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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 21:43

 

"L'élève jouait toujours [chez Chopin] sur un magnifique piano de concert, et il était de son devoir de ne travailler que sur des instruments de première qualité." (Mikuli)

 

 

"Les pianos Pleyel sont non plus ultra." (Chopin)

 

 

"  [...] ces pianos de Pleyel qu'il affectionnait particulièrement à cause de leur sonorité argentine un peu voilée et de leur facile toucher." (Liszt)

 

 

"Quand je suis mal disposé, disait Chopin, je joue sur un piano d'Erard et j'y trouve facilement un son fait. Mais quand je me sens en verve et assez fort pour trouver mon propre son à moi, il me faut un piano de Pleyel." (propos relaté par Karasowski)

 

 

"Jusqu'ici j'ai davantage travaillé sur des claviers résistants que sur des claviers faciles : cela m'a beaucoup fortifié les doigts. Cependant, sur ce genre de pianos, il est impossible d'obtenir les plus fines nuances dans les mouvements du poignet et de l'avant-bras, comme de chaque doigt pris isolément. Ces nuances, j'en ai fait l'expérience chez Chopin sur son beau piano au toucher si proche des instruments viennois. Il le nomme lui-même "un traître perfide". Ce qui sortait parfaitement sur mon solide et robuste Erard devenait brusque et laid sur le piano de Chopin. Il trouvait dangereux de se servir longtemps d'un instrument au beau son [tout fait], comme c'est le cas des Erard. Il disait que ces instruments abîment le toucher : "Qu'on tape, qu'on frappe dessus, c'est égal : le son est toujours beau et l'oreille ne demande pas autre chose parce qu'elle est sous le son plein et sonore." (Gretsch, propos relaté par Grewingk)

 

 

"Broadwood, le véritable Pleyel londonien" (Chopin)

 

 

"Chopin aimait spécialement les cottage pianos "Boudoir" que Broadwood fabriquait à cette époque [1848] ; il prenait plaisir à jouer sur ces instruments à deux cordes, mais de sonorité très douce." (Hipkins)

 

 

"Chopin ne supportait pas le son trop intense du piano ; il l'appelait "un aboiement de chien"." (Mikuli, propos relaté par A. Michalowski)

 

 

Camille Pleyel - qui habitait au n° 20 de la rue de Rochechouart à Paris - fut l'un des éditeurs et amis de Frédéric Chopin.  C'est lui qui entraîna Chopin à Londres pour un premier séjour en 1837.  Chopin avait coutume de l'appeler "Chérissime" dans ses lettres.  

 

C'est Pleyel qui avait proposé à Chopin d'être son éditeur et pour la France et pour tous les autres pays.

Il est intéressant de voir comment Chopin formulait ses exigences lors de la vente de ses manuscrits :



[...] J'ai chargé Fontana de vous remettre mon manuscrit [des Préludes]. J'en veux mille cinq cents francs pour la France et l'Angleterre. Probst comme vous le savez, en a pour mille francs, la propriété pour Haertel en Allemagne. Je suis libre d'engagement avec Wessel à Londres; il peut payer plus cher. [...]

Puisque vous avez voulu, chérissime, prendre la corvée d'être mon éditeur, il faut que je vous avertisse qu'il y a encore des manuscrits à vos ordres i-mo la Ballade (qui entre encore dans les engagements Probst pour l'Allemagne) - Cette Ballade j'en veux mille frs. pour la France et l'Angleterre. 2-mo Deux Polonaises (dont vous connaissez une en la) j'en veux mille cinq cents francs pour tous les pays du globe. 3-o Un 3e Scherzo, même prix que les Polonaises pour toute l'Europe. [...]



En ps, Chopin ajoute : "Je m'aperçois que je ne vous ai pas remercié pour le piano - et que je ne vous parle que de l'argent. Décidément, je suis un homme d'affaires !

 

Extrait de la lettre de Chopin à Camille Pleyel, de Valdemosa, le 22 janvier 1839

 

 

 

Deux mois plus tard, Chopin écrira à Fontana :

 

Merci pour toutes tes démarches. Pleyel est un crétin et Probst, une canaille (jamais il ne m'a payé trois manuscrits 1000 fr.). Tu as certainement reçu mes longues indications concernant Schlésinger : eh bien, je te prie de remettre ma lettre à Pleyel (qui trouve mes manuscrits trop chers). Si je dois les vendre bon marché, j'aime mieux les laisser à Schlésinger au lieu de chercher à conclure d'impossible arrangements. [...] Schlesinger m'adore parce qu'il peut me dépouiller. Parle-lui bien clairement au sujet de l'argent et remets-lui les manuscrits seulement contre espèces sonnantes.

J'envoie une reconnaissance à Pleyel. L'imbécile n'a donc pas confiance en moi ou en toi. Mon Dieu, pourquoi doit-on toujours avoir affaire à des canailles. [...]

 

Extrait de la lettre de Chopin à Julien Fontana à Paris, de Marseille le 17 mars 1839

 

 

 

On voit qu'en affaires, Chopin avait ses exigences et s'appliquait à les faire respecter. Il essayait surtout de ne pas se faire gruger, à une époque où les droits d'auteur n'existaient pas encore...

 

 

Mais ses rapports à Camille Pleyel furent toujours des plus amicaux. Il note ainsi dans un billet (non daté, estimé à 1842) : "Je vous aime toujours plus, si c'est possible".

Pleyel sera l'un des six porteurs du cercueil de Chopin le jour de ses funérailles.

 

 

 

 

Source : Chopin vu par ses élèves, de J.J.  Eigeldinger

                Correspondance de Frédéric Chopin

 

 

 

 

 

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : le musicien
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commentaires

bernadette 18/12/2010 20:01


Il avait bien raison d'être exigent...


Ame Chopinienne 19/12/2010 23:03



Oui, car les éditeurs furent les grands gagnants de ces transactions. Une fois l'argent dépensé, les oeuvres de Chopin ne rapportaient plus à celui-ci aucune compensation
financière durable. Il lui fallait donc être intraitable en affaire... !



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