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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 19:42

 

 

Fin 1836... Liszt et sa maîtresse la Comtesse Marie d'Agoult sont revenus de Suisse. Ils se sont installés à l'hôtel de France, au 23 rue Lafitte et bientôt, chez eux, se croisent les plus grands de la musique et de la littérature : Rossini, Meyerbeer, Chopin, Sainte-Beuve, Heine, Balzac, Hugo, Dumas...

 

                                                                           Marie d'Agoult par Henri Lehmann 1843

          liszt-01

 

                          Franz Liszt                                                                          Marie Catherine Sophie de Flavigny,

                                                                                                            Comtesse d'Agoult (par Henri Lehmann, 1843   

 

 

 

"Un soir, Chopin parvient à le [Alkan] décider à l'accompagner à l'hôtel de France. On monte au troisième au-dessus de l'entresol, on tire la vieille ceinture qui sert de cordon de sonnette. Une servante rousse, à l'accent picard, les introduit dans une cohue indescriptible. Cependant, la belle comtesse a repéré les nouveaux venus, elle accourt, habillée à l'espagnole, un voile de dentelle couvrant ses soyeux cheveux blonds. Elle a des bas à jours et des souliers roses. Elle a un mot charmant ("Franz admire et aime votre talent !" murmure-t-elle), offre une cigarette que l'on refuse, fraie un chemin jusqu'à Liszt. A peine a-t-on eu, après avoir salué vingt inconnus que l'on a heurtés de l'épaule, le temps de serrer la main de celui-ci qu'entre guerrièrement un étrange être androgyne, à l'oeil et aux sourcils andalous, vêtu d'un large pantalon de basin et d'une redingote feuille morte, chaussé de babouches en cuir bouilli, que la comtesse presse, avec ostentation, sur son coeur avant que, assis sans façon sur une ottomane, il ne devienne le centre d'un cercle d'admirateurs qu'il plonge dans la fumée de son cigare et étourdit par les paradoxes de ses propos : "Je cherche le système du monde", dit-il. C'est la fameuse George Sand. Autour d'elle, on parle de tout réformer, la poésie, le théâtre, la musique, la société. Chopin la considère d'un oeil rond. Enfin, Puzzi ouvre le piano, Liszt s'assied, écarte le rideau de cheveux qui dissimule à demi son visage, son regard s'illumine.

Hiller et Alkan reconduisent Chopin jusqu'au n° 38 de la rue du Mont-Blanc, où il loge désormais. On reparle de la soirée, du talent prodigieux de Liszt, et aussi de Mme Sand. "Quelle femme antipathique ! Est-ce vraiment une femme ? Je suis tout prêt à en douter !" glisse Chopin. Avant qu'ils ne se séparent, il les invite à la soirée musicale qu'il donnera chez lui le 13 décembre."

 

Claude Schopp (La grande sonate)

 

                                                                                                    Charles-Valentin Alkan

Ferdinand Hiller 02

 

                      Ferdinand Hiller                                                                                          Charles-Valentin Alkan

 

 

 

"J'ai fait la connaissance d'une grande célébrité : Madame Dudevant, connue sous le nom de George Sand ; mais son visage ne m'est pas sympathique et ne m'a pas plu du tout. Il y a même en elle quelque chose qui m'éloigne."

 

(Extrait d'une lettre de Chopin à sa famille à Varsovie, Paris, sans date 1836 - traduit du polonais)

 

 

Cette lettre a été détruite mais sa trace subsiste grâce à l'ouvrage de Karasowski. Les propos de Chopin sont corroborés par un message de Hiller à Liszt : "Un soir, tu réunis chez toi l'élite de la littérature française. Certes, George Sand ne pouvait y manquer. En me reconduisant chez moi, Chopin me dit : "Quelle femme antipathique cette Sand ! Est-ce vraiment bien une femme ? Je suis prêt à en douter".

 

    George Sand par Auguste Charpentier 1835

 

  George Sand par Auguste Charpentier, 1835

 

 

Le fim "Impromptu" avec Judy Davis (George Sand), Hugh Grant (Chopin) et Julian Sands (Liszt) traite du début de la liaison de Chopin avec Sand. Il illustre bien l'atmosphère des salons de l'époque et le Paris de cette première moitié du 19ème siècle.

 

 

 

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Published by Ame Chopinienne - dans Chopin : biographie
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commentaires

Matheo 16/08/2010 17:16


Il aurait pu vivre beaucoup plus longtemps si cette mante religieuse ne l'avait pas abndonné.


Ame Chopinienne 16/08/2010 17:23



C'est vrai aussi, j'en conviens. Il l'a attendue jusqu'à la fin... Je comprends que tu souffres beaucoup pour lui, et je partage ton empathie à son égard. Bisous



Matheo 16/08/2010 10:00


Tu connais mes sentiments.
sourire


Ame Chopinienne 16/08/2010 17:15



.. et je les partage, ainsi que d'autres avec nous (vois mon article suivant). Tu sais, c'était sans doute son destin. Aurait-il écrit de si belles musiques s'il avait pu vivre parfaitement
heureux et comblé auprès de sa patrie, de sa famille, de son cher Paris, de ses chers amis et d'une femme aimée et aimante... ? Le bonheur profite rarement à l'Art, c'est la douleur qui apporte
la plus grande contribution.



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