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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 18:02

 

"... on dansait le Mazur dans les réceptions privées qui se terminaient souvent par un bal improvisé où, dans la bonne humeur, on initiait les étrangers aux figures très expressives de cette danse nationale. Ainsi le violoniste Eugène Sauzay (1809-1901), élève et futur gendre de Baillot, reçut-il de Chopin une leçon de danse qu'il n'oublia jamais :

 

   

Ma tante Paillet recevait beaucoup, on dansait chez elle tous les dimanches. Un soir, je vis entrer dans le salon un jeune homme blond, de figure délicate et distinguée, qu'une jeune nièce de ma tante, née en Pologne, lui présenta. C'était Chopin. On allait danser ; il se mit au piano et nous joua sa mazurka en si bémol ; ensuite, il voulut nous apprendre à la danser. Je le sens encore, me prenant les deux mains, et m'entraînant autour du salon, pour me montrer le pas. Revenu au piano, il nous charma par une musique toute nouvelle et une exécution surprenante. Nous ne comprenions pas alors qui nous avions devant nous. "

   

Brigitte François-Sappey, "La vie musicale à Paris à travers les mémoires d'Eugène Sauzay", dans Revue de Musicologie, vol. LX (1974)

 

 

 

 

 

 

Source : Marie-Paule Rambeau (Chopin, l'enchanteur autoritaire)

 

 

 

 

 

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commentaires

Mu 11/09/2012 22:12


Impatiente de lire ce petit livre et de te rencontrer dans l'un ou l'autre de tes salons ou ailleurs.


 

Carmen Desor 11/09/2012 22:38



Je serai heureuse de te revoir dans l'ambiance de la "grande famille" littéraire ou ailleurs ;-)



Mu 11/09/2012 21:10


J'aimerais avoir été présente dans ce salon et avoir dansé main dans la main avec ce jeune homme blond qui donnait à goûter une musique nouvelle. Merci Carmen pour ce bel intermède dans nos vies
mouvementées et pour cet extrait qui ravit le coeur.


 

Carmen Desor 11/09/2012 22:04



Oh oui, quels instants délicieux cela aurait été... Tous ces témoignages nous rendent Chopin étonnamment vivant et proche de nous, on peut se l'imaginer, se "l'approprier", chacun à sa manière,
et le prendre par le bras comme je l'ai fait dans une certaine promenade à travers Valenciennes...



Bernadette 17/01/2012 22:09


Des nouvelles toujours plus séduisantes pour notre charmant musicien...


et qui donne encore plus l'envie de lire le livre de M. P. Rambeau! 


Merci, M. Sausay.

Carmen Desor 17/01/2012 23:12



Un témoignage très intéressant, en effet. On savait que Chopin adolescent aimait danser, on le retrouve à peine plus âgé à Paris, avec toujours cette envie de danser et de partager son savoir
dans ce domaine.


Il est intéressant de voir l'impression impérissable qu'il a laissée dans le souvenir du violoniste. Il marquait tous ceux qui l'approchaient, simplement, par sa présence, un regard, un geste.
C'était cela, la magie chopinienne...



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