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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 21:31

 

A la fermeture de la Manufacture des Tabacs, Nicolas Chopin devient donc précepteur du fils de Jan Dekert, le directeur de la fabrique. Ce premier préceptorat dans la région de Kalisz dura trois ans.

 

En avril 1794 éclate l'insurrection de Kosciuszko. Les événements touchent Nicolas qui se sent concerné par le sort de cette nouvelle patrie qui peu à peu devient la sienne. Il revient à Varsovie et s'engage dans la Garde Nationale. Il est promu capitaine dans les derniers jours de la résistance et participe à la défense du faubourg de Praga contre les assauts de l'armée de Souvorov. Dans la nuit du 04 novembre, sa division reçut l'ordre de se retirer sur la rive gauche de la Vistule et de remettre le poste qu'elle défendait à un autre détachement. Cette manoeuvre lui sauva la vie. Le lendemain, Souvorov conquit Praga et massacra la garnison et des milliers d'habitants.


Légèrement blessé à l'épaule, Nicolas pense un moment rentrer en France. Il retient une place dans la diligence. Mais un malaise pulmonaire l'en empêche.
Durant cette insurrection, Nicolas s'était lié d'amitié avec le staroste de Kiernozia (à 70 km de Varsovie, au nord de Lowicz), Maciej Laczynski, qui lui confie l'éducation de ses deux fils. Après la mort du staroste en mai 1795, Nicolas seconde sa veuve Ewa dans la gestion du domaine et l'éducation des quatre enfants, dont Maria, qui deviendra la Comtesse Walewska, maîtresse de Napoléon (à qui elle donnera un fils, Alexandre Walewski). Toute sa vie, Mikolaj se souviendra d'elle. A son contact, il découvrira une simplicité empreinte de mysticisme et un profond sentiment de devoir pour son pays.

Ce deuxième préceptorat va durer sept ans.


Maria est la camarade de jeux du jeune Frédéric Skarbek, âgé de dix ans. La Comtesse Skarbek, une amie de la comtesse Laczynska, qui apprécie le précepteur des jeunes Laczynski, va alors lui confier l'éducation de ses quatre enfants, qui vivent avec elle à Zelazowa Wola : Teodor, Fryderyk, Michal et Anna. La Comtesse Ludwika Fenger-Skarbek est originaire d'une riche famille de Torun. Elle vit seule, son mari ayant fui ses créanciers à l'étranger.

 

Le village de Zelazowa Wola est petit, le domaine est tout ce qu'il reste de la fortune dilapidée des Skarbek. Il comporte un bâtiment principal, deux pavillons, une ferme et un moulin au bord de la rivière Utrata. Les murs du manoir sont recouverts de plantes grimpantes, au coeur d'un beau jardin, planté d'ormes et de châtaigniers. Après l'incendie du manoir central en 1812, les Skarbek habitèrent le pavillon de droite.

 

  

Zelazowa Wola, par Chelmicki d'après Jaworski 1870 

Zelazowa-Wola, par I. Chelmicki, d'après B. Jaworski, 1870

 

 

 

Dans ses Mémoires, Fryderyk Skarbek (1792-1866) évoque Nicolas Chopin :

 

"Il n'était ni un émigré, ni un pédant (…) Il était un homme moral et honnête, qui se consacrait tout entier à l'éducation des jeunes Polonais, sans jamais chercher à les transformer en Français (...). Il devint réellement un Polonais".

 "La façon amicale et douce de Chopin, une surveillance étroite de toutes mes actions, sans pour autant limiter inutilement ma liberté, et un enseignement dépourvu de contraintes et de pédanterie ont permis un regain d'intérêt pour mes capacités et un penchant pour les études [...] Sous la direction de ce maître qui, jusqu'à sa mort, fut mon meilleur ami, j'ai reçu ma première formation scientifique."

 

   

 

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commentaires

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 25/10/2011 12:22



Blog(fermaton.over-blog.com)conscience humaine.No-25, THÉORÈME DE CHOPIN.- NOUS SUR-DOUÉ ?



Ame Chopinienne 25/10/2011 22:38



je suis allée sur votre blog, mais pourriez vous en exprimer un peu plus ici même s'il vous plaît ?



bernadette 22/02/2011 18:50



Merci carmen, on visualise bien tout le parcours de Nicolas.


Il est beau de voir comme ce jeune français est devenu polonais de coeur, et un homme méritant qui a dû émouvoir plus d'un polonais.


On sait ce que cet homme simple mais exemplaire va engendrer comme perfection...



Ame Chopinienne 22/02/2011 23:43



Son adaptation à la Pologne et au peuple polonais, sa délicatesse d'attentions et son respect pour ses compatriotes d'adoption sont admirables.


J'adore ta dernière phrase... !



Matheo 22/02/2011 18:38



Ce devait être un homme merveilleux, je sais que son fils l'aimait énormément.


Bisous Carmen



Ame Chopinienne 22/02/2011 23:16



Oui, il devait être merveilleux, tous les témoignages l'attestent...  Et il semblait d'une droiture extrême. Et je crois qu'il faisait preuve d'une grande tempérance, ce qui manquait à
Frédéric ! Bisous Mathéo



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