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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 21:47

 

A la mort de Chopin, sa soeur Ludwika -présente à ses côtés depuis plusieurs mois, est chargée de régler sa succession. Elle pense d'abord céder certaines pièces d'ameublement aux amis de Frédéric et de rapporter le reste à Varsovie. Mais peut-on imaginer l'impensable ? Son mari Kalasanty lui envoie une lettre lui ordonnant de se débarasser de tout ce qui avait appartenu à son frère :

 

"Vends tout, ne garde rien, rien du tout", et "aucune guenille de Chopin n'entrera dans ma maison".

 

Cette lettre est d'une terrible cruauté pour Ludwika, déjà très affectée par la mort de Frédéric.

 

Une vente aux enchères anonyme eut donc lieu le 30 novembre 1849 : "beaux meubles, sculptures en bronze, objets d'art et de curiosité, porcelaines anciennes, argenterie, cristaux, tapis, linge, garde-robe d'homme, rideaux". Tout l'univers quotidien de Chopin, de ses meubles aux objets les plus intimes, est vendu et rapporte de quoi couvrir ses frais d'obsèques. Heureusement, la plus grande partie est achetée par Jane Stirling (qui aimait Chopin et fut considérée comme sa "veuve") qui avait le projet d'un futur musée Chopin. Hélas, ce projet ne verra pas le jour, et elle léguera par testament à Izabela Barcinska (l'autre soeur de Chopin) la totalité des souvenirs en sa possession. Ils parviendront à Varsovie en 1858, après la mort de Kalasanty et de Ludwika. Parmi ces souvenirs, une chaise à porteur splendide capitonnée de soie, utilisée par le compositeur (on sait que Chopin avait de très grandes difficultés à se déplacer et à monter les escaliers dans les dernières années de sa vie).

 

Hélas, tous ces souvenirs ne furent sauvés que provisoirement et allaient disparaître presque en totalité dans les destructions successives qu'allait connaître la Pologne (dont l'attentat du Palais Zamoyski en 1863 -voir l'article correspondant).

 

 

Jane Stirling avait également acheté à la firme Pleyel le dernier piano de Chopin qu'elle fit expédier à Varsovie en 1850. Il fut confisqué par les Allemands et envoyé en Autriche en 1944, échappant ainsi aux bombardements, et fut restitué à la Pologne en 1946. Il est à présent au Musée Chopin de Varsovie.

 

 

 

Renseignements tirés de l'ouvrage de MP. Rambeau, Chopin l'enchanteur autoritaire.

 

 

 

 

 

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : divers
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commentaires

Sarah 25/07/2011 22:20



Oui ça serait bien d'en savoir plus sur le comportement de son beau-frère à son égard , encore une chose que je n'aurais jamais devinée sans venir ici ! Ces personnes on beaucoup de chance !
Quand a ceux qui ne le savent pas c'est dommage car ces objets sont tellement rares ... Les choses detruites a cause de la guerre sont vraiment nombreuses malheureusement ... j'ai deja pu
"effleurée" un piano lui ayant appartenu , j'etais trés heureuse d'avoir pu poser un doigt au même endroit que Frédéric ! Oh oui vraiment ça serait merveilleux ( je ne suis pas sure qu'elles
existaient deja non plus ... ) , et beaucoup d'autre passionés aussi je pense !



Ame Chopinienne 25/07/2011 23:25



Effleurer les touches interdites, je crois que nous l'avons toutes fait, nous les fans... !



Sarah 24/07/2011 20:47



Je suis d'accord l'attitude du mari de ludwika est pitoyable , des "guenilles " ? Il exagére vraiment en plus je crois me souvenir que Chopin l'appreciait mais je n'en suis plus sure surtout en
voyant ça ! J'aurais adorée voir tout ces objets quel dommage que la pluparts aient été perdus ! (une raison de plus de détester la guerre ) si j'en possedais un je le garderais comme une relique
.



Ame Chopinienne 25/07/2011 14:25



Je vais écrire prochainement un article sur l'hostilité manifeste et permanente du mari de Ludwika pour son beau-frère Fryderyk, qui ne méritait vraiment pas cela !


Il doit bien y avoir dans quelques maisons des objets personnels de Chopin, puisqu'une partie a tout de même été vendue aux enchères à d'autres personnes que Jane Stirling. Alors, soit ces
personnes (enfin, leurs descendants) les gardent précieusement comme des reliques, soit elles ne savent pas ce qu'elles ont entre les mains, soit ces objets ont été depuis revendus ou détruits...
Nous ne le saurons sans doute jamais. Mais nous aurions pu rêver, nous autres passionné(e)s du Maître, devant toutes ces choses qu'il avait touchées !


Je crois qu'un seul de ces objets, ne fût-ce (ou surtout !) que sa brosse à dents (y en avait-il à son époque ?) ou son rasoir, nous comblerait de bonheur, vous, Bernadette (une autre passionnée
assidue de ce blog) ou moi...



bernadette 20/07/2011 18:07



On se sent vraiment scandalisé et furieux quand on lit ce qu'est devenu l'univers matériel de Chopin après sa mort! Ce qui a pu être momentanément récupéré aurait dû rester à Paris... ce qui
l'autrait mis (peut-être?) à l'abri des destructions qu'a subi la Pologne...



Ame Chopinienne 20/07/2011 22:42



Ce qui m'a révoltée en premier lieu, c'est l'attitude du mari de Ludwika.  Considérait-il donc Chopin comme un pestiféré ? Il n'était vraiment pas digne de rentrer dans cette famille, et la
pauvre Ludwika a dû beaucoup souffrir de ne pouvoir rien rapporter de son frère (à part, bien sûr, le plus important : son coeur).


Ce trésor de souvenirs a eu une première chance en tombant dans des mains aimantes et respectueuses, celles de Jane Stirling. Mais quelle dommage qu'elle n'ait pu mener à bien son projet de
musée. Au moins aurait-elle dû les léguer à des musées existants... Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir que tout serait détruit en Pologne, et son geste de remettre tous ces biens à la
famille de Frédéric était très louable et témoigne d'une grandeur d'âme très élevée. Mais si tout ce patrimoine était resté en Ecosse, il aurait certainement échappé aux ravages des guerres
et des attentats. Pouvoir contempler et rêver devant les vêtements portés par Chopin, sa robe de chambre, ses gilets, ses gants, ses chapeaux... Poser le regard sur des objets et des meubles qui
avaient eu le grand privilège de lui plaire et d'être passés dans ses mains... C'était un trésor inestimable ! Il reste si peu de traces matérielles de sa présence aujourd'hui. C'est très triste.



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