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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 22:57









A partir du tableau de Miroszewski et de plusieurs documents graphologiques, le psychologue André Rabs a tracé à la demande de Marise Querlin, auteur de Chopin, explication d’un mythe, la « silhouette caractérielle » de Chopin :

 

« Déductif plus qu’intuitif en dépit des apparences. Très forte fixation au passé. Sociabilité élective. Volonté très forte, pouvant aller jusqu’au despotisme. Plan instinctif très développé, mais n’allant que jusqu’au plan affectif. La spiritualité n’apparaît qu’à la fin de l’existence. Imagination précise et concise. Paradoxalement, le sens artistique n’apparaît absolument pas dans le graphisme : ce sens est chez Chopin en surcharge, comme un dédoublement de la personnalité. Cette écriture se rapproche étonnamment de celle de Pascal. Comme la sienne, elle dénote, notamment par la lettre f qui n’est plus qu’une barre, une sorte de stérilité, la brûlure intérieure qui signe les névropathes. Sur la fin de la vie se montre un besoin d’ouverture, d’extériorisation, alors que, dans la première partie, se montre une réserve, une contention excessive. S’il n’était mort si tôt, le scripteur aurait réalisé quelque chose de très étrange sur le plan métaphysique. Il a essayé de s’y raccrocher sans y parvenir. Sur sa fin, une agressivité terrible se manifeste et il devient extrêmement dur : il happe comme un hameçon. Cette graphologie implique également qu’il doit souffrir des yeux et qu’il fut comme une boule de feu, transfigurant l’intérieur mais dévastant tout sur son passage ».

 

Comme beaucoup de grands nerveux, Chopin bénéficie d’une étonnante faculté de distraire son chagrin. Sa sensibilité très vive lui fait ressentir tous les chocs affectifs avec une grande violence, mais il les « encaisse », au double sens du terme : d’abord, il n’en accuse pas immédiatement le contrecoup ; ensuite, il les met en jachère, comme en réserve. Ils resserviront, souvent apaisés par le temps, ou bien, au contraire, exaltés par l’éloignement. Avec Chopin, rien n’est jamais perdu. Mais ses réactions sont lentes. Toujours, il prend le temps de « digérer » -qu’il s’agisse d’une peine, d’un événement grave, ou d’une simple nouvelle.



Portait à l'huile de Frédéric Chopin, par Ambrosy Miroszewski, 1829

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : portrait de l'homme
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