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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:29

 

 

Nous sommes le jeudi 1er mars 1810, à six heures du soir. Un nouveau-né pousse son premier cri  dans la petite maison de l’aile gauche du manoir des Skarbek. Le sol est en terre battue. Les murs sont blanchis à la chaux.

 

Zelazowa Wola 125 vue ancienne recadrée

 

Zelazowa Wola 30 intérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Rien ne distingue le but de notre pieux voyage

Et cette maison n’a rien de celle d’un notable,

Sauf qu’elle t’a vu naître… Mais n’est-ce-pas une étable

Que l’étoile hautaine désignait aux rois-mages ? »

 

 

Son père a trente-neuf ans, sa mère vingt-huit. Il a une grande sœur de près de trois ans son aînée : Ludwika. Il s’appellera Fryderyk comme son parrain, le fils aîné des Skarbek alors âgé de 18 ans, et François comme son grand-père paternel.  Mais ses proches l’appelleront souvent Frycek, ou Fritz.

C’est Anna Skarbek, seize ans, fille de la Comtesse,  qui sera sa marraine.  Son parrain, d’ailleurs, est absent ; il fait ses études à Paris. Il deviendra écrivain, économiste, historien et homme politique.

Fryderyk est blond comme sa mère. Il est aussi très fragile et par prudence, il reçoit un premier baptême d’urgence (ondoiement).  Son acte de naissance sera rédigé le même jour que son acte de baptême –le 23 avril 1810- et portera une date –officielle, mais considérée aujourd’hui  comme erronée : 22 février 1810. Négligence du prêtre ? Etourderie du père ? Toujours est-il que Fryderyk et sa famille fêteront toujours son anniversaire le 1er mars…

 

Des quatre enfants Chopin, Fryderyk sera le seul à naître à Zelazowa-Wola, ses trois sœurs verront le jour à Varsovie.

 

Zelazowa Wola 87 maison

 

« Si parfois, dans la hâte de la vie quotidienne, dans la cohue des projets avortés et des travaux inachevés, dans le flux des événements culturels dont plus d’un est superficiel ou irritant ; si, parfois, dis-je, on se prend à douter de la valeur de ce qu’il est convenu d’appeler la culture de masse – il suffit de se rendre à Zelazowa Wola, à un de ces concerts dominicaux, pour reprendre confiance et dans la culture polonaise, et dans son pouvoir de pénétrer les couches les plus larges de la nation.

Ceux qui savent écouter ainsi du Chopin sauront également, n’ayez crainte, au travers des apparences futiles et des dehors trompeurs, en dépit des tracas ordinaires de la vie et de ses soucis harcelants, aller au plus profond, dégager les valeurs les plus importantes et les plus irremplaçables.

On peut se convaincre à Zelazowa Wola de ce que vaut un grand art en tant que ciment et fondement de la vie d’une nation. La poésie de Mickiewicz, la musique de Chopin ne sont pas autre chose pour les Polonais."

                                                        

Que cette berceuse née sous tes doigts revienne apaiser tes jeunes heures d'enfant fragile et gracieux au regard tendre et velouté...  Heureux anniversaire Frycek

   

 


 

 

« Il n’y a plus de Marie Wodzinska, plus de Delphine Potocka, et celle qu’il aima d’un premier amour tendre, Constance Gladkowska, est aussi disparue. Ainsi que sa Mère, que ses Sœurs. Il n’y a qu’un grand silence blanc. Tout s’est évanoui dans le temps.

Il est seul à hanter cette maison. La frêle musique de son piano résiste à la neige, au vent et au silence. Elle seule existe.

Et lorsque tu t’arrêteras, un soir d’hiver, devant la maison, quand tu regarderas ce toit brisé, ces branches nues et ces fenêtres noires, tu te sentiras véritablement seul ici.

Seul avec lui. »

Jaroslaw Iwaszkiewicz (traduit par Georges Lisowski)

 

Zelazowa Wola 120 vue ancienne recadrée

 

  

Zelazowa Wola 77 maison

 

 

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 22:48

 

 

 

 

 

 

  

Jerzy Duda Gracz (1941-2004), peintre polonais de grand renom, professeur des Beaux Arts à Katowice dont la peinture est souvent comparée à celle de Bruegel, a rendu hommage à son compositeur préféré Frédéric Chopin par une "interprétation en peinture" de toutes les oeuvres du compositeur. Il a ainsi préparé ce cycle intitulé "Dédié à Chopin par Duda-Gracz" (Chopinowi Duda-Gracz) pendant quatre ans (de 1999 à 2003).

 

Chaque tableau du cycle se rattache à une composition ou à une partie des compositions plus importantes. L'ensemble se compose de 313 tableaux (huiles, aquarelles et temperas) correspondant à 295 compositions.

 

 

 

 

 

 

Chopin et son oeuvre est un exemple de la naissance d'un nouveau courant dans la culture : le retour aux racines, le folklore rural. Duda-Gracz s'inspire uniquement du paysage polonais. Le motif musical joué sur un instrument et le motif visuel éveillent les sens et l'imagination, l'association des tonalités musicales et des couleurs se complètent harmonieusement.

 

L`exposition sous forme multimediale a été presentée dans le cadre de l`Expo 2005 au Japon, et en Pologne la même année au Théâtre  National de Varsovie à l`occasion du XVème Concours International Chopin. Elle présente l'art contemporain polonais inspiré par l'époque et la musique de Chopin et illustre la visualisation du son par la peinture.

 

 

   

 

 

 

 

 

Toute la finesse de Duda-Gracz consiste essentiellement à dépecer les expressions de la personne humaine par de nombreuses caricatures afin d’exposer les vices propres à sa nature : stupidité, paresse, la croyance en des valeurs telles que l’argent, l’hypocrisie...

Duda Gracz, qualifié de grand satire à cause de son livre de chevet sur la morale, a avant tout été à la source d’oeuvres picturales surréalistes et expressionnistes. Il a lui même prétendu représenter un monde passif, en état de mort constante, plus fondé de rêves et de caprices enfantins, un monde laissant la priorité aux productions industrielles. Son monde est en quelque sorte une utopie où téléphone, télévision, chaînes câblées, voitures, satellites, avions n’existent pas, il est constitué de tout ce qui pourrait ramener l’homme à ses origines les plus primitives, phénomène d’autant plus intensif que le développement industriel devient de plus en plus important.

 

 

Jerzy Duda-Gracz grave-Katowice 

 Tombe de Duda-Gracz à Katowice

 

   

 

http://conspero.pl/?&mid=chopinowi_duda_gracz

 

 

   

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 18:12

 

Ludwika Skarbek se faisait seconder par une parente pauvre de son mari, Justyna Krzyzanowska, orpheline, née en 1782 à Dlugie. On connaît peu de choses sur les origines de la mère de Frédéric Chopin. Les Krzyzanowski auraient été anoblis mais ne portaient pas de titre. Elle avait également un frère aîné, Wincenty, et une soeur aînée, Marianna, oncle et tante des futurs enfants Chopin.

 

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Tekla Justyna Chopin, née Krzyzanowska (1782 - 1861)

par Ambrozy Miroszewski, 1829

 

 

D'une éducation soignée, Justyna parle français et se révéle très bonne pianiste amateur. Elle chante juste, d'une agréable voix de soprano.

Elle n'est pas vraiment jolie, mais fine, d'allure distinguée, aux yeux très bleus, au nez busqué (qu'elle léguera à son fils), aux épais cheveux blonds. Très réservée, effacée même, naturellement vertueuse.

 

Elle a 20 ans quand Nicolas arrive à Zelazowa Wola en 1802. Les deux jeunes gens sympathisent, s'apprécient et finissent par s'aimer.

 

"Doué [Fryderyk Skarbek) d'une imagination vive et d'un coeur tendre, les causes du trouble qu'il surprenait chez son maître ne lui échappèrent point. Fryderyk se fit le confident de son précepteur. Qu'il y fût autorisé, ou bien qu'il obéît à ses propres inspirations, toujours est-il qu'il parla de cet attachement à sa mère. La comtesse à son tour confessa la blonde Justine. Le mutuel penchant des deux jeunes gens se trouvant ainsi bien et dûment constaté, on alla au-devant des désirs de leur coeur et on les fiança. (...) (Comte Wodzinski)

 

Leur mariage fut célébré le 2 juin 1806 dans la proche église fortifiée de Brochow. Nicolas a trente-cinq ans, onze de plus que sa femme.

 

 

Eglise-St-Roch-Brochow-Goscimski.jpg

 

La comtesse Skarbek les installa dans le pavillon de gauche, aux trois pièces sommairement meublées.

"On installa le jeune couple dans une des dépendances du château, dans cette petite maison au perron de bois, au toit élevé, dont les tuiles avaient perdu leur couleur." (Comte Wodzinski)

 

Puis Justyna continue à aider la comtesse et partage avec la fille aînée la gestion de la maison. Le plus âgé des garçons va poursuivre ses études au lycée de Varsovie.

  

 

Mais dans ces temps de bouleversements politiques, la campagne présentait quelques dangers que les Chopin choisirent de fuir provisoirement en s'installant quelque temps à Varsovie dans l'appartement des Skarbek. C'est là, le 6 avril 1807, que naquit leur premier enfant, Ludwika, ainsi nommée en hommage à sa marraine, la comtesse Skarbek.

 

 

Deux ans plus tard, le couple, de retour à Zelazowa Wola, attend son deuxième enfant...

 

 

Parents Chopin

 

 Justyna et Mikolaj Chopin, par Ambrozy Miroszewski

 

 

"Madame Chopin était svelte comme son mari, pas trop bien faite, mais très bonne, douce et sympathique. Tous ceux qui la connaissaient de plus près l'aimaient et la respectaient ; c'était le type de la maîtresse de maison polonaise, économe, prévoyante et laborieuse." (Eugeniusz Skrodzki)

 

Elle "était particulièrement douce, pleine d'un charme extraordinaire et de tendresse qu'elle transmit en héritage à son fils" (Jozefa Kosciolska)

 

 

 

  

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 21:31

 

A la fermeture de la Manufacture des Tabacs, Nicolas Chopin devient donc précepteur du fils de Jan Dekert, le directeur de la fabrique. Ce premier préceptorat dans la région de Kalisz dura trois ans.

 

En avril 1794 éclate l'insurrection de Kosciuszko. Les événements touchent Nicolas qui se sent concerné par le sort de cette nouvelle patrie qui peu à peu devient la sienne. Il revient à Varsovie et s'engage dans la Garde Nationale. Il est promu capitaine dans les derniers jours de la résistance et participe à la défense du faubourg de Praga contre les assauts de l'armée de Souvorov. Dans la nuit du 04 novembre, sa division reçut l'ordre de se retirer sur la rive gauche de la Vistule et de remettre le poste qu'elle défendait à un autre détachement. Cette manoeuvre lui sauva la vie. Le lendemain, Souvorov conquit Praga et massacra la garnison et des milliers d'habitants.


Légèrement blessé à l'épaule, Nicolas pense un moment rentrer en France. Il retient une place dans la diligence. Mais un malaise pulmonaire l'en empêche.
Durant cette insurrection, Nicolas s'était lié d'amitié avec le staroste de Kiernozia (à 70 km de Varsovie, au nord de Lowicz), Maciej Laczynski, qui lui confie l'éducation de ses deux fils. Après la mort du staroste en mai 1795, Nicolas seconde sa veuve Ewa dans la gestion du domaine et l'éducation des quatre enfants, dont Maria, qui deviendra la Comtesse Walewska, maîtresse de Napoléon (à qui elle donnera un fils, Alexandre Walewski). Toute sa vie, Mikolaj se souviendra d'elle. A son contact, il découvrira une simplicité empreinte de mysticisme et un profond sentiment de devoir pour son pays.

Ce deuxième préceptorat va durer sept ans.


Maria est la camarade de jeux du jeune Frédéric Skarbek, âgé de dix ans. La Comtesse Skarbek, une amie de la comtesse Laczynska, qui apprécie le précepteur des jeunes Laczynski, va alors lui confier l'éducation de ses quatre enfants, qui vivent avec elle à Zelazowa Wola : Teodor, Fryderyk, Michal et Anna. La Comtesse Ludwika Fenger-Skarbek est originaire d'une riche famille de Torun. Elle vit seule, son mari ayant fui ses créanciers à l'étranger.

 

Le village de Zelazowa Wola est petit, le domaine est tout ce qu'il reste de la fortune dilapidée des Skarbek. Il comporte un bâtiment principal, deux pavillons, une ferme et un moulin au bord de la rivière Utrata. Les murs du manoir sont recouverts de plantes grimpantes, au coeur d'un beau jardin, planté d'ormes et de châtaigniers. Après l'incendie du manoir central en 1812, les Skarbek habitèrent le pavillon de droite.

 

  

Zelazowa Wola, par Chelmicki d'après Jaworski 1870 

Zelazowa-Wola, par I. Chelmicki, d'après B. Jaworski, 1870

 

 

 

Dans ses Mémoires, Fryderyk Skarbek (1792-1866) évoque Nicolas Chopin :

 

"Il n'était ni un émigré, ni un pédant (…) Il était un homme moral et honnête, qui se consacrait tout entier à l'éducation des jeunes Polonais, sans jamais chercher à les transformer en Français (...). Il devint réellement un Polonais".

 "La façon amicale et douce de Chopin, une surveillance étroite de toutes mes actions, sans pour autant limiter inutilement ma liberté, et un enseignement dépourvu de contraintes et de pédanterie ont permis un regain d'intérêt pour mes capacités et un penchant pour les études [...] Sous la direction de ce maître qui, jusqu'à sa mort, fut mon meilleur ami, j'ai reçu ma première formation scientifique."

 

   

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 21:34

 

Exposition permanente au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes

 

 

 

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 Photos : Carmen Desor

 

 

  

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 22:21

 

 

Plusieurs études ont démontré de façon indéniable l'influence de la musique sur les règnes humain, animal et végétal. Certains agriculteurs soumettent ainsi leurs vaches aux airs de Mozart afin d'augmenter leur production laitière. Des séquences de musique classique diffusées dans des serres sont utilisées pour améliorer la croissance et l'absorption des nutriments par les plantes.

Mais quelqu'un s'est penché sur l'influence que pouvait avoir la musique sur l'eau. Il s'agit du Japonais Masaru Emoto, docteur en Médecine Alternative et chercheur. L'eau enregistre les fréquences vibratoires qu'elle reçoit lorsqu'on la met en présence de musique.

Le Docteur Emoto s'est aperçu que la musique classique (Chopin, Tchaïkovky...) et plusieurs autres musiques belles et harmonieuses (Yesterday des Beatles...) provoquent la formation dans l'eau de cristaux d'une rare beauté, qui se forment à -5°C et sont observés à l'aide d'un microscope, tandis que la musique Heavy Metal ou les musiques et chansons faisant référence à la violence, la haine et la guerre déstructurent les cristaux. 

  

Le lac des cygnes Tchaïchosky 

    Tchaïkovsky - Le Lac des Cygnes

Beethoven La Pastorale

 

 

 

 

 

                     

 

 

 

 Musique de heavy metal

Musique de Heavy metal

 

Les recherches du Dr Émoto ont aussi démontré que des interprétations au piano créaient plutôt des cristaux en forme de gouttelettes. 

 Chopin étude en mi majeur

 Chopin - Etude en mi majeur

 

Le Dr Emoto explique le phénomène par le fait que tout est vibration. De ce fait, il affirme que l'eau, si sensible soit-elle aux vibrations émises par la musique ou la voix, ne constitue en quelque sorte que le miroir du monde extérieur. Les cristaux seraient donc la représentation structurelle de vibrations transmutées.  Le corps étant constitué de 70 % à 80 % d'eau, l'influence de la musique sur le corps devient  une évidence même. Pourquoi alors ne pas l'utiliser à des fins thérapeutiques...

 

Symphonie n° 40 en sol mineur de Mozart

 Mozart - Symphonie n° 40 en sol mineur

 

 

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 20:18

 

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Une querelle vieille de plusieurs décennies concernant la résidence réelle de Chopin et Sand à Majorque vient de prendre fin  grâce à un piano.

Depuis 96 ans, dans la Chartreuse de Valldemosa, un petit musée accueille les visiteurs qui peuvent voir les pièces dans lesquelles le couple est supposé avoir résidé, et admirer les objets, y compris le piano droit que Chopin utilisait en attendant l’arrivée –tardive- de Paris de l’instrument qu’il avait commandé. Connu comme le « Musée Fryderyk Chopin et George Sand à Valldemosa »,  ce musée a été créé par la famille Ferra et abrite des souvenirs, y compris des manuscrits originaux et des lettres écrites pendant leur séjour.

 Musée à Valldemosa 

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Mais la famille Quetglas qui possède l’appartement voisin dans l’ancien monastère prétend depuis longtemps que ce sont LEURS pièces la véritable résidence du couple. Elle a donc créé un musée rival, appelé le « Musée Chopin » dans lequel trône le piano Pleyel si longtemps attendu par le compositeur et arrivé seulement trois semaines avant le départ du couple en février 1839.

Les deux musées ont coexisté, avec des visiteurs payant deux billets d’entrée séparés, mais la famille Quetglas a entamé l’année passée une bataille juridique dans le but de faire fermer leurs rivaux.

 

Un juge vient de statuer que la famille Ferra n’avait aucun droit de prétendre que Chopin avait séjourné dans leurs pièces, et lui ordonna de faire disparaître toute publicité allant dans ce sens et déclarée à présent comme frauduleuse. La décision du Tribunal de Commerce de Palma, capitale de l’île, est intervenue après que les experts ont examiné les lettres écrites par le couple, ainsi que les croquis réalisés par les deux enfants de la romancière de la vue depuis la terrasse de l’appartement.

 

Mais la clef de cette décision, affirma le juge, fut la preuve apportée que le misérable piano mallorquin prétendument utilisé par Chopin pour composer ses Préludes, selon la famille Ferra,  avait en fait été fabriqué une décennie au minimum après la visite du couple à Majorque, et même après la mort de Chopin.

« Le piano fabriqué dans les années 1850’s ne pouvait pas être contemporain de Chopin », écrivit le juge qui conclut que la seule résidence pouvant légitimement prétendre avoir été la résidence de Chopin était celle appartenant à la famille Quetglas.

 

Depuis un siècle, les visiteurs de la chartreuse de Valldemosa ont donc été induits en erreur…

 

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D’après un article de Fiona Govan dans « The Telegraph » Madrid, 1er février 2011

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:19

 

 

Exposition permanente au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes

 

   

 

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Photos par Carmen Desor

 

 

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:44

 

 

1787

Nicolas Chopin, 16 ans, arrive à Varsovie, en compagnie d’Adam Weydlich. A la Manufacture des Tabacs, rue Pokorna, au nord de la Ville, ses patrons, Andreas Rafalowicz, Jan Dekert et Pierre Blanc autorisent ce dernier à engager Nicolas comme secrétaire-comptable.  Celui-ci  loge sur place, descend souvent à la Vistule par la rue Konwiktorska et le soir, enfile la rue Miodowa jusqu'à Nowy Swiat.

Nicolas restera deux ans à la la Manufacture des Tabacs. A la fermeture de celle-ci, il serait devenu le précepteur du fils de Jan Dekert, le directeur de la fabrique.  Son élève, le jeune Jan Dekert deviendra par la suite chanoine de Varsovie. C’est lui qui prononcera l’oraison funèbre de Nicolas dans l’église des Capucins le 6 mai 1844. « Je fus son premier élève », dira-t-il à cette occasion. C’est également lui qui interviendra auprès des autorités russes pour que le cœur du fils de son ancien professeur, Fryderyk, soit déposé dans l’Eglise Ste Croix.

Il était devenu d’usage, à cette époque où de nombreux français avaient émigré en Pologne et en Russie, que les familles riches disposent d’un précepteur français. Mais ceux-ci appartenaient en général à l’aristocratie. Alors, comment Nicolas, fils de charron, parvint-il à ce poste ?  On suppose que c’est par ses exceptionnelles qualités personnelles, sa culture, son sérieux et ses compétences que cette voie royale lui fut ouverte.

 

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Le 15 septembre 1790, Nicolas Chopin adresse à ses parents une lettre qui devait rester inconnue jusqu'en 1949 (ce sera le seul message connu de Nicolas à ses parents). Cette lettre est d'une importance capitale car elle prouve que Nicolas n'a pas fui à l'étranger en raison de dissensions avec les siens comme on a souvent voulu le faire croire. La voici reproduite en entier (l'orthographe a été respectée) :

 

 

                    Mon cher Père et ma chère Mère,

 

    Dans l'incertitude où je suis que mes Lettres vous soyent parvenues je ne vous écris que deux mots seulement pour m'informer de l'état de votre santé et vous prouver mon respect et mon attachement. Depuis deux ans passés, je n'ai point de vos nouvelles, je ne sais à quoi l'attribuer, cependant, chères Parens, mon éloignement ne fait qu'augmenter mon respect envers vous en me faisant connoitre de quel bonheur je suis privé d'être si longtems sans vous voir et sans recevoir aucune de vos nouvelles. Comme Madame Weydlich vous a écrit aussi plusieurs lettres en vous chargeant de vous informer au sujet de ses affaires à Strasbourg aux quelles vous n'avés pas répondu. Je vous dirai que Nous savons bien que Mr Malard est payé mais que nous ne savons pas s'il a touché de l'argent pour les créanciers. Comme les affaires avec Monsieur le Comte Pac ne sont pas encore finies et qu'il demande une rendition des comptes de la terre de Marainville fait que j'étois sur le point de partir pour Strasbourg pour finir les dittes affaires au nom de Monsieur Weydlich. Mais comme nous avons appris que la France n'étoit pas encore tranquille par les révolutions qui s'y sont faites a été cause que mon voyage a été différé mais cependant je crois partir sous peu de tems car Monsieur Weydlich s'est déjà arrangé avec un Banquier qui ne tardera pas à partir pour la France. Cependant avant que je parte je vous prie de m'informer si la milice n'est pas plus stricte qu'elle étoit car on nous a dit que tous les jeunes garçons depuis l'âge de dix-huit ans sont tous soldats c'est ce que nous sommes curieux de savoir, car étant dans un pays étranger comme j'y suis et où je peux faire mon petit chemin je ne pourrois le quitter qu'avec regret pour me rendre soldat quoique dans ma patrie vu que Monsieur Weydlich n'a que trop de bontés pour moi et dont je prévois des suites heureuses. Je vous prie donc chères Parens de me faire réponse le plus tôt possible pour que je puisse partir en toute sûreté et jouir du bonheur de vous voir ainsi que tous mes chères parens. J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect cher Père et chère Mère de vos enfants votre très humble et très obéissant fils.

                                                      

    Monsieur et Madame Weydlich vous font bien des compliments et vous prie d'assurer Monsieur le Curé de leur respect. Je vous prie de lui assurer aussi de ma part.

    J'embrasse mes soeurs de tout coeur ainsi que tout mes parens et amis.

    Je vous donne mon adresse de crainte que la lettre ne soit égarée car je ne puis concevoir que depuis deux ans passés je n'aye reçu aucune Lettre dont voici

 

                                       A Monsieur

                                       Monsieur Chopin                   Pologne

                                       par Dresde à Varsovie

                                       en Pologne

                                       poste restante

 

 

 

On voit bien d'après cette lettre que Nicolas Chopin est dans une attente presque désespérée d'une réponse de ses parents dont l'absence le plonge dans l'incompréhension. Apparemment, il aurait écrit d'autres lettres avant celles-ci, toutes sans réponse. Sans réponse également celles de Mme Weydlich. Ici se présente la première occasion pour Nicolas de repartir pour la France, malgré sa réticence à quitter un pays qui lui ouvre de si prometteuses perspectives. Cependant, on comprend d'après cette lettre qu'il aurait suffi d'une seule réponse favorable de sa famille pour qu'il choisisse de partir. Il exprime toute son affection et son respect pour les siens (on retrouvera le même amour filial et respectueux chez son fils Frédéric), et prend soin de redonner son adresse, au cas où ...

Pourtant, cette lettre ne reçut jamais de réponse. Elle parvint pourtant à ses parents, car elle fut retrouvée dans les papiers de famille de Marguerite Bastien-Chopin, la soeur cadette de Nicolas. Ce silence reste encore à ce jour un mystère.

 

 

 

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 22:31

 

Le 25 novembre 2010, à Vienne en Autriche, s’est déroulée l’inauguration d’un monument dédié à Chopin. Ce monument - situé dans le Schweizergarten - est un don du gouvernement polonais à la Ville de Vienne à l’occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur, et commémore les deux séjours de Chopin à Vienne dans les années 1829 – 1831, où il connut son premier succès international.

 Monument Vienne 2

 

Le sculpteur Krystof Bednarski est l’auteur de cette œuvre intitulée « La note bleue » en référence aux paroles de George Sand. La sculpture représente la silhouette du profil de Chopin sur une base de granit, et est basée sur le jeu de la lumière. Dans cette œuvre, les ailes d’un oiseau symbolisent l’acte créateur.

 

Monument Vienne 3

 

Monument Vienne 4 

 

 De gauche à droite: Dr. Bernhard Denscher, M. Theodor Kanitzer, le Dr George Marganski, Krzysztof Bednarski, Waldemar Dabrowski

 

Monument Vienne 1

 

  

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