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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 00:25

 

 

La collection de lettres autographes de Frédéric Chopin réunie par ses parents et ses soeurs, Ludwika Jędrzejewicz et Izabela Barcińska fut incontestablement la plus riche et fut conservée avec piété. Il en fut de même pour des autographes musicaux laissés à Varsovie ou envoyés en cadeau de Vienne et de Paris, ainsi que pour des dédicaces dans des livres destinés aux membres de sa famille en Pologne.

 

 

En 1844, après la mort de Nicolas Chopin, les précieux manuscrits furent gardés par la mère de Frédéric et ses deux sœurs. La sœur aînée, Ludwika Jędrzejewicz, rapporta à Varsovie en janvier 1850 une petite partie des manuscrits (dont aussi des autographes musicaux) qui se trouvaient dans le dernier appartement du compositeur 12, Place Vendôme à Paris. Le reste fut envoyé à Varsovie par les soins de Jane Stirling. Il faut ajouter que Ludwika avait emporté de l'appartement les manuscrits de Chopin et d'autres objets précieux avant l'arrivée des huissiers qui devaient dresser le procès-verbal et poser des scellés à midi le 17 octobre 1849. Ainsi leur épargna-t-elle d'être vendus aux enchères le 30 novembre 1849.

 

Les lettres furent partagées entre les deux sœurs de Chopin : celles écrites entre 1831 et 1845 à Izabela, les autres à Ludwika.

Après la mort de Ludwika Jędrzejewicz en 1855, et de la mère du compositeur en 1861, l'ensemble des manuscrits passa dans les mains de la sœur cadette de Frédéric, Izabela Barcińska et de son époux Antoni Barciński. Hélas, la plus grande partie de cette collection fut détruite par les Russes lors du saccage du Palais Zamoyski où résidait Izabela, suite à l'attentat du 19 septembre 1863 contre le comte Berg. Heureusement, le texte des lettres détruites avait été préalablement inséré (pas toujours fidèlement, hélas) dans les ouvrages de MauriceKarasowski (compositeur et musicologue). (celles qui avaient appartenu à Ludwika, avaient, elles, fait l'objet de reproductions scrupuleuses).

 

En 1881, après la mort d'Izabela, la collection de manuscrits revint à la fille de Ludwika Jędrzejewicz, Ludwika Ciechomska (1835-1890), épouse de Ludwik Ciechomski, tandis que les objets à caractère usuel passèrent à son frère Antoni Jędrzejewicz (1843-1922). C'est lui qui garda un certain temps le dernier piano Pleyel de Chopin. Grâce à Ludwika Ciechomska, quelques autographes de Chopin, dont quatre numéros du Courrier de Szafarnia et la mélodie Wojak, conservés jusqu'à nos jours, furent exposés dans les salons de la comtesse Raczyńska à Varsovie en 1888.

Après la mort de Ludwika Ciechomska, ce sont ses filles - Maria (1869-1932) et Laura (1862-1939) - et son fils Antoni Ciechomski (1874-1929) qui gérèrent la collection. En 1901, Maria Ciechomska permit d'étudier presque la totalité des manuscrits à Mieczysław Karłowicz, auteur d'une précieuse publication (Souvenirs inédits de Frédéric Chopin, 1904).

 

Dans les années trente du XXe siècle, Maria, puis Laura, se décidèrent à vendre certains autographes de Chopin et publications commémoratives entre autres à Leopold Binental, Artur Rubinstein et Arthur Hedley qui allaient devenir collectionneurs des chopiniana. Une partie de la Correspondance (dont sept lettres de Chopin à sa famille) en possession de la famille Ciechomski, fut  brûlée par les soldats d'Hitler au cours de l'hiver 1944-45, après l'échec du soulèvement de Varsovie et l'évacuation complète de la ville.  N'ont échappé à cette destruction que les lettres et souvenirs cédés avant la guerre à l'Institut Frédéric Chopin.

 

 

Les manuscrits que gardait pendant la guerre Leon Ciechomski (1872-1945), sans lien de parenté avec Maria et Laura Ciechomski, furent sauvés et vendus en 1959-1963 à la TiFC (Towarzystwo im. Fryderyka Chopin – Société Frédéric Chopin).

 

Les autographes de cinq lettres de Chopin (1832, 1835, 1844, 1846 et 1849), une carte de voeux de 1817 et la mélodie Wojak de la collection de Maria et Laura Ciechomski se trouvèrent dans les collections de la TiFC en 1977 grâce à un don d'Artur Rubinstein (1887-1982) qui avait acheté ces lettres le 17 mai 1966 dans une vente organisée par Karl und Faber à Münich. Nous ne savons pas qui "emporta" ces lettres de l'appartement de Laura Ciechomska à Varsovie, rue Wspólna 24, ni quelle est leur histoire jusqu'en 1966.

De la collection réunie par la famille de Chopin proviennent aussi l'autographe du Trio en sol mineur, quelques lettres à ses parents et à ses sœurs, et les éditions des oeuvres de Chopin annotées par le compositeur et par ses élèves que l'Institut Frédéric Chopin à Varsovie (en 1950, il devint Société Frédéric Chopin - TiFC) acheta avant la seconde guerre mondiale à Ludwika Ciechomska (1906-1972), fille d'Antoni Ciechomski, arrière-petite-fille de Ludwika Jędrzejewicz. Le livre Beautés de la Sainte Bible (1841), dédicacé par le compositeur à sa soeur Ludwika, fut acheté par la TiFC en 1951 aussi à Ludwika Ciechomska.

 

 

Source : Hanna Wróblewska-Straus  (Une brève histoire des autographes de Frédéric Chopin dans les collections
du Musée Chopin à la Société Frédéric Chopin (TiFC) à Varsovie)

 

 

 

 

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : divers
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commentaires

Matheo 22/03/2011 18:40



Les guerres ne respectent rien, c'est la damnation de l'homme et pourtant nous y voila...


Je suis triste.



Ame Chopinienne 23/03/2011 23:09



Je suis d'accord avec toi, c'est tout à fait affligeant.



bernadette 21/03/2011 14:32



Je suis toujours révoltée quand je pense aux destructions volontaires sur ce patrimoine artistique qu'ont fait les Russes et les nazis...


et j'espère qu'il n'y a pas trop de lettres gardées secrètement et jalousement par des collectionneurs égoïstes!



Ame Chopinienne 21/03/2011 23:53



Oui, cet acharnement volontaire contre ce chantre de la résistance patriotique polonaise dont il fallait à tout prix détruire toutes les traces, cet acharnement a causé énormément de tort au
patrimoine artistique et moral que le compositeur nous a légué. C'est affligeant.


Quant à des lettres dissimulées... ça ne m'étonnerait pas du tout ! ou des manuscrits enfouis dont les propriétaires ignorent tout de leur illustre auteur (on en a eu l'exemple au château de
Thoiry)... Il est très probable que des manuscrits ou des objets ayant appartenu à Chopin aient été disséminés et attendent encore qu'on les redécouvre !



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