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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 20:47

 

Afin de fuir l'humidité de l'appartement du Square d'Orléans trop néfaste à sa santé, Chopin, avec l'aide de ses amis, déménagea à Chaillot dans un appartement trouvé pour lui par Jane Stirling et la Comtesse Obreskoff, mais dont le loyer était bien trop élevé (400 francs) pour ses ressources financières au plus bas.

 

"On en avoua 200 francs à Chopin et la comtesse Obreskoff en acquitta l'autre part. Quoiqu'il en fût, c'était encore trop onéreux pour le musicien qui n'avait à cette époque plus aucun revenu. Aussi comptait-il regagner le Square d'Orléans à la fin juin [...] Le 10 juillet, il était toujours à la rue de Chaillot, car il espérait la venue de sa soeur, et sans aucun doute, cet appartement-ci était plus commode et spacieux pour l'y recevoir. [...]

 

Le nom de Chaillot, d'origine celtique, désigne un lieu situé en forêt. Cette forêt était alors celle de Rouvray, dont le Bois de Boulogne est un dernier vestige. Au cours des siècles, des défrichements repoussèrent les limites de la forêt, et Chaillot devint un village auquel on arrivait par un chemin montant à-travers champs et vignes. La rue de Chaillot a gardé une partie de ce tracé ; d'abord nommée Grande Rue (c'était la rue principale du village), elle porte déjà la dénomination de rue de Chaillot sur les registres du sommier foncier qui regardent la période de 1800 à 1854 environ.

Mais les grands bouleversements subis par la capitale sous le Second Empire ont changé cette rue calme et provinciale en une artère bruyante et fourmillante. Vers 1854, le percement des avenues Marceau et Georges V a tronçonné cette longue rue qui débouchait avenue de Neuilly, aujourd'hui avenue des Champs-Elysées. Le dernier tronçon porte toujours le nom de rue de Chaillot, tandis qu'en 1919, le premier tronçon fut rebaptisé rue Quentin-Bauchart. L'Almanach du Commerce de Didot Bottin montre que les Nos 1 et 17 de la rue Quentin-Bauchart correspondent respectivement au 59 et au 75 de la rue de Chaillot. Il semble donc que le n° 16 de la rue Quentin-Bauchart ait été l'emplacement du n° 74 de la rue de Chaillot.

 

En 1849, lorsque Chopin vint y résider, on pouvait encore dire que Chaillot se trouvait à la campagne, sur les hauteurs de Passy. Mais la maison qu'il habita pendant quatre mois n'existe plus. Démolie en 1866 pour être remplacée par un hôtel particulier, c'était un ensemble comprenant deux bâtiments, cour et jardin, avec entrée par porte cochère [...].

 

"Cette rue qui montait des Champs-Elysées avait à sa gauche une rangée de maisons dont le premier étage donnait sur les jardins et d'où l'on découvrait la coupole du Panthéon et tout Paris. C'est le seul endroit d'où les perspectives rappellent un peu celles de Rome. L'appartement de Chopin avait cette même vue. Il comportait comme pièce principale un vaste salon à deux fenêtres où se trouvait l'immortel piano" (Cyprien Norwid)

 

"Je suis assis dans le salon d'où j'admire tout le panorama de Paris: les tours, les Tuileries, la Chambre, St Germain-l'Aux[errois], St-Etienne-du-Mont, Notre-Dame, le Panthéon, St-Sulpice, le Val-de-Grâce, les Invalides à travers mes cinq fenêtres ; entre nous, rien que des jardins." (Chopin / Sydow - lettre à sa soeur Ludwika le 25 juin 1849)

 

 

 

Chopin dut certainement composer là sa dernière oeuvre, l'étrange Mazurka en fa mineur Op.68 n° 4. "

 

 

 

 

 

 

Il habita cet appartement de fin mai 1849 à la première moitié de septembre 1849

 

 

 

Source : Chopin à Paris, par André Delapierre/Thomas Schlunke - Ed.L'Harmattan)

 

    

 

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Published by Carmen Desor - dans Chopin : domiciles
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commentaires

bernadette 02/07/2013 15:03


Bravo pour tes recherches, Carmen. C'est bien ce que je pensais quand tu as dit que tu n'avais pas trouvé trace du n° 74. Chaillot devait être bien joli du temps de Chopin!

Carmen Desor 02/07/2013 21:32


Il fallait que je trouve une réponse à ma quête... ! Oui, bien joli... Je pense que si Chopin revenait sur les lieux aujourd'hui, il serait horrifié par l'air empesté de gaz d'échappement, par les
façades noircies par la pollution, par les rues dévorées par les automobiles... A lui couper l'inspiration !


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