"1889. Le monde moderne découvre la machine à vapeur, la Tour Eiffel, commencée en 1887, domine désormais Paris. Aux États-Unis le célèbre Thomas Edison nourrit ses contemporains d’inventions toutes plus géniales les unes que les autres: l’ampoule à incandescence, la centrale électrique, l’amélioration du téléphone, et aussi le phonographe. Pour promouvoir cette dernière invention, il envoie un des ses collaborateurs, Adalbert Theodor Edward Wangemann, à l’exposition universelle de Paris. Afin de se faire de la publicité, Wengemann part faire un tour d’Europe. Son but: convaincre les hommes les plus célèbres de l’époque d’enregistrer leur voix sur la toute nouvelle «machine à parole» ou «Speakmachine».
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"La venue de Wengemann, collaborateur du grand savant Edison, n’était pas passée inaperçue à l’époque. Les journaux allemands de la région de Hambourg avaient rapporté l’événement et les paroles enregistrées par le Bismarck. Mais le cylindre ayant servi à l’enregistrement était depuis considéré comme perdu.
Il se trouvait en fait caché derrière le lit d’Edison, dans une boîte en bois. En 1957, le contenu de sa bibliothèque, boîtes comprises, part dans les archives de l’inventeur. Il faudra attendre cinquante années supplémentaires pour que des chercheurs s’intéressent aux 17 cylindres abîmés entreposés dans ces vielles caisses. Un scientifique allemand, Stephan Puille, qui s’est spécialisé dans la restauration des très vieux enregistrements, est convié à travailler sur les cylindres. En entendant le nom du lieu de l’enregistrement «Friedrichsruh», qui est très distinct, il comprend que la découverte est sensationnelle, et qu’il s’agit de la voix du chancelier. "
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Phonographe utilisé par Wangemann
"Lors de son voyage en Europe, Wengemann a réussi d’autres premières. Il a enregistré Johannes Brahms jouant la première de ses danses hongroises et a réalisé le tout premier enregistrement d’un morceau de Chopin, joué par le pianiste Otto Neitzel. Les monarques de l’époque ont été moins coopératifs: le tsar de Russie Alexandre III, l’empereur allemand Wilhelm II ont refusé de se laisser enregistrer, leurs voix restant à jamais inconnues. L’empereur d’Autriche et époux de Sissi Franz-Jospeh I se convertira plus tard au phonographe: on peut l’entendre encourager les troupes sur une bande de 1915"
Cylindre de cire
(Extrait de l'article http://actualites.senego.com/quand-bismarck-chantait-la-marseillaise)
Le musicologue, compositeur et pianiste Otto Neitzel enregistra un concerto de Frédéric Chopin le 23 janvier 1890 :
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(Extrait de l'article
Voir également l'article
http://www.nytimes.com/2012/01/31/science/bismarcks-voice-among-restored-edison-recordings.html?_r=1
Belle recherche pour un document très instructif. Quel dommage que les cylindres ne soient pas "sortis" quelques années plus tôt, pour enregistrer notre Chopin... Brahms a eu cette chance. A quelques années près...
Oui, quel dommage que l'on ne possède aucun enregistrement de Chopin... à si peu d'années près ! Nous devons nous en référer aux très nombreux témoignages pour s'imaginer l'interprète qu'il fut. Heureusement, il a vécu assez longtemps pour nous laisser deux "photos" de lui au tout début de l'ère photographique, il aura au moins bénéficier de cette invention pour le plus grand bonheur de nous tous.