Croix lors d’une cérémonie officielle en 1945.


Pourquoi la date du 22 février, reconnue pourtant comme étant erronée, figure-t-elle encore et toujours sur tant de plaques et de monuments ? 
 Chopin est bien né le 1er mars 1810, on ne peut contester les témoignages de Chopin lui-même, de sa mère et de ses proches. Malheureusement, c’est bien la date du 22 février qui est gravée sur de nombreux monuments et plaques commémoratives en Pologne et en France, et qui est reprise par de nombreux biographes. Pourquoi ? Parce que c’est la date officielle indiquée par les registres paroissiaux découverts en 1893 à Brochow. Mais il y a également eu confusion par le passé sur l’année de naissance. En effet, Izabela Chopin et Julien Fontana tenait 1809 pour la date de naissance de Chopin, ce qui fut repris par de nombreux biographes du 19ème siècle. Chopin lui-même, dans sa prime jeunesse, ne retenait jamais son âge, d’autant que ses parents le vieillissaient toujours d’une année lorsque l’enfant donnait une prestation publique...

 

En ce qui concerne la nationalité de Chopin, elle prête là encore à confusion. D’un point de vue purement juridique, Chopin serait français. En effet, selon le Code Napoléon de 1804 en vigueur à l’époque, et applicable à Chopin, seule l’acquisition de la nationalité par le sang comptait (celle par le sol ne s’appliquera qu’à partir de 1945). Article 10 du code civil : « Tout enfant né d’un français à l’étranger est français ».  Cette nationalité française sera également authentifiée sur le passeport qui est délivré à Chopin par les autorités françaises le 07 juillet 1837. Cependant, trois autres articles du Code Civil frappaient le père de Frédéric Chopin et lui ôtaient sa qualité de Français (les articles 17, 18 et 21) : il avait pris du service militaire à l’étranger sans autorisation du Roi (il s’était engagé dans la Garde Nationale) et accepté des fonctions publiques conférées par un Gouvernement étranger (il fut professeur au Lycée, à l’Ecole d’Artillerie et du Génie, à l’Ecole Militaire préparatoire). Chopin était donc né d’un français qui aurait perdu sa nationalité française. D’où la confusion, d’où la revendication de la Pologne comme de la France à « s’approprier » Chopin... Alors, quelle est donc véritablement la nationalité de Frédéric Chopin ?


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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 21:07


Si Frédéric joua dès l'âge de huit ans devant toute l'aristocratie polonaise, puis plus tard devant l'aristocratie française et les plus grands esprits de l'époque, s'il fut très tôt habitué aux fastes des salons et des réceptions -à tel point qu'il avait une peur panique de la misère, ses origines pourtant furent des plus modestes. Sa mère était une parente pauvre des Comtes Skarbek.  Quant à son père, il était français et fils d'un charron lorrain.


                                      Maison de Marainville-copie-1

 

C'est ici, dans cette modeste masure, que grandit Nicolas, le père de Frédéric. Après avoir été transformée en hangar agricole, la maison des Chopin a été détruite en 1984. Pourquoi si peu d'intérêt de la part des habitants de Marainville pour cet héritage d'une si grande valeur symbolique ? Pourquoi ne pas l'avoir rénovée et transformée en musée pour les générations futures ? C'est une perte inestimable que cette maison qui aurait dû susciter une fierté légitime dans ce village...


Chopin -au nom ô combien illustre et vénéré- aurait pu tout aussi bien s'appeler Frédéric CHAPIN... C'est en effet ainsi que s'appelaient ses aïeux qui habitaient, dans le Dauphiné, un hameau dit "Les Chapins".
En 1705, François Chapin se fixe à Xirocourt, en Lorraine où il tissera le chanvre. Sous l'effet de l'accent, le nom de "Chapin" se transformera bientôt en "Chopin". François aura quatre enfants : Claude, François, Dominique et Nicolas (arrière-grand-père de Frédéric). Ce dernier se marie en 1738 et aura François (le grand-père de Frédéric), Dominique, Claude et Jean-François, puis d'autres enfants (Thérèse, puis cinq frères et soeurs) avec sa seconde femme. Il vend des oeufs et des volailles dans la région de Mirecourt.

 

Sur les indications de M. Combe, je vous informe à visiter la page suivante : http://pays-guillestrin.wifeo.com/telechargement.php puis "communes/dépliants" puis "St Crépin : Chapin et Chopin"

 

Son aîné François (le grand-père de Frédéric) s'établit comme charron et se marie en 1769 avec Marguerite Deflin qui possède quelques terres à Marainville-sur-Madon, gros village lorrain entre la colline de Sion et la ville de Charmes. C'est là qu'ils s'installent, en haut de la rue de l'Atre, face à la cure de l'abbé Jacques Noël. C'est aussi là que naîtront Nicolas, le père de Frédéric, et ses deux soeurs Anne et Marguerite.

Le personnage de Nicolas Chopin, ses choix, sa destinée, furent déterminants pour la naissance et le devenir de son fils Frédéric. Sa jeunesse française et son établissement en Pologne pourraient à eux seuls faire l'objet d'un film, presque autant que la vie de son illustre fils. 

                                                                                                                            A suivre...

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