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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 16:30

 

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Ton dernier Noël, une ultime photo, une étreinte, complice, et cette étincelle dans tes yeux opaques, ton généreux sourire éclatant qui découvrait tes maigres crocs et ta languette rose. Le bonheur, comme une injure à ta maladie. Tu étais bien fatigué, Milor, de ces traitements innombrables et sans fin dissimulés dans la pâte molle d’un fromage dont, fort heureusement, tu raffolais ; de ces piqûres salvatrices qui te remettaient sur les rails pour quelques jours encore, pour quelques semaines..., parce que chaque minute supplémentaire était un cadeau du Ciel.

 

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C'est que tu en as connu, des grandes et des petites joies...

 

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 Ils m'emmenaient partout... J'ai même vu la mer !

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Alors, ce dimanche de janvier, tu t’es éclipsé, presque sur la pointe des pieds. Tu as choisi ce matin où Pascale n’était pas là, elle qui t’avait toujours accompagné en urgence chez le vétérinaire, parfois en pleine nuit. Elle n’assistera pas à ta dernière révérence, il fallait que tu lui épargnes cette épreuve.  C’est Jérôme qui a tenu dans les bras SON Milor sur la table du docteur qui t’aimait tant lui aussi. Aucun d’eux n’aura à décider du geste de ta délivrance, aucun d’eux ne voulait s’y résigner. Alors tu es parti en silence, dans les bras de Jérôme, sous la caresse de sa main qui réconforte, tandis qu’ils en débattaient en chuchotant presque, avec de drôles de tremolos dans la voix… Il fallait que tu leur épargnes cette épreuve, à eux aussi... Tu es parti en paix. « Il ne faut pas qu’ils soient tristes, pensais-tu peut être,  je voudrais bien rester encore, mon Dieu, je voudrais tant rester, ils m'aiment tant, et je suis si bien avec eux. Mais mes forces m’abandonnent, je n’en peux plus, je leur demande pardon de leur faire tant de peine. Ils me retrouveront un jour, je le sais, et avant ce moment merveilleux, j’habiterai leur cœur chaque heure de leur vie, je serai leur ange, je serai leur guide, j'apporterai la consolation, il ne faut pas qu’ils soient tristes… »  

Le feu a consumé ta chair et tes os. Tu restes ainsi près d'eux, comme un baume à leur amour inconsolé. Mon Milor, après dix ans de refuge, tu n'étais plus un chien sans collier, non. Tu avais un foyer bien à toi, tu étais LEUR chien, ils étaient TA famille. Il fallait bien que tu les trouves, ce fut ta victoire, comme un feu d'artifice en ce 14 juillet 2009. Ah, comme tu as salué chacun de tes compagnons d'infortune lorsqu'ils t'ont emmené... ! Marquant le pas à chaque box, aboyant un au-revoir à chacun d'entre eux. Tu l'avais bien méritée, ta part de bonheur, même si cet état de grâce t'était encore inconnu, si difficilement concevable... Tu commençais pourtant par être envahi de l'étrange sentiment  que derrière la porte du refuge, il y avait la lumière, les caresses, les mots d'amour, la bonne nourriture, la chaleur, le confort, les promenades et les soins dispensés sans compter. Et la certitude que plus jamais tu ne reviendrais dans ta prison.

Les Vache-qui-rit sont longtemps restées dans le réfrigérateur. Personne ne voulait commettre le sacrilège d'y toucher. Ta gamelle aussi, est longtemps restée près de celle de ton compagnon. Peut-être y est-elle encore... Le petit Louis t'a beaucoup réclamé, on lui a dit que tu étais au Paradis des Animaux, cela lui suffit, on accepte mieux quand est petit. Angèle est très triste, Pascale et Jérôme sont inconsolables et te pleurent sans arrêt. Tu leur manques tant.

 

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                                                       Avec mon frère Happy, qui me cherche partout...

 

Dix ans de refuge, c'est beaucoup, beaucoup trop. Deux ans et quelques mois d'amour, c'est bien peu, et c'est tant à la fois, parce que c'est la part de ta vie que tu as emportée avec toi dans la lumière, avec tous ceux que tu as aimés.

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 Au revoir, Milor, nous t'aimons tous 

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Milor, dix ans de refuge, et une autre vie du 14 juillet 2009 au 15 janvier 2012. Repose en paix, mon Ange...

   

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Published by Carmen Desor - dans Animaux
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commentaires

pascale 16/02/2012 22:11


Bonjour Carmen,


Un grand merci pour ce si bel hommage pour notre petit Milord.


Il nous manque tellement tous les jours, il nous a apporté tellement de joies, de rires, et aussi de peurs malgré lui. C'était un petit chien mais une grande âme.


Nous avons bien pleurés en lisant ton hommage, mais il est tellement représentatif de ce qu'il était. Un petit Milord formidable.


Nous t'aimons.


Pascale, Jerome, Angèle, Louis.

Carmen Desor 16/02/2012 22:54



Un grand merci à vous quatre, vous aussi vous m'avez fait pleurer en écrivant ces quelques lignes...


Milor me manque beaucoup, j'ai du mal à croire que je ne le verrai plus dans ce monde, je vous envie de tous ces moments que vous avez vécus avec lui, de ces deux années et plus où vous l'avez
côtoyé quotidiennement. Tu sais à quel point j'aurais aimé faire son bonheur, mais vous l'avez fait tellement mieux que moi ! Pour tout cela, et pour sa petite famille qui est devenue un peu la
mienne, moi aussi, je vous aime. Carmen



Halvick Philippe 16/02/2012 10:28


Milor aura vécu 3 belles années avec toi...

Carmen Desor 16/02/2012 22:21



Je n'étais que sa marraine, c'est Pascale et Jérôme qui ont pris soin de lui. Ils ont été ses sauveurs, je leur serai à jamais reconnaissante car j'adorais ce petit chien qui m'avait
particulièrement touchée lorsque je rendais visite à tous ces malheureux du refuge...


Mais oui, il a vécu presque trois belles années, inespéré pour un chien de refuge âgé et malade Et j'avais constamment de ses nouvelles et le voyais régulièrement, jamais je ne l'ai perdu de
vue ! J'en remercie encore sa petite famille.



Gérard 16/02/2012 08:19


Bel hommage Carmen mais très difficile à lire sans pleurer ! Nos animaux devraient être éternels ! Me voilà replongé subitement en arrière de 5 ans presque jour pour jour avec les derniers
instants de Fifi qui nous manque toujours !

Carmen Desor 16/02/2012 21:51



Merci Gérard. C'est une épreuve qui nous est hélas infligée plusieurs fois dans notre vie, celle de perdre nos animaux... Je sais à quel point tu aimais ton Fifi et le bel hommage que tu lui as
rendu toi aussi en écrivant un livre sur lui. Bises



Bernadette 15/02/2012 23:08


C'est un bel hommage, Carmen, pour ce petit chien qui a été sauvé de la solitude, et lui a permis de connaître un court bonheur. 

Carmen Desor 15/02/2012 23:31



Merci Bernadette. Il avait une telle personnalité et une telle aura, il a marqué notre vie à jamais. Mais il y a tant de Milor dans les refuges, qui ne connaîtront jamais le bonheur, si court
soit il...



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