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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 09:03

 

"Les eaux ferrugineuses que les curistes absorbaient tout au long de la journée, associées à des douches chaudes et à une cure de petit-lait, constituaient le traitement de base qui durait cinq semaines et était censé guérir les affections pulmonaires." (M.P. Rambeau)

 

 

Bad Reinerz lettre à Kolberg

 

 

Dans sa lettre à Wilhem Kolberg du 18 août 1826 (voir ci-dessus), Chopin décrit les rituels de la cure et son emploi du temps :

 

"Le matin au plus tard à 6 heures, tous les curistes se réunissent autour de la source. Un orchestre d'instruments à vent formé par quelques caricatures en tous genres (...), ce mauvais orchestre joue tandis que les Kur-Gaeste se promènent lentement. Ha ! que voilà une belle redoute ou plutôt une mascarade, car, bien que ces baigneurs ne portent pas de masques, beaucoup d'entre eux s'abusent les uns les autres et certains se laisseraient pendre s'il était de bonne compagnie de le faire. Cette promenade se fait dans une charmante allée  reliant l'Anstalt à la ville. Elle dure plus ou moins selon le nombre de verres qu'il faut absorber et en général se prolonge jusqu'à huit heures du matin. Après, chacun rentre chez soi pour déjeuner. Le plus souvent, je me promène ensuite. Je marche jusqu'à midi, moment où l'on dîne pour se rendre immédiatement après à la source. Après midi, plus grande mascarade encore que le matin car chacun s'est paré et se montre dans un autre costume. De nouveau, la musique sévit et l'on se promène jusqu'au soir. Comme je ne bois que deux verres de Laubrunnn pendant l'après-midi, je rentre alors aussitôt pour la collation. Bientôt après, je me couche."

 

Bad Reinerz Panorama

 

Certaines promenades  lui sont interdites, en raison de son état de santé, comme par exemple le célèbre mont Szczeliniec Wielki (qu'il nomme dans ses lettres le Heuscheuer). Il espère se rendre sur le Hohemenze, c'est à dire le fameux sommet d'Orlica.

Par contre, nous savons qu'il est allé sur une montagne appelée Einsiedelei, où se trouve un ermitage. Celui-ci se situait près de la chapelle votive de la Trinité, construite au-dessus de la ville sur le Mont Rozalii après l'épidémie de 1680.

 

Duszniki l'ermitage 1833

 

On suppose, d'après les récits de Ludwika, qu'il visita également le moulin classé à la limite de la ville, qui était une manufacture de papier.

 

  

 

C'est naturellement le premier concert public à l'étranger du jeune homme de seize ans qui fut le plus largement commenté aux Bains, où trois ans plus tôt, s'était produit le jeune Mendelssohn âgé de 14 ans. Le but en était la bienfaisance, bien que les circonstances n'en soient pas claires. Le "Courrier de Varsovie" n° 22 d'août 1826 écrit :

Un jeune artiste polonais, Fryderyk Chopin,  sur l'ordre des docteurs de Varsovie, séjourne à Reinertz depuis quelques temps pour rétablir sa santé. Alors que plusieurs enfants se sont retrouvés orphelins après la mort de leur père, venu en cure, M. Chopin, encouragé par une personne qui connaît son talent, a donné deux concerts à leur bénéfice, qui lui ont valu beaucoup d'éloges et ont procuré à ces malheureux un grand soutien. Cet adolescent s'est fait entendre maintes fois à Varsovie, et, chaque fois, il a suscité l'admiration que mérite au plus haut point son talent.

 

Il existe aussi une version plus romantique, qui fut publiée en 1892 dans les "Echos musicaux" : l'orpheline à laquelle Chopin vint en aide par sa musique était la belle Libusza, qui ne lui était pas indifférente, qui distribuait de l'eau aux curistes des Bains et dont le père, un ouvrier, était mort au sanatorium. Le hic est que, pendant le séjour de Chopin, aucun curiste ne mourut ni aucun ouvrier, mais... le maître drapier Joseph Schoor, laissant orphelin quatre petits enfants (Sur les pas de Chopin, Bosz)

 

On sait avec certitude que le concert du 16 aoùt 1826  fut donné dans la Salle du Théâtre des Bains, un bâtiment élevé vers 1810 où se concentrait la vie culturelle du centre de cure. Le plus grand problème pour le musicien perfectionniste était l'absence d'un bon piano...

 

 

Duszniki Théâtre 1897

 

 Vue du Théâtre en 1897 (le monument de Chopin que l'on voit à droite date également de 1897)

 

 

Dans sa lettre à Chopin du 19 août 1826, son ancien professeur Zywny, qui lui avait conseillé de donner un concert, le félicite : "Je désire de tout mon coeur vous embrasser bientôt en parfaite santé. Je vous baise cordialement et suis avec véritable amour et considération votre fidèle ami."

 

 

 

Duszniki théâtre

 

 Vue plus récente du Théâtre

 

 

Chopin et sa mère quittèrent Reinerz le 11 septembre 1826.

 

 

Bad Reinerz facture Mme Chopin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Facture à Mme Chopin

 

 

Chopin a meilleure mine, il aurait même grossi, "ce qui devrait me rendre paresseux", dit-il !

 

Sa petite soeur Emilia, elle, s'éteignit quelques mois plus tard, le 10 avril 1827. Sur sa pierre tombale, on peut encore lire : "Emilia Chopin a disparu au quatorzième printemps de sa vie, comme une fleur dans laquelle s'épanouissait le bel espoir du fruit".  Pour Frédéric, ce deuil très douloureux marqua la fin de l'adolescence et de l'insouciance.

 

 

 

Source :

Sur les pas de Chopin, Bosz

Chopin, l'enchanteur autoritaire, Marie-Paule Rambeau, l'Harmattan

 

 

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 20:38

 

Bad Reinerz

 

(Photo Carmen Desor)

 

La raison de ce départ pour les eaux de Bad Reinerz était évidente : la santé de Frédéric et de sa soeur Emilia, dont l'état pulmonaire était alarmant. Tous deux devaient reprendre des forces à Reinerz sur la frontière polono-tchèque (qui reprendra plus tard son nom polonais de Duszniki Zdroj), là où un an plus tôt avait séjourné Jozef Elsner, et qui avait été proclamé  en 1825 meilleures eaux allemandes.

 

Duszniki

 

Duszniki pavillon 2è moitié 19è 

 

Il fut décidé qu'Izabela resterait avec son père à Varsovie, tandis que Ludwika partit le 27 juin 1826 avec Fryderyk Skarbek, sa femme et leur fils Jozef. Emilia et la Comtesse Skarbek quittèrent Varsovie le 15 juillet, Frédéric et sa mère le 28 juillet via Kalisz et Wroclaw pour arriver le 3 août. La famille était descendue à la Maison Bürgel, une pension de famille moderne et confortable qui offrait le gîte et le couvert, et dont les horaires des repas étaient adaptés au rythme des curistes.

 

 

Duszniki lamaison Bürgel

 

La Maison Bürgel, litographie fin du 19ème siècle

 

 

Frédéric, alors âgé de seize ans, suit les rites de la cure, qui consistent à se promener jusqu'aux sources et à boire plusieurs verres d'eau à la suite avec du petit-lait de chèvre et des herbes. L'eau thermale a un goût d'encre que Frédéric fait passer en avalant du pain d'épices. Les journées commencent à six heures, les promenades sont accompagnées par un orchestre à vents qu'il juge mauvais. Il observe la "mascarade' des curistes, snobs, qui se parent et changent plusieurs fois de costume, et dont le ridicule ne lui échappe pas. Dans la pension où familles allemandes et polonaises se côtoyent, il participe à tous les jeux de société. Mais il se plaint de ne disposer d'aucun bon piano. "Ce sont des instruments qui me font plus de peine que de plaisir..."

 

 

Duszniki clients du spa fin 19è

 

 Clients dans le parc du spa, fin 19ème siècle

 

 

 

                                                                                                                                                                                à suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 16:50

 

Dans l'attente de leurs retrouvailles, la vie parisienne de Chopin s'écoule entre les soirées avec Liszt, Marie d'Agoult et George Sand, ses amis proches (Grzymala, Matuszynski... ) et de grandes personnalités : Custine, Pixis, Nourrit, Eugène Sue..., et le cercle des émigrés polonais.

 

"La pensée de Maria, la lointaine bien-aimée de Sluzewo, rayonnait de tous ses feux chaque fois qu'une lettre venait l'assurer qu'elle comptait, comme lui, les mois qui les séparaient de leurs retrouvailles, "mai ou juin au plus tard. Ah! si cela pouvait être plus tôt ! * ". Il envoya un Pleyel, un luxueux keepsake, une moisson d'autographes. S'il rêvait d'une existence nouvelle, il n'en retrouvait pas moins avec délices le temps de "l'amour de loin", cet idéal courtois chanté par le troubadour Bertrand de Born, où le désir, sublimé par l'absence et le secret, se nourrit de l'image désincarnée de l'objet aimé. Konstancja puis Maria donnèrent à Chopin la conviction que l'amour parfait se passait fort bien de la réalisation sexuelle et, plus grave, qu'il pouvait être compromis par "certains faits". "

 

Cependant, Teresa Wodzińska était informée de la vie trépidante de Chopin à Paris, malgré les promesses et les mensonges de celui-ci sur sa vie désormais sage et rangée pour préserver sa santé fragile. Fragilité qui était le premier pretexte de Mme Wodzińska pour une rupture des fiançailles en cas de besoin...

"A la même date, le Journal de Jozef Brzowski révèle au contraire une activité épuisante qui enchaîne, certains jours, cinq ou six heures d'enseignement, des relations amicales où il dépense sans compter les trésors de son inspiration, les plaisirs des bonnes tables parisiennes et les inévitables soirées dans le monde prolongées jusqu'aux premières heures du jour."  Ceci éclaire "un aspect de la personnalité de Chopin qu'on a négligé dans la mesure où il détonnait dans la typologie du névropathe qui vivait en s'économisant qu'on a voulu privilégier. Chez ce nerveux sensitif, les sollicitations du plaisir trouvaient au contraire un terrain favorable. En un mot, au banquet de la vie,  Chopin était en ce temps-là un joyeux convive."

"On  estimait volontiers du côté de Leipzig que la vie parisienne dispersée détournait Chopin de la composition et qu'il y perdait son temps. C'était le sentiment de Friedrich Wieck et, plus étonnant, celui de Schumann : "Il est triste que depuis sept ans qu'il est à Paris, il n'ait presque rien fait." "

 

En hiver 1837, Chopin est atteint par l'épidémie de grippe et ne prend pas le temps de se soigner. Dès lors, il tousse et porte sans cesse son mouchoir à la bouche, faisant dire à Marie d'Agoult qu'il toussait "avec un grâce infinie".

 

Entretemps, Antoni Wodziński, qui s'était engagé dans la légion polonaise partie combattre en Espagne, avait été blessé et réclamait de l'argent pour rentrer en France. "Les mésaventures de l'enfant terrible de la famille avaient jeté "l'heure grise" aux oubliettes." Ayant reçu de Chopin un cahier de musique, "elle l'en remercia par un petit mot en français, d'une politesse endimanchée dont tous les termes dénotaient une prise de congé officielle. Le coup dut être à la mesure de la surprise. Sans aucune explication, il se voyait éconduit froidement par celle qu'il considérait comme sa future femme."

 

Les raisons de ce refus des Wodziński de donner Maria en mariage à Chopin :

- les préjugés nobiliaires ?

- la situation politique des Wodzinski ?

- le refus des parents de se séparer de leur fille, encore si jeune,

   et qui serait contrainte de venir vivre à Paris ?

   C'est cette raison que privilégiera la soeur de Maria.

 

Comment a réagi Chopin ?

 

"S'il accusa très mal le coup, blessé dans son amour et dans sa fierté, il ne se répandit pas en confidences sur cet échec mortifiant. Ce n'est que quelques années plus tard qu'il dira des Wodziński : "Quels gens légers, peu scrupuleux et sans coeur !". Mais Custine qui avait été témoin de la discrète idylle à Marienbad et à Dresde ne put s'y tromper. Il comprit dans quel processus dépressif Chopin s'engageait et il tenta de l'épauler dans cette mauvaise passe."

 

Chopin attendit une lettre de Teresa Wodzińska confirmant la rupture, n'acceptant de s'éloigner de Paris qu'une dizaine de jours pour accompagner Pleyel à Londres, du 10 au 28 juillet 1837. A son retour, "dans une dernière lettre à Mme Wodzińska, il donna des nouvelles d'Antoni, tout à fait remis de sa blessure, et glissa une discrète allusion à sa disponibilité : "Je suis rentré chez moi, la saison s'attarde et s'attardera complètement pour moi dans ma chambre (...). Je rappelle son frère à Mademoiselle Maria." Mais "Mademoiselle Maria" resta sourde à l'invite. Il fit un paquet des lettres de la famille qui s'était jouée de lui avec tant de désinvolture et il inscrivit sur l'enveloppe "Moja bieda" (Mon malheur). L'écriture énergique, le paraphe ascendant, rageur, affichent la volonté de classer l'affaire. Mais il tint à conserver toute sa vie dans son secrétaire la trace écrite de ce cuisant échec. "

 

 

mojabiedai

 

 

 

 

Maria Wodzinska "épousa -d'ailleurs en 1841 seulement - le fils du Comte Frédéric Skarbek, Joseph, riche certes, mais déshérité physiquement et intellectuellement. Mariage malheureux qui fut cassé à Rome. Dans la suite, Maria se remaria avec un certain M. Orpiszewski qui mourut tuberculeux ainsi que le fils issu de cette union." (note de Bronilas Edouard Sydow, dans la Correspondance de Chopin)

 

 

Maria Wodzinska

 

                                   Maria Wodzinska

 

 

 

* lettre de Maria à Chopin du 15 septembre 1836.

 

 

Source : Chopin, l'enchanteur autoritaire, par Marie-Paule Rambeau, Ed. L'Harmattan

 

 

 

 

 

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 12:07

 

Nicolas Chopin mit en garde son fils contre Antoine Wodziński, qui fut jadis son élève.

 

"L'aîné des Wodziński était un panier percé qui ne savait trop quoi faire de son oisiveté.  Ayant participé à l'Insurrection, il était interdit de séjour en Pologne et voyageait d'un pays à l'autre, toujours à court d'argent. Chopin connaissait bien son caractère faible et insouciant, mais il lui était très attaché : il l'accueillit à bras ouverts, lui servit de cicerone et lui prêta de l'argent, à fonds perdus. Dès qu'il s'agissait de ses compatriotes, il donnait sans compter de ses deniers comme de sa personne, considérant cet engagement comme un devoir moral. (...)".

 

Ce ne fut pas à Dresde, mais à Marienbad, que Chopin retrouva Maria l'été suivant.

 

"Madame Wodzińska devait y passer une partie de l'été en compagnie des ses filles, Maria et Jozefa. Chopin quitta Paris le 19 juillet. Neuf jours plus tard, il était en Bohême.

Il s'installa pour quatre semaines dans le même hôtel que Madame Wodzińska, 'Au Cygne blanc'."

 

Pendant cette période, Chopin maigrissait et sa toux s'aggravait. Madame Wodzińska insistait pour qu'il se soignât. C'est aussi durant ce séjour qu'il posa devant Maria pour un portrait à l'aquarelle de très grande qualité artistique (voir article précédent).

 

"Maria voyait Chopin en mi mineur. (...) Lui la décrivit en fa mineur : ils décidèrent que la deuxième Etude du futur opus 25 serait le portrait de Maryna. (...) Au bout de quatre semaines de flirt très comme il faut, il parla de mariage. Maria était très ingénue. Elle avait reçu une éducation trop conformiste pour ne pas s'ouvrir à sa mère d'un projet qui engageait toute sa vie. En l'absence de son mari, Madame Wodzińska accueillit favorablement une demande en mariage sans surprise et flatteuse car elle était très sensible à la célébrité européenne du compositeur. Mais elle imposa le secret absolu tant qu'elle n'avait pas obtenu l'assentiment du père de Maria. Entre eux trois, ils usèrent désormais d'un mot de passe : l'amour des jeunes gens fut nommé 'Szara godzina' (l'heure grise). Etrange cryptogramme pour une jeune idylle et de bien fâcheux augure. (...)

 

Le 24 août, Mme Wodzińska et ses filles regagnèrent Dresde. Chopin les accompagna et passa encore une dizaine de jours en Saxe. Pour respecter les convenances, il était descendu à l'Hôtel de Berlin, mais il passait le plus clair de ses journées dans l'appartement de la Rampische straBe. (...) La demande en mariage resta donc officieuse et, peut-être pour surseoir à un engagement qu'elle avait pris seule, Mme Wodzińska en suspendit la réalisation à la santé de Chopin. Elle l'obligea à consulter leur médecin, le docteur Paris qui conseilla un régime adapté à un rentier valétudinaire : boire de l'eau de gomme, se coucher à onze heures, porter des chaussettes chaudes et des pantoufles. Maria en broda une paire pour son maestro, trop grandes, mais 'le docteur Paris me console en me disant que c'est bien pour vous, car vous devez porter en hiver des bas de laine bien chauds'. Le thème des pantoufles, qui allait traîner dans leur correspondance pendant des mois, n'était pas seulement caricatural, il trahissait une complète ignorance de la vie d'un artiste à Paris et des choix qu'avait faits Chopin. Il promit tout ce qu'on voulait puisque c'était un temps d'épreuve imposé...

Quand il quitta Dresde le 10 septembre, il se considérait comme fiancé à Maria Wodzińska."

 

 

 

 

Source : "Chopin, l'enchanteur autoritaire" par Marie-Paule Rambeau (Ed. l'Harmattan)

 

 

 

 

 

 

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 20:34

 

Dans cette séparation de Dresde chargée d'émotion, Chopin a cherché à écarter la tristesse, ou à la surmonter, au profit d'une volonté de sérénité. Il laisse d'ailleurs un feuillet à Marie, avec ces deux seuls mots écrits de sa main, en français : "Soyez heureuse". Pour lui, cette séparation n'est pas dramatique. C'est Maria qui est la première à la dramatiser. Et Frédéric parti, c'est la Valse qu'il a laissée qui va symboliser sa présence.

 

"Il paraît que Frédéric a laissé une valse pour l'Album de Marie. Qu'elle la garde et la conserve comme une relique et qu'elle ne la laisse copier par personne pour que cette valse ne se popularise pas." (Antoine Wodziński)

 

 

Chopin par Maria Wodzinska

 

Portrait de Chopin par Maria Wodzinska. Cette aquarelle date du séjour de Chopin à Marianské Lazné (Marienbad) en août 1936 

 

 

Pendant quelque temps, Antoine Wodziński , chaleureusement recommandé par sa soeur à Frédéric, va servir de trait d'union entre les deux jeunes gens. A travers Antoine, c'est un peu Maria que voit Chopin, de retour à Paris. Antoine et Frédéric vont se voir tous les jours qui suivent. Dans l'appartement de Chopin, rue de la Chaussée-d'Antin, à l'Opéra, au Théâtre des Italiens... En conclusion de la première lettre d'Antoine à sa famille, Frédéric ajoute : "N'oublie pas de leur écrire que je les aime tous terriblement, oui, vraiment terriblement".

 

Naît très vite l'idée d'un nouveau voyage à Dresde pour l'année suivante, 1836.

 

Mais son état de santé s'est dégradé. Il est tombé malade lors du voyage de retour, en septembre-octobre 1835, et a dû être soigné à Heidelberg. Fin décembre, le bruit a couru à Varsovie qu'il était mort. Nicolas Chopin comprend bien qu'avec ce double handicap, sa pauvreté et sa toux, Frédéric aura bien du mal à se faire admettre définitivement dans cette puissante famille.

Mais si les Wodziński n'oublient pas leur cher Frycek, ils le considèrent avant tout comme l'ange gardien de leur fils prodigue Antoine. Tel est le sens de la lettre émouvante que Maria adresse à Chopin le 6 février 1836.

 

 

                                                                                                                 à suivre...

 

 

 

Source : "Aimer Chopin", par Pierre Brunel, PUF

 

 

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 21:14

 

Le retour de Chopin en Pologne n'est plus possible. Il a refusé de demander le renouvellement de son passeport à l'ambassade russe. Et de toute façon, il est trop lié avec les émigrés polonais de Paris pour ne pas être en danger dans son propre pays. Revoir sa famille ne peut se faire qu'à l'extérieur de la Pologne désormais. C'est ainsi que le 15 août 1835, il rejoint ses parents en cure à Carlsbad et passe trois semaines en leur compagnie.

Après leur départ, le 14 septembre, il se rend à Dresde pour y retrouver les Wodziński. Frédéric avait été l'ami d'enfance des trois garçons -Antoine, Félix et Casimir - pensionnaires chez les Chopin au Palais Casimir de Varsovie, ainsi que de la fille aîné Maria, de neuf ans sa cadette. Celle-ci est devenue une jeune fille passionnée de musique, parlant et écrivant le français couramment, dessinant des portraits avec beaucoup de talent, et jouant du piano (elle a déjà pris des leçons avec John Field). Chopin va lui faire travailler certaines de ses Etudes et lui joue quelques-unes de ses Valses.

  

Maria Wodzinska autoportrait

 

Maria Wodzinska, autoportrait

 

 

Il reste près de deux semaines auprès des Wodziński, passant de longs moments dans leur appartement de la Rampische Strasse et rentrant le soir dans son hôtel, Stadt Gotha. Le père, Wincenty Wodziński , est un aristocrate polonais propriétaire de nombreux domaines. La mère, Teresa Wodzińska, considère Frédéric comme le quatrième fils de la famille. Maria le nomme Frycek- diminutif polonais de Fryderyk -  et regrette qu'il ne s'appelle pas Chopinski "ou enfin, qu'il n'y ait pas d'autre marque que vous êtes polonais, car de cette manière les Français ne pourraient nous disputer la gloire d'être vos compatriotes", lui écrit-elle.

 

Maria, qu'on appelle Maryna dans l'intimité, a seize ans. Elle n'est pas vraiment belle, mais Slowacki s'était déjà épris d'elle l'année précédente : "pas belle et cependant assez agréable et ayant une multitude de talents".

Il est bientôt évident que Maria inspire à Chopin un intérêt particulier. Ludwika Linde, qui les vit ensemble, ne s'y trompe pas : "Maria  Wodzińska a attrapé son petit coeur"...

 

Attendu à Leipzig, Frédéric quitte -provisoirement -  les Wodziński le  26 septembre, offrant à Maria une Valse composée pour elle - la Valse en la bémol majeur, "pour Mlle Marie".

 

 

 

                                                                                  à suivre

 

 

 

Source :

Aimer Chopin, par Pierre Brunel, PUF

Chopin, l'enchanteur autoritaire, par Marie-Paule Rambeau, Ed.L'Harmattan

 

  

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 22:47

 

Bien que cette image va sans doute déclencher la polémique, je me permets toutefois de relayer l'information toute récente - diffusée par des sources très sérieuses -  afin de la porter à la connaissance des personnes intéressées par Chopin qui pourront ainsi se faire leur propre opinion. Je reproduis donc ci-dessous l'article publié (entre autres) par La Tribune de Genève. Tous vos commentaires seront les bienvenus.  C.D.

 

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Une photographie originale, plus précisément un daguerréotype, du compositeur Chopin sur son lit de mort a été découverte. Toutes les autres images connues du compositeur sont des reproductions.


Chopin sur son lit de mort photo

 


ATS / AFP | 11.03.2011 | 08:53

Un collectionneur polonais a acquis un daguerréotype représentant le compositeur Frédéric Chopin sur son lit de mort en 1849. «c’est le seul daguerréotype de Chopin qu’on connaisse. Toutes les autres images connues du compositeur sont des reproductions», a-t-il assuré jeudi.

«Tout indique qu’il s’agit d’un exemplaire authentique», a précisé Wladyslaw Zuchowski, qui possède une galerie de photos et une collection de plusieurs centaines de daguerréotypes à Gdansk. Le collectionneur a trouvé ce daguerréotype en Ecosse et l’a fait restaurer à Londres. Il n’a pas voulu préciser les circonstances de sa trouvaille.

Le daguerréotype de 8 centimètres sur 7, est signé Louis-Auguste Bisson, un photographe français du XIXe siècle. «L’image a été prise probablement à l’église de la Madeleine à Paris où le corps de Chopin a été transféré après la mort du compositeur» avant d’être enterré au cimetière du Père-Lachaise, estime M. Zuchowski.

D’autres daguerréotypes de Frédéric Chopin devraient exister dans le monde, estime-t-il, soulignant que le compositeur était un personnage célèbre déjà à son époque et que ce procédé photographique était alors en plein essor.

M. Zuchowski compte exposer le daguerréotype en mai dans sa galerie à Gdansk mais il espère aussi pouvoir le présenter dans des expositions à travers le monde.

 

 

 

Chopin sur son lit de mort photo avec son nom

 

 

http://www.tdg.ch/image-inedite-chopin-lit-mort-decouverte-2011-03-11

 

Voir également les sources suivantes :

http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/culture/news.php?idIndex=6&idContent=251612

 

http://culture.france2.fr/musique-classique/actu/decouverte-d-un-daguerreotype-de-chopin-67774539.html

 

 
  

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:29

 

 

Nous sommes le jeudi 1er mars 1810, à six heures du soir. Un nouveau-né pousse son premier cri  dans la petite maison de l’aile gauche du manoir des Skarbek. Le sol est en terre battue. Les murs sont blanchis à la chaux.

 

Zelazowa Wola 125 vue ancienne recadrée

 

Zelazowa Wola 30 intérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Rien ne distingue le but de notre pieux voyage

Et cette maison n’a rien de celle d’un notable,

Sauf qu’elle t’a vu naître… Mais n’est-ce-pas une étable

Que l’étoile hautaine désignait aux rois-mages ? »

 

 

Son père a trente-neuf ans, sa mère vingt-huit. Il a une grande sœur de près de trois ans son aînée : Ludwika. Il s’appellera Fryderyk comme son parrain, le fils aîné des Skarbek alors âgé de 18 ans, et François comme son grand-père paternel.  Mais ses proches l’appelleront souvent Frycek, ou Fritz.

C’est Anna Skarbek, seize ans, fille de la Comtesse,  qui sera sa marraine.  Son parrain, d’ailleurs, est absent ; il fait ses études à Paris. Il deviendra écrivain, économiste, historien et homme politique.

Fryderyk est blond comme sa mère. Il est aussi très fragile et par prudence, il reçoit un premier baptême d’urgence (ondoiement).  Son acte de naissance sera rédigé le même jour que son acte de baptême –le 23 avril 1810- et portera une date –officielle, mais considérée aujourd’hui  comme erronée : 22 février 1810. Négligence du prêtre ? Etourderie du père ? Toujours est-il que Fryderyk et sa famille fêteront toujours son anniversaire le 1er mars…

 

Des quatre enfants Chopin, Fryderyk sera le seul à naître à Zelazowa-Wola, ses trois sœurs verront le jour à Varsovie.

 

Zelazowa Wola 87 maison

 

« Si parfois, dans la hâte de la vie quotidienne, dans la cohue des projets avortés et des travaux inachevés, dans le flux des événements culturels dont plus d’un est superficiel ou irritant ; si, parfois, dis-je, on se prend à douter de la valeur de ce qu’il est convenu d’appeler la culture de masse – il suffit de se rendre à Zelazowa Wola, à un de ces concerts dominicaux, pour reprendre confiance et dans la culture polonaise, et dans son pouvoir de pénétrer les couches les plus larges de la nation.

Ceux qui savent écouter ainsi du Chopin sauront également, n’ayez crainte, au travers des apparences futiles et des dehors trompeurs, en dépit des tracas ordinaires de la vie et de ses soucis harcelants, aller au plus profond, dégager les valeurs les plus importantes et les plus irremplaçables.

On peut se convaincre à Zelazowa Wola de ce que vaut un grand art en tant que ciment et fondement de la vie d’une nation. La poésie de Mickiewicz, la musique de Chopin ne sont pas autre chose pour les Polonais."

                                                        

Que cette berceuse née sous tes doigts revienne apaiser tes jeunes heures d'enfant fragile et gracieux au regard tendre et velouté...  Heureux anniversaire Frycek

   

 


 

 

« Il n’y a plus de Marie Wodzinska, plus de Delphine Potocka, et celle qu’il aima d’un premier amour tendre, Constance Gladkowska, est aussi disparue. Ainsi que sa Mère, que ses Sœurs. Il n’y a qu’un grand silence blanc. Tout s’est évanoui dans le temps.

Il est seul à hanter cette maison. La frêle musique de son piano résiste à la neige, au vent et au silence. Elle seule existe.

Et lorsque tu t’arrêteras, un soir d’hiver, devant la maison, quand tu regarderas ce toit brisé, ces branches nues et ces fenêtres noires, tu te sentiras véritablement seul ici.

Seul avec lui. »

Jaroslaw Iwaszkiewicz (traduit par Georges Lisowski)

 

Zelazowa Wola 120 vue ancienne recadrée

 

  

Zelazowa Wola 77 maison

 

 

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 14:27

 

 

Constance ne répondait pas à son amour de jeune homme.

La main de Maria lui fut refusée.

Alors, Chopin est devenu une proie pour Sand... 

Rencontre fatidique et fatale, liaison difficilement compréhensible entre deux êtres aussi différents.  Encore aujourd'hui, la question reste posée : quelles auraient été la vie et l'oeuvre de Frédéric Chopin si celui-ci n'avait pas connu George Sand ?

 

 

Quelques avis de ses contemporains les plus proches...

 

 

"Cette femme est un cimetière"

(Jules Sandeau, à propos de George Sand)

 

(l'un des "successeurs" de Chopin auprès de Sand, le graveur Manceau,  fut écarté par elle de Paris où il aurait pu faire carrière, pour devenir son secrétaire - amant et esclave. Robuste au début de leur liaison, Manceau finit par mourir phtisique après une vie humiliante et humiliée - cf. B.E. Sydow)

 

 

"Ce n'était pas la peine que j'empêche Frédéric d'aller se faire tuer dans l'insurrection de Varsovie pour qu'il tombe dans les griffes de George Sand."

(Titus Woyciechowski - témoignage rapporté par Mlle Ada-Hedwige Giuntini-Grzymala, arrière-petite-fille d'Albert Grzymala)

 

 

"J'ai eu avant-hier ici [à Saint Gratien] quelque chose qui m'a fait bien plaisir et bien mal. [...] J'avais engagé MM. de Fagel, Chaix-d'Est-Ange, Bouteiller le bon musicien et notre Chopin... Celui-ci part pour Valence, en Espagne, c'est à dire pour l'autre monde.  Vous n'avez pas d'idée de ce que Mme Sand a trouvé le moyen d'en faire en un été ! La consomption s'est emparée de cette figure et en a fait une âme sans corps [...]  Le malheureux ne voit pas que cette femme a l'amour d'un vampire ! "    (Astolphe de Custine, le 22 octobre 1838, lettre à Sophie Gay)

 

 

"Et dans ces moments [l'agonie de Chopin] ma pensée a été brisée par cette conviction que s'il n'avait pas eu le malheur de connaître G.S. [George Sand] qui a empoisonnée [sic] toute son existance [sic] il aurait pu vivre l'âge de Cherubini."

(lettre d'Albert Grzymala à Auguste Léo, de Paris, entre la mort et les funérailles de Chopin)

 

 

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 19:42

 

 

Fin 1836... Liszt et sa maîtresse la Comtesse Marie d'Agoult sont revenus de Suisse. Ils se sont installés à l'hôtel de France, au 23 rue Lafitte et bientôt, chez eux, se croisent les plus grands de la musique et de la littérature : Rossini, Meyerbeer, Chopin, Sainte-Beuve, Heine, Balzac, Hugo, Dumas...

 

                                                                           Marie d'Agoult par Henri Lehmann 1843

          liszt-01

 

                          Franz Liszt                                                                          Marie Catherine Sophie de Flavigny,

                                                                                                            Comtesse d'Agoult (par Henri Lehmann, 1843   

 

 

 

"Un soir, Chopin parvient à le [Alkan] décider à l'accompagner à l'hôtel de France. On monte au troisième au-dessus de l'entresol, on tire la vieille ceinture qui sert de cordon de sonnette. Une servante rousse, à l'accent picard, les introduit dans une cohue indescriptible. Cependant, la belle comtesse a repéré les nouveaux venus, elle accourt, habillée à l'espagnole, un voile de dentelle couvrant ses soyeux cheveux blonds. Elle a des bas à jours et des souliers roses. Elle a un mot charmant ("Franz admire et aime votre talent !" murmure-t-elle), offre une cigarette que l'on refuse, fraie un chemin jusqu'à Liszt. A peine a-t-on eu, après avoir salué vingt inconnus que l'on a heurtés de l'épaule, le temps de serrer la main de celui-ci qu'entre guerrièrement un étrange être androgyne, à l'oeil et aux sourcils andalous, vêtu d'un large pantalon de basin et d'une redingote feuille morte, chaussé de babouches en cuir bouilli, que la comtesse presse, avec ostentation, sur son coeur avant que, assis sans façon sur une ottomane, il ne devienne le centre d'un cercle d'admirateurs qu'il plonge dans la fumée de son cigare et étourdit par les paradoxes de ses propos : "Je cherche le système du monde", dit-il. C'est la fameuse George Sand. Autour d'elle, on parle de tout réformer, la poésie, le théâtre, la musique, la société. Chopin la considère d'un oeil rond. Enfin, Puzzi ouvre le piano, Liszt s'assied, écarte le rideau de cheveux qui dissimule à demi son visage, son regard s'illumine.

Hiller et Alkan reconduisent Chopin jusqu'au n° 38 de la rue du Mont-Blanc, où il loge désormais. On reparle de la soirée, du talent prodigieux de Liszt, et aussi de Mme Sand. "Quelle femme antipathique ! Est-ce vraiment une femme ? Je suis tout prêt à en douter !" glisse Chopin. Avant qu'ils ne se séparent, il les invite à la soirée musicale qu'il donnera chez lui le 13 décembre."

 

Claude Schopp (La grande sonate)

 

                                                                                                    Charles-Valentin Alkan

Ferdinand Hiller 02

 

                      Ferdinand Hiller                                                                                          Charles-Valentin Alkan

 

 

 

"J'ai fait la connaissance d'une grande célébrité : Madame Dudevant, connue sous le nom de George Sand ; mais son visage ne m'est pas sympathique et ne m'a pas plu du tout. Il y a même en elle quelque chose qui m'éloigne."

 

(Extrait d'une lettre de Chopin à sa famille à Varsovie, Paris, sans date 1836 - traduit du polonais)

 

 

Cette lettre a été détruite mais sa trace subsiste grâce à l'ouvrage de Karasowski. Les propos de Chopin sont corroborés par un message de Hiller à Liszt : "Un soir, tu réunis chez toi l'élite de la littérature française. Certes, George Sand ne pouvait y manquer. En me reconduisant chez moi, Chopin me dit : "Quelle femme antipathique cette Sand ! Est-ce vraiment bien une femme ? Je suis prêt à en douter".

 

    George Sand par Auguste Charpentier 1835

 

  George Sand par Auguste Charpentier, 1835

 

 

Le fim "Impromptu" avec Judy Davis (George Sand), Hugh Grant (Chopin) et Julian Sands (Liszt) traite du début de la liaison de Chopin avec Sand. Il illustre bien l'atmosphère des salons de l'époque et le Paris de cette première moitié du 19ème siècle.

 

 

 

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