Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 23:46

 

Composée en 1844.

 

"Si proche déjà de sa fin et la prévoyant ("Il s'enterre à tout instant avec un certain plaisir", écrit George Sand), Chopin atteint l'équilibre parfait entre le sentiment implicite de la mort qui hante encore le Largo et la célébration exultante des principes de vie qui triomphe dans le Rondo final." (1) Cette Sonate témoigne d'un certain traditionalisme d'accent sinon de forme (constate Cortot). En effet, "dans la pleine maturité de son génie, Chopin se soucie moins de rompre ou pas avec le schéma traditionnel de la sonate viennoise, émancipation qu'on lui avait naguère unanimement reprochée, que d'enserrer, dans cet espace clos sur lui-même qu'est la sonate, la quintessence de son expérience poétique." (1) 

  

"Le premier mouvement, Allegro Maestoso en si, le seul qui soit en mineur, est qualifié par Lenz d'  "épopée du piano... un poème grandiose dans son invention et dans sa structure". L'ouverture se fait forte avec autorité sur un motif de doubles croches fulgurant, presque agressif, suivi d'accords imposants." (1) Le second thème de ce premier mouvement est un "instant de grâce ineffable où la mélodie prend son essor, radieuse et sûre de son but, et déploie, dans le silence religieux d'un accompagnement en arpèges vaporeux, la courbe parfait d'un dessin d'une bouleversante beauté. C'est l'une des plus admirables cantilènes italianisantes que Chopin ait écrites ; la première, sans doute, un an avant la Barcarolle, qui communique avec une telle intensité le sentiment de "l'élévation", au sens baudelairien du terme :

  

'Alors je conçus pleinement l'idée d'une âme se mouvant dans un milieu lumineux, d'une extase faite de volupté et de connaissance, et planant au-dessus et bien loin du monde naturel' (Baudelaire) " (1)

 

 

  

 

 

 

Le deuxième mouvement est un scherzo en mi bémol majeur. Tempo très rapide et fluidité de la ligne mélodique.

 

 

 

  

   

  

"Le troisième mouvement, un Largo en si majeur, est en soi un petit chef d'oeuvre. (...) Placé au centre de l'oeuvre, il en constitue l'apogée du point de vue expressif. (...) La lenteur de sa progression et la régularité rythmique de l'accompagnement font songer autant à une berceuse qu'à une marche funèbre. (...)  On ne saurait trouver de mots assez justes pour parler d'un des plus admirables mouvements lents de l'oeuvre de Chopin. (..) Descente immobile dans les cercles concentriques que forme la répétition du même motif mélodique à la main gauche, aussi sublime dans sa simplicité qu'un Choral de Bach et qui flotte calmement sur les arpèges. (...) Lorsque le Largo reprend, la remontée vers la lumière se fait avec une infinie délicatesse. (...) Le contraste est presque douloureux avec les premiers accords violemment plaqués où s'engage le Finale en si majeur. " (1)

 

 

Parmi les oeuvres de sa composition travaillées sous sa direction, Chopin imposa cette Sonate à son élève Marie Roubaud, dont le Largo, rapporta-t-elle à Ganche, joué une fois par lui, la fit pleurer. * (2)

 

 

  

  

  

 

Le quatrième mouvement en si majeur. Structuré comme un rondo. "Le thème principal a le caractère d'une chevauchée héroïque. (...) L'extraordinaire énergie qui galvanise tout le mouvement culmine dans une coda qui conclut somptueusement en majeur l'oeuvre définitivement placée sous le signe de la clarté et de la plénitude." (1)

 

 

   

 

 

 

   

 

"Plus que toute autre oeuvre du maître elle exige une étude approfondie, car seule la compréhension de chaque phrase, de chaque détail, nous révèle toute la splendeur de cette admirable composition. Plus nous entendons cette sonate, plus nous découvrons en elle de beautés (...). Il semble que, dans cette oeuvre, soient condensés tous les états d'âme qui aient jamais agité le coeur humain. Je place cette sonate au-dessus de celle en si bémol mineur. Elle est plus expressive, plus sobre et par là plus puissante".

 

Raoul Koczalski, élève de Karol Mikuli, 1910

 

 

 

 

"Dédiée à Emilie de Perthuis (...), la Sonate en si mineur ne fut pas publiée par Schésinger qui avait décidé de se retirer et de vendre son affaire, mais, en juillet 1845, par Joseph Meissonnier, en même temps que la Berceuse opus 57. Chopin en avait demandé 1200 francs. Dans le même temps, George Sand recevait de ses éditeurs 7500 francs pour la publication de son dernier roman, Le Péché de Monsieur Antoine. " (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Marie Roubaud, née de Cournand (1822-1916 ou 1917). Née à Pétersbourg, d'ascendance française, elle bénéficia de l'enseignement de Chopin pendant l'hiver 1847-1848 qui lui donna exactement dix-huit leçons à raison d'une heure par semaine. Elle a déclaré notamment que Chopin "surveillait principalement la sonorité et le legato, ne mettait pas d'annotations sur la musique et donnait l'exemple au piano."

 

 

 

Source :

(1)Chopin, L'enchanteur autoritaire, par Marie-Paule Rambeau

'2)Chopin vu par ses élèves, par Jean-Jacques Eigeldinger

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : ses compositions
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : De la Note à la Plume - Le blog de Carmen Desor
  • De la Note à la Plume - Le blog de Carmen Desor
  • : Le compositeur Frédéric Chopin Bibliographie de Carmen Desor Valenciennes, ville d'Art
  • Contact

Rechercher